La prophétie du Pape Jean Paul II : l’islam envahira l’Europe ( mars 1993)

JP-II

« Je vois l’Église du troisième millénaire affligée d’une plaie mortelle, qui, comparée à celles de ce millénaire (le communisme et le nazisme) sera plus profonde, plus douloureuse: elle se nomme « islamisme ». Ils envahiront l’Europe. J’ai vu les hordes surgir de l’Orient à l’Occident, du Maroc à la Libye, de différents pays orientaux à l’Égypte. »

Mgr Mauro Longhi, du presbytère de la Prélature de l’Opus Dei, fut le témoin direct du récit de la vision, qu’eut Jean Paul II au mois de mars 1993, à l’Ermitage « Santi Pietro e Paolo » de Bienno, dans le Val Camonica. L’inquiétante vision du Pape Jean Paul II ne fut jamais portée à la connaissance du public avant le 22 octobre dernier.

Mgr Longhi avait entretenu des contacts étroits avec le Pape polonais tout au long de son pontificat. Il révéla cete vision du Pape Jean Paul II au cours d’une conférence organisée le 22 octobre dernier en son souvenir, jour où l’Église célèbre sa mémoire.

J’avais posé mon regard sur lui croyant qu’il avait besoin de quelque chose. » Il s’aperçut que je le regardai, ses mains tremblaient, c’était le début de la maladie de Parkinson.

Il me dit : »Cher Mauro, c’est la vieillesse. » Je lui répondis immédiatement : « Mais non Sainteté, vous êtes jeune. » Et c’est alors que Wojtyla changea de ton et de voix et me dit :

« Rappelle-le à ceux que tu rencontreras dans l’Église du troisième millénaire: « Je vois l’Église du troisième millénaire affligée d’une plaie mortelle, qui, comparée à celles de ce millénaire (le communisme et le nazisme) sera plus profonde, plus douloureuse: elle se nomme « islamisme ». Ils envahiront l’Europe. J’ai vu les hordes surgir de l’Orient à l’Occident, du Maroc à la Libye, de différents pays orientaux à l’Égypte. »

« Ils envahiront l’Europe et cette dernière sera semblable à une cave, remplie de reliques, de vieux souvenirs de famille et de toiles d’araignées. Vous l’Église du troisième millénaire devrez endiguer l’invasion. Mais non par les armes, car les armes ne suffiront pas, mais avec votre foi, vécue dans son intégrité. »

Cette vision prophétique du Pape Jean Paul II remonte à mars 1993. Il y a 24 ans, le cadre social et la présence islamique en Europe étaient très différents.

Ce n’est peut-être pas un hasard si dans « Ecclesia in Europa » l’exhortation apostolique de 2003, aujourd’hui oubliée, Jean Paul II affirma clairement qu’une relation avec l’islam devait être « correcte », menée avec « prudence » avec des idées claires sur ses « possibilités et ses limites », consciente du « décalage important entre la culture européenne, qui a de profondes racines chrétiennes et la pensée musulmane. »

Ecclesia in Europa

Chapitre II:57 Témoigner dans l’unité et dans le dialogue

« Il s’agit également de se laisser inciter à une meilleure connaissance des autres religions, pour pouvoir instaurer un dialogue fraternel avec les personnes de l’Europe d’aujourd’hui qui y adhèrent. En particulier, il est important d’avoir un juste rapport avec l’islam. Comme cela s’est révélé plusieurs fois ces dernières années à la conscience des évêques européens, ce rapport « doit être conduit avec prudence, il faut en connaître clairement les possibilités et les limites, et garder confiance dans le dessein de salut de Dieu, qui concerne tous ses fils ». Il faut être conscient, entre autres, de la divergence notable entre la culture européenne, qui a de profondes racines chrétiennes, et la pensée musulmane.

À cet égard, il est nécessaire de préparer convenablement les chrétiens qui vivent au contact quotidien des musulmans à connaître l’islam de manière objective et à savoir s’y confronter ; une telle préparation doit concerner en particulier les séminaristes, les prêtres et tous les agents pastoraux. On comprend par ailleurs que l’Église, alors qu’elle demande aux Institutions européennes d’avoir à promouvoir la liberté religieuse en Europe, se fasse également un devoir de rappeler que la réciprocité dans la garantie de la liberté religieuse doit être observée aussi dans les pays de tradition religieuse différente, où les chrétiens sont en minorité.

Dans ce domaine, on comprend « l’étonnement et le sentiment de frustration des chrétiens qui accueillent, par exemple en Europe, des croyants d’autres religions en leur donnant la possibilité d’exercer leur culte et qui se voient interdire tout exercice du culte chrétien dans les pays où ces croyants majoritaires ont fait de leur religion la seule qui soit autorisée et encouragée. La personne humaine a droit à la liberté religieuse et, en tout point du monde, tous « doivent être exempts de toute contrainte de la part soit d’individus, soit de groupes sociaux, et de quelque pouvoir humain que ce soit « .

Chapitre V: 101 Servir l’Evangile de l’Espérance

« Face au phénomène migratoire, l’Europe est mise au défi de trouver des formes nouvelles et intelligentes d’accueil et d’hospitalité. C’est la vision « universaliste » du bien commun qui l’exige: il faut dilater son regard jusqu’à embrasser les exigences de toute la famille humaine. Le phénomène même de la mondialisation demande ouverture et partage s’il veut être non pas une source d’exclusion et de marginalisation, mais au contraire de participation solidaire de tous à la production et à l’échange des biens.

Chacun doit s’employer à la croissance d’une solide culture de l’accueil qui, tenant compte de l’égale dignité de toute personne et du devoir de solidarité à l’égard des plus faibles, demande que soient reconnus les droits fondamentaux de tout migrant. Il est de la responsabilité des autorités publiques d’exercer un contrôle sur les flux migratoires en fonction des exigences du bien commun. L’accueil doit toujours se réaliser dans le respect des lois et donc se conjuguer, si nécessaire, avec une ferme répression des abus. »

Chapitre VI: 120-121 L’Evangile de l’Espérance pour une Europe nouvelle

« L’Europe a besoin d’un saut qualitatif dans la prise de conscience de son héritage spirituel. Un tel élan ne peut lui venir que d’une écoute renouvelée de l’Évangile du Christ. Il appartient à tous les chrétiens de s’employer à satisfaire cette faim et cette soif de vie.

C’est pourquoi « l’Église éprouve le devoir de renouveler avec vigueur le message d’espérance qui lui a été confié par Dieu » et elle répète à l’Europe : « “Le Seigneur ton Dieu est en toi, c’est lui, le héros qui apporte le salut”. Son invitation à l’espérance ne se fonde pas sur une idéologie utopiste. […] C’est, au contraire, le message éternel du salut proclamé par le Christ (cf. Mc 1, 15). Avec l’autorité qui lui vient de son Seigneur, l’Église répète à l’Europe d’aujourd’hui :

Europe du troisième millénaire, “que tes mains ne défaillent pas ! ” ne cède pas au découragement, ne te résigne pas à des modes de penser et de vivre qui n’ont pas d’avenir, car ils ne sont pas fondés sur la ferme certitude de la Parole de Dieu !

Reprenant cette invitation à l’espérance, je te le répète encore aujourd’hui, Europe qui est au début du troisième millénaire « Retrouve-toi toi- même. Sois toi-même. Découvre tes origines. Avive tes racines ». Au cours des siècles, tu as reçu le trésor de la foi chrétienne. Il fonde ta vie sociale sur les principes tirés de l’Évangile et on en voit les traces dans l’art, la littérature, la pensée et la culture de tes nations. Mais cet héritage n’appartient pas seulement au passé ; c’est un projet pour l’avenir, à transmettre aux générations futures, car il est la matrice de la vie des personnes et des peuples qui ont forgé ensemble le continent européen.

121. Ne crains pas ! L’Évangile n’est pas contre toi, il est en ta faveur. Cela est confirmé par la constatation que l’inspiration chrétienne peut transformer l’ensemble des composantes politiques, culturelles et économiques en une convivialité où tous les Européens se sentent chez eux et forment une famille de nations dont d’autres régions du monde peuvent s’inspirer de manière fructueuse.

Aie confiance ! Dans l’Évangile, qui est Jésus, tu trouveras l’espérance forte et durable à laquelle tu aspires. C’est une espérance fondée sur la victoire du Christ sur le péché et sur la mort. Cette victoire, il a voulu qu’elle soit tienne, pour ton salut et pour ta joie.

Sois-en sûre ! L’Évangile de l’espérance ne déçoit pas. Dans les vicissitudes de ton histoire d’hier et d’aujourd’hui, c’est une lumière qui éclaire et oriente ton chemin ; c’est une force qui te soutient dans l’épreuve ; c’est une prophétie d’un monde nouveau; c’est le signe d’un nouveau départ ; c’est une invitation à tous, croyants ou non, à tracer des chemins toujours nouveaux qui ouvrent sur l’« Europe de l’Esprit », pour en faire une véritable « maison commune » où l’on trouve la joie de vivre. »

Nous sommes face à une lecture politiquement incorrecte du phénomène islam de la part d’un Pape canonisé par l’Église catholique : une lecture d’abord prophétique et puis relevant du magistère. Il n’est pas difficile de supposer que la troublante vision prophétique de Jean Paul II ait influencé la rédaction de son exhortation apostolique « Ecclesia in Europa. »

Tandis qu’inexorablement, les lumières s’éteignent une à une sur l’Europe chrétienne, réduite à une cave pleine de vieilles reliques et de toiles d’araignées, « Karol le Grand a parlé  » et aujourd’hui encore, il nous invite à résister à l’invasion, non avec des armes, mais avec une foi vécue intégralement.

Que l’on croie ou non en les prophéties, Jean Paul II nous a mis en garde contre le danger que représente l’islam pour l’Europe chrétienne.

Si je salue la clairvoyance et la lucidité de Jean Paul II au sujet de l’islam, alors pourquoi a-t-il embrassé le « Mein Kampf » coranique ? Pourquoi ce geste de soumission et d’humilité de la part du Chef de l’Eglise catholique envers l’islam, l’ennemi juré du Christianisme ?

L’islamisme ou islam radical est le vrai visage de l’islam, il n’est pas une déviation de l’islam, mais la pratique de cette idéologie dans toute son intégralité.

Et ce n’est pas être islamophobe ou extrémiste que de l’affirmer. Il n’y a pas un gentil islam de paix et une déviance, l’islamisme, liberticide et belliqueux, mais un seul islam.

Dans l’esprit des musulmans, l’islam est une religion universelle et ils espèrent qu’un jour l’humanité entière embrassera cette pseudo religion. L’islam est un code de vie et toutes les sociétés doivent y adhérer.

Si des populations immigrées envahissent l’Occident avec des valeurs diamétralement opposées aux nôtres, comme c’est le cas depuis quelques décennies, dans le but de détruire notre civilisation, notre démocratie, l’Occident a le devoir de les combattre en imposant ses lois et par des moyens militaires, en cas de violences, afin de défendre nos valeurs fondamentales.

Il ne faut pas oublier que les jihadistes divisent le monde en deux sphères : le monde islamique et le monde non islamique. Et si un jour il y a un combat, ce sera entre ceux qui aiment la liberté, la paix et l’humanité et ceux qui veulent imposer l’esclavage, la guerre et la divinité lunaire à l’humanité.

Les peuples colonisés par l’islam ont été étouffés et leurs civilisations détruites.

Ce même scénario attend l’Occident si nous laissons prospérer les divers jihad, car théologiquement, c’est le devoir sacré du musulman de combattre les forces des ténèbres représentées par l’Occident. Il ne peut y avoir un autre Dieu qu’Allah et le terrorisme est un moyen d’y parvenir. Ce qui explique la raison pour laquelle aucun « savant » de l’islam, aucun pays musulman ne condamne ouvertement le terrorisme. Comme le mode de vie occidental est en contradiction directe avec le dogme islamique, il devient la cible préférée de tout bon musulman. Le djihadiste interprète donc correctement le coran.

Combien de pays musulmans pratiquent la démocratie, le libéralisme, le respect de la vie privée, de la liberté individuelle, la liberté d’expression, la liberté de conscience ? Aucun. Car ces valeurs ne sont pas compatibles avec l’islam et elles doivent être combattues, ainsi le veut Allah.

Et contrairement à ce que les apologistes béats de l’islam essayent de nous faire croire sur la nature pacifique de l’islam, ce dernier s’est toujours répandu par la guerre sainte. Le jihad n’est nullement allégorique et le coran est loin d’être un recueil de poésie et la sanglante histoire de l’islam est là pour le confirmer.

Politiciens sans honneur, hypocrites, menteurs, politiciens sans conscience, intellectuels sans dignité ni courage, ils ont rendu l’Europe malade, faible, sans défense et l’encouragent, quand ils ne la forcent pas, à se prostituer à la tromperie la plus réussie de toute l’histoire de l’humanité : l’islam.

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Sources:

»La visione di Giovanni Paolo II : l’islam invaderà l’Europa. » (La Nuova Bussola quotidianna)

. » Ecclesia in Europa » l’exhortation apostolique de 2003 de Jean Paul II

 

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Guy Amalfitano, Terry Fox deux géants.

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Terry Fox et son marathon de l’espoir en 1980

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2017 : Six mois de course, un marathon par jour avec une seule jambe !!!!

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Patrick Montel France télévision .

Don Quichotte du Béarn

Au Canada, les nuits de novembre préfigurent des rigueurs de l’hiver à venir. Une pluie glaciale et pénétrante rythme les pensées des insomniaques, en martelant la tôle des vieux chevaux de retour. Une obscurité épaisse protège encore pour quelques heures les Don Quichotte, des contreforts inquiétants des montagnes Rocheuses. Depuis bientôt six mois, la route impose sa loi. Nous sommes à plus de 200 kilomètres de Vancouver, le point final d’une l’épopée hors du temps et de la modernité. Le rêve de toute une vie. Depuis le 14 mai dernier, à 4 heures du matin, dans un rituel immuable, Guy s’extirpe de sa couche, située sous le plafond d’un camping-car à l’agonie, dont les fissures profondes s’exposent comme autant de cicatrices. Par petites gorgées, il avale le café réchauffé que Jean Michel, son chauffeur cuisinier, lui a préparé la veille au soir. D’un même élan, sur un cahier d’écolier, éclairé par une seule lampe frontale, il consigne les péripéties de l’étape de la veille, avant d’en partager l’essence sur sa page Facebook. Il étudie ensuite scrupuleusement le parcours de l’étape à venir. Guy Amalfitano ne laisse jamais rien au hasard. A 54 ans, il est persuadé d’avoir adopté le bon tempo, guidé par cette foi inébranlable, qui esquisse le contour des héros. Guy chérit cette heure de solitude apaisée, ce moment rare d’intimité où s’ordonne la chronologie des évènements qui l’ont précipité vers ces contrées lointaines pour réaliser un défi insensé. Parcourir sur sa seule jambe valide le Canada d’est en ouest, soit plus de 7000 kilomètres réparties en 177 étapes. Cette nuit-là, le parking sur lequel il a trouvé refuge, coincé entre l’autoroute et la voie ferrée, est encore engourdi par les reliquats de la nuit. Mais il est temps pour Don Quichotte de mettre le nez dehors. Jean Michel, son fidèle Sancho Pansa, les yeux encore embués de sommeil, s’installe au volant. Guy arrime à ses poignets ses béquilles à ressort. Les poids lourds sagement alignés dorment encore. Ce sont ses amis les plus fidèles. Depuis son départ de St Jean de Terre Neuve , à l’extrême est du pays, Guy s’est attaché à apprivoiser les monstres d’acier pour tromper son hyper solitude. Il lui aura fallu près de six mois d’efforts ininterrompus, à raison d’un marathon par jour, pour assimiler leur code et leur langage. Les trucks géants qui empruntent la Transcanadienne, le frôlent et l’éclaboussent. Les concerts d’avertisseurs sont, pour l’homme miniature, petit point dérisoire projeté sur l’horizon infini, autant d’encouragements et de caresses.
Voici l’histoire d’un éternel gamin, obstiné et têtu, à qui le cancer a volé ses rêves en lui dévorant sa jambe droite. Guy avait 17 ans et sur son lit d’hôpital, il découvre à la télévision, son double, à l’autre bout du monde. Il se nomme Terry Fox, a le même âge que Guy à peu de choses près, lorsque le cancer le rattrape et le contraint à l’amputation. Physiquement très diminué, le jeune canadien entreprend alors la grande traversée de son pays natal, refusant jusqu’à son dernier souffle de se soumettre à la dictature du crabe. Son obstination frappe les esprits. Tout le monde au Canada se souvient de sa prothèse articulée, de son déhanchement énergique, de son regard déterminé. Terry part en croisade contre la fatalité mais doit s’avouer vaincu aux deux-tiers du parcours. Son cancer se généralise et ses poumons sont atteints. Son courage exemplaire largement médiatisé lui permet de récolter deux millions de dollars au profit de la recherche. Terry Fox qui s’éteindra l’année suivante devient l’un des héros dont une nation jeune se nourrit pour consolider ses fondations. Son souvenir reste encore très vivace aujourd’hui. Dans l’esprit de Guy, peu enclin à pratiquer la course à pied, l’exploit de Terry a sommeillé pendant presque 40 ans. Ce n’est que sur le tard qu’il se persuade d’achever son périple héroïque, de prolonger son chemin d’espoir jusqu’à la côte pacifique. Guy a mûri et peu à peu l’épopée de Terry se transforme en une véritable quête initiatique. Les arguments pour se lancer dans l’aventure ne manquent pas. Guy refuse depuis toujours d’être considéré comme un handicapé par une société compatissante. Il se définit volontiers comme un sportif de haut niveau, qui a perdu une guibole mais gagné deux appuis supplémentaires en domptant une paire de béquilles. A force de persévérance et d’inventivité, il s’approprie le pas du kangourou, en peaufinant son cloche pied par un double rebond au sol, qui le projette à chaque foulée un peu plus loin vers avant. Le haut du corps ultra gainé lui offre la stabilité nécessaire à la répétition de l’effort. Don Quichotte du Béarn, passé la cinquantaine, déclare la guerre au consensus mou, qui contrarie les rêves et persécute les plus fragiles. Le souvenir de Terry Fox s’invite de plus en plus fréquemment en lui, au point de s’installer à demeure. Guy est hanté par le reflet jumeau qu’il perçoit dans son propre miroir. Il verse dans le mysticisme, s’imagine en mission, enfile le costume du preux chevalier et repousse les limites humaines pour porter le message divin. Il s’en remet à la petite voix intérieure qui le pousse toujours à avancer, ne se fie qu’à sa bonne étoile, fuit comme la peste les normes et les préjugés. L’orgueil en bandoulière, Guy progresse encore et toujours, à cloche pied dans le vent, la pluie où sous un soleil de plomb, en rebondissant sur sa patte valide comme le kangourou qu’il s’est fait tatouer sur le mollet. Don Quichotte a convaincu sept Sancho Pansa de se relayer à tour de rôle pour conduire sa Rossinante et assurer l’intendance. Sept bénévoles séduits par la démesure du projet mais vite rattrapés par la monotonie du quotidien. Se lever avant l’aurore, adopter au volant l’allure des escargots, s’affairer en cuisine, nettoyer l’habitacle, reconstituer les stocks et attendre patiemment la nuit pour recommencer le lendemain. A table, le menu est immuable. Pâtes ou riz agrémentés de sauce tomate. Guy a les légumes et le fromage en horreur. Il ne jure que par les sucres lents, les bananes et la pâte à tartiner. C’est un chevalier solitaire qui impose sa cadence, élabore en secret ses plans de bataille, parle à l’oreille des camions, les moulins à vents modernes. Guy est pointilleux à l’extrême, particulièrement lorsqu’il s’agit du vocabulaire. Il prétend courir quand il se meut de sautillements en sautillements légers et gracieux pour mieux souligner la pose du pied au sol. Ses béquilles frappent le macadam comme une horloge trop bien réglée, qui aurait décrété de la marche du temps. Tic-tac, tic-tac … Au fur et à mesure de la traversée, Guy réduit au minimum le dialogue avec ses contemporains. Il chemine ailleurs, hors du temps et des contingences ordinaires. Obnubilé par la quête, il perd peu à peu le sens des réalités, prend des libertés avec l’hygiène et la bienséance. Au volant, à la plonge ou au réchaud, ceux qu’il nomme ses accompagnants, dorment sur une couche à ses pieds. Guy économise sa parole et réserve ses pensées les plus secrètes aux camions et à l’âme de Terry qui l’escortent et l’enveloppent dans leurs vrombissements rauques. Quelquefois un quidam stoppe sa progression. Qui est ce fou unijambiste qui s’obstine à arpenter la bande d’arrêt d’urgence des autoroutes ? Guy se réfugie derrière un sourire enfantin et un anglais approximatif. Le passant ému met presque toujours la main à la poche. Est-ce pour aider la recherche ou pour saluer le doigt d’honneur adressé au conformisme moderne ? La frontière est ténue. Chaque soir, comme les kilomètres parcourus, Guy, compte et recompte les billets récoltés qu’il classe avec soin et regroupe en des liasses serrées dans une boite rouge en plastique. A Vancouver, il reversera 10000 dollars, une partie des fonds récoltés, à la lutte canadienne contre le cancer. La fondation Terry Fox, pour des raisons qu’il ignore est restée sourde à ses appels du pied. Guy a dû, la mort dans l’âme, renoncé à utiliser le nom de son héros dans sa communication officielle. Peu à peu, mystérieusement, comme si toutes les institutions s’étaient donné le mot, les portes se referment. L’escorte de police que les autorités lui avaient promise, l’accueil des élus devant l’hôtel de ville de Vancouver, le jour de l’arrivée. La discrétion assourdissante des médias locaux. De quelle forfaiture s’est donc rendu responsable le Don Quichotte du Béarn aux yeux des décideurs et des influenceurs locaux ? Nul ne le saura jamais. Guy visiblement n’en a cure mais l’atmosphère sur la côte ouest vire au doux-amère. Sur le parvis de la mairie de Vancouver, Don Quichotte remercie du fond du cœur la poignée de fidèles qui a enduré le froid et la nuit pour venir saluer son exploit. L’épopée s’achève dans la ville indifférente mais Guy ne déroge pas à la règle qu’il s’est imposée depuis le départ. Pas de bougies, ni d’agapes pour célébrer son cinquante-quatrième anniversaire et son incroyable performance physique. Et tant pis pour le fidèle Sancho qui rêvait d’un bon lit, d’une douche chaude et d’un repas de fête. Comme il était venu, Don Quichotte du Béarn est reparti sans faire de bruit avalé par le trafic et l’obscurité, flanqué de Sancho et de Rossinante. Il a emporté avec lui la certitude que rien n’est impossible pour peu de s’en donner les moyens, que la liberté et la dignité se méritent même s’il faut pour les conquérir, évoluer à la marge. La veille de la délivrance, dans le petit cimetière de Coquitlam, Guy s’est pour la première fois longuement épanché. En pleurs, il a placé la paume de sa main sur la tombe de Terry Fox, oublié pour quelques instants les tumultes du trafic. Il a murmuré à la pierre inondée de soleil, des paroles douces et naïves que seuls les conquérants de l’inutile osent prononcer. Il a ensuite extirpé de son sac à dos, un fer à cheval rouillé qu’il avait ramassé chemin faisant. Il l’a délicatement déposé sur la pierre tombale, comme une ultime offrande, la pièce du puzzle qu’il cherchait en vain depuis ses 17 ans. Alors, dans le cimetière radieux au temps suspendu, Terry et Guy sont demeurés silencieux, comme deux frères jumeaux, émus et empruntés à l’instant de célébrer leurs retrouvailles.

Les remerciements de Guy Amalfitano à Patrick Montel de France télévision :

C’est Magnifique !!!
Merci pour tout ce que tu as fait Patrick . Je ne l’oublierai jamais …

A Riyad, les annonces fracassantes du prince «MBS » du 24 au 27 octobre 2017 « Future Investment Initiative »

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Le prince Mohammed ben Salmane et la directrice générale du Fonds monétaire international  lors de la conférence « Future Investment Initiative »  qui accueille 2.500 participants à Ryad.  – AFP
Isabelle Couet les Echos 24/10/2017

+ VIDEO. Le gratin des affaires s’est déplacé à Riyad pour une conférence exceptionnelle. L’Arabie va doubler son fonds d’investissement à 400 milliards de dollars.

La terre tremble au pays des Saoud. A l’origine de ces secousses, les rêves fous de Mohammed Ben Salmane. Le trentenaire, qui pourrait prochainement accéder au trône, a envoûté les patrons et investisseurs internationaux réunis trois jours à Riyad. Lors de la conférence organisée du 24 au 27 octobre par le gigantesque fonds souverain, sous le nom de « Future Investment Initiative », le prince réformateur a fait des annonces fracassantes.

« MBS », comme on le surnomme, a annoncé la création d’une zone économique futuriste   au bord de la Mer Rouge. Une cité, qui s’étendra sur 26.500 km2, touchant la Jordanie et l’Egypte, où les énergies seront entièrement renouvelables. Sur les images défilant sur les trois écrans entourant la scène de ce « Davos » saoudien, des simulations presque dignes d’un film de science-fiction ont donné le vertige aux 3.000 participants à l’événement.

‘Neom’, le projet à 500 milliards de dollars de l’Arabie Saoudite .

Neom, le nom choisi pour cette ville de l’avenir, mettra à profit le soleil et le vent, abondants dans cette région du monde. Ce lieu sorti du sable sera aussi un modèle de technologie. Le patron de SoftBank, qui a déjà visité le site, confirme. « Ce sera une ville où les robots seront plus nombreux que les humains ». Transport sans chauffeur, drones avec passagers, internet accessible comme l’air, biotechnologies… tous les ingrédients de la modernité y seront concentrés. Sans oublier une dimension chère à MBS : le divertissement, qui sera l’un des piliers économiques de la zone.

Gros impact sur l’économie

Le méga-projet qui s’inscrit dans la lignée du plan de transformation de l’Arabie saoudite « Vision 2030 », est estimé à 500 milliards de dollars d’investissement sur plusieurs années. Le Royaume et le Public Investment Fund (PIF) y participeront largement. Le fonds souverain a notamment annoncé que ses encours dépasseront 400 milliards de dollars d’ici à 2020. Une trentaine d’initiatives vont être lancées pour doubler les actifs (230 milliards actuellement), dont la participation au financement de Neom. Cela devrait contribuer à créer 20.000 emplois directs, en plus de 256.000 dans le secteur de la construction, et augmenter la contribution du fonds au PIB de 4,4% à 6,3%. A long terme, les actifs du PIF devraient s’élever à 2.000 milliards de dollars.

Le prince a aussi appelé les investisseurs du monde entier à participer. Pour les convaincre, le japonais SoftBank a indiqué avoir signé un accord avec la compagnie électrique saoudienne dans le solaire. Autres arguments : Klaus Kleinfeld, l’ancien patron d’Alcoa, dirigera le projet Neom. Enfin la réglementation répondra aux besoins des milieux d’affaires, avec un fort degré d’autonomie par rapport au pouvoir central, promet MBS.

« On vient de voir bienvenue à Gattaca », ironise un dirigeant français. Un important investisseur met en garde. Il se souvient de l’échec d’un précédent projet, qui s’est avéré utopique. Les investisseurs exigeront donc beaucoup plus d’informations concrètes avant de signer des chèques. D’ailleurs, comme le souligne un gérant de hedge Fund venu spécialement à Riyad pour l’événement, « tous les participants sont en fait venus ici pour lever des fonds ».

C’est finalement sur un autre terrain que le discours de Mohammed ben Salmane a le plus été salué : celui de la religion. « Il faut revenir à ce qu’était l’Arabie saoudite d’il y a plusieurs décennies et renouer avec un islam modéré, ouvert sur les autres religions ». Sous un tonnerre d’applaudissements, MBS a juré vouloir « éradiquer ce qu’il reste d’extrêmisme « . Des paroles que personne n’attendait et qui ont aussi séduit les nombreux Saoudiens et Saoudiennes présents sous les dorures et le marbre du Ritz Carlton. Hommes et femmes étaient d’ailleurs mélangés, comme pour prouver que la transformation de la société n’est pas qu’un doux rêve.

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Le Davos saoudien, c’est maintenant à Riyad !
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Au Davos saoudien, MBS présente Neom, la ville du future où il y aura plus de robots que d’humains
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Aramco : Riyad envisage de renoncer à la « cotation du siècle » et lorgne un placement privé .

{ L’Arabie saoudite pourrait d’abord ouvrir le capital de son joyau pétrolier à des investisseurs internationaux, selon le « Financial Times »

Les doutes s’accumulent sur l’opération boursière du siècle. Le géant pétrolier saoudien Saudi Aramco, qui prépare son « IPO » depuis plus d’un an, pourrait renoncer à s’introduire sur une grande place internationale, indique le « Financial Times ». A la place, l’Arabie saoudite réfléchirait à un placement auprès d’investisseurs privés, selon le quotidien britannique qui cite plusieurs sources proches des préparatifs. Parmi les intéressés, des gouvernements étrangers dont la Chine qui pourrait jouer un rôle clef    , affirme une des sources.

Ces dernières semaines, les discussions sur cette alternative ont pris de l’ampleur. La compagnie pétrolière nationale aurait des difficultés pour choisir une place adéquate pour ses actions, alors que New York et Londres rivalisent pour attirer cette « IPO » de tous les superlatifs – on parle d’un ou deux milliers de milliards de valorisation boursière. Le fonctionnement interne et les finances de Saudi Aramco sont un secret bien gardé depuis des dizaines d’années et sa relation étroite avec l’état pose de nombreux défis financiers, légaux et réglementaires, expose le « FT ».

« IPO » locale Saudi Aramco pourrait donc toujours s’introduire localement, à Riyad l’an prochain. Une cotation internationale sur laquelle une foule de consultants et de banquiers ont commencé à travailler, pourrait également suivre, mais probablement « pas avant au moins 2019 », selon Bloomberg.

De son côté, le producteur saoudien a fait savoir qu’« une série d’options pour son entrée en Bourse continuent d’être examinées activement. Aucune décision n’a été prise et le processus d’IPO est maintenu. » La cotation reste prévue au second semestre de 2018, assurait en septembre un représentant du royaume, alors que le marché bruissait déjà d’un report de l’opération à 2019  .

Pour l’Arabie saoudite, l’enjeu est immense. La mise en Bourse de la plus grosse société pétrolière au monde est la pierre angulaire du plan de transformation du pays, dans un contexte de chute du prix de baril d’or noir. Muryel Jacque Les Echos le 15/10/2017]

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MBS veut créer la capitale mondiale de l’énergie solaire en Arabie Saoudite .
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Même les robots sont venus au Davos saoudien .
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La relève est au Davos saoudien .
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Le Davos saoudien ça ressemble aussi à ça.

Tchouang-Tseu penseur chinois du IVe siècle av. J.-C.

Zhuangzi

Tchouang-tseu ou Zhuangzi (trad : 莊子 ; simp : 庄子 ; pinyin: zhuāng zǐ, EFEO: tchouang-tseu, « Maître Zhuang »), de son vrai nom Zhuāng Zhōu (莊周/庄周), est un penseur chinois du IVe siècle av. J.-C. à qui l’on attribue la paternité d’un texte essentiel du taoïsme appelé de son nom – le Zhuangzi – ou encore le « Classique véritable de Nanhua », Nánhuá zhēnjīng.

Le personnage

Si Zhuāng Zhōu a réellement existé, on ne sait en tout cas que très peu de choses sur la personne de ce philosophe qui vécut à l’époque des Royaumes Combattants. Les Annales Historiques de Sima Qian rapportent qu’il était originaire du district de Meng (蒙), probablement situé au Sud du fleuve Jaune, à proximité de la capitale de l’État de Sòng (宋國/宋国, Sòngguó), près de l’actuelle Shangqiu au Henan. Elles placent sa vie à l’époque des rois Huì de Wèi (魏惠王, Wèihuìwáng) (389-319 av. J.-C.) et Xuān de QI (齊宣王/齐宣王, Qíxuānwáng) (350-301 av. J.-C.), ce qui en ferait un contemporain de Mencius, mais ils semblent s’être ignorés. Le Zhuangzi présente le logicien Hui Shi (惠施) ou Huizi (惠子) (380-305 av. J.-C.) comme un ami de l’auteur.

Zhuāng Zhōu aurait occupé une charge administrative subalterne et refusé un poste de Premier ministre offert par le roi Wei de Chu (楚威王). Il aurait terminé sa vie complètement retiré du monde, menant une vie nomade et proche du peuple.

Il est encore appelé « Zhuāng de Meng » (蒙莊), « le fonctionnaire de Meng » (蒙吏) ou « le vieillard de Meng (蒙叟) ».

L’ouvrage

La pensée de Zhuāng Zhōu nous est parvenue à travers le Zhuāngzǐ, un texte écrit en prose d’une grande qualité littéraire. La version actuelle, à laquelle ont contribué divers auteurs contemporains ou postérieurs, doit beaucoup à son principal éditeur, Guo Xiang, taoïste ayant vécu au IIIe siècle, et peut-être à un autre lettré, Xiàng Xiu (向秀). Guo Xiang n’a conservé que trente-trois chapitres sur les cinquante-deux de l’époque Han, ayant écarté ceux qu’ils jugeait de mauvaise qualité ou d’origine douteuse. Il en a mis en tête sept qu’il considérait comme particulièrement importants, attribués à Zhuāng Zhōu en personne, qui constituent les « chapitres internes » nèipiān (內篇/内篇). Suivent quinze « chapitres externes » wàipiān (外篇) puis onze « chapitres divers » zápiān (雜篇/杂篇) d’auteurs divers. On pense qu’il a remplacé le style poétique d’origine par sa prose. Dans les gloses qui consistent essentiellement en interpolations, il expose sa lecture de l’ouvrage.

Le livre est aussi connu comme « Vrai Classique de Nanhua » (Nánhuá zhēnjīng 南華眞經/南华真经), nom attribué en 742 lorsque l’empereur Xuanzong des Tang nomma Zhuāng Zhōu « Immortel de Nanhua » (南華真人), du nom des monts du Hunan où l’on disait qu’il s’était réfugié à la fin de sa vie.

La pensée

On présente traditionnellement Zhuāng Zhōu comme un successeur de Laozi. Cependant, certains chercheurs n’hésitent pas aujourd’hui à affirmer l’antériorité du Zhuāngzǐ, au moins des chapitres « internes » qui lui sont attribués. Le terme dao y apparaît en effet moins fréquemment que chez Confucius ou Mencius, et on n’y trouve aucune référence à Laozi ni à son texte, contrairement aux chapitres « externes » et « divers ». « Zhuangzi ignorait qu’il était taoïste.», est allé jusqu’à dire A. C. Graham. Les différents courants représentés dans l’ouvrage ont en tout cas en commun l’opposition aux confucéens, la promotion de l’individualisme et d’un certain anarchisme. Les spécialistes s’accordent en général pour voir dans les chapitres 8 à 10 et une partie du chapitre 11 une école proche du Dao De Jing. Liú Xiàogǎn (劉笑敢/刘笑敢) rattache les chapitres 12 à 16 et le chapitre 33 au courant huanglao. Les chapitres 28 à 31 se démarquent nettement du reste et offrent une grande ressemblance avec des passages connus des Annales de Lü. Graham considère qu’ils proviennent de l’école de Yang Zhu, philosophe du IVe siècle av. J.-C.

Le Zhuāngzǐ a été classé sous les Han dans le même courant que le Laozi et y a rapidement pris une place déterminante. Le terme Laozhuang (老莊) est rapidement devenu un synonyme de taoïsme. Si le Laozi a la prééminence sous les Han, ayant été semble-t-il une référence jusque pour certains confucéens, le Zhuāngzǐ, plus mystique, individualiste et anarchiste, croît en influence avec la désagrégation de l’empire et influencera le bouddhisme chinois, en particulier le Chan.

Les nombreux philosophes occidentaux qui se sont intéressés au XXe siècle à la philosophie du Zhuāngzǐ l’ont souvent qualifiée de scepticisme, de perspectivisme ou de relativisme.

Le concept central du Dao (道) peut être défini comme le cours naturel et spontané des choses. Zhuāngzǐ se moque de l’Homme, seul être à tenter de se détacher du Dao en imposant son action et son discours. Or, toutes les tentatives pour discourir sur la réalité visant à acquérir les bases de la connaissance fondatrice de l’action sont vaines étant donné que le discours ne fait qu’opérer des découpages partisans de cette réalité.

La question posée par Zhuāngzǐ est donc la suivante : si le discours n’est pas un instrument approprié permettant d’acquérir des connaissances certaines, que reste-t-il à l’Homme et comment doit-il envisager sa position dans l’univers ? La réponse se situe dans le non-agir (wuwei – 無為) qui, loin d’être synonyme d’indolence, de passivité ou de repli, définit l’action en tant qu’elle est conforme à la nature des choses et des êtres. L’Homme est ainsi invité à se débarrasser de son égocentrisme et de sa volonté de plier la réalité à ses fantasmes. Le « Wu » est peut-être pris ici dans son sens étymologique de « dépouillement », plus que de « vide » au sens moderne. Dans une autre optique, le non-agir permet l’action, à l’image de l’immobilité de l’essieu condition sine-qua-non du mouvement de la roue.

Cette recherche d’une position cosmique s’incarne dans la figure du sage qui ne s’embarrasse d’aucune question métaphysique ni d’aucun conflit d’aucune sorte. Retournant à l’origine, il puise directement sa force et sa vitalité dans le Dao. Épousant les métamorphoses des dix mille êtres, il est libéré de toute contrainte et n’est plus soumis qu’aux nécessités.

Le non-agir tel que le conçoit Zhuāngzǐ est une démarche strictement individuelle, sans prétention politique, à la différence de la conception de Laozi pour qui le politique est le lieu emblématique où devrait s’exercer toute l’efficacité du non-agir.

Le Zhuāngzǐ contient de nombreuses paraboles courtes souvent teintées d’humour, dont la notoriété dans la culture chinoise s’étend largement au-delà des cercles taoïstes ou lettrés, et qui sont à l’origine de proverbes. Certaines sont mondialement connues, comme Le Rêve du papillon : le sage y rêve qu’il est un papillon, et se réveillant, se demande s’il n’est pas plutôt un papillon qui rêve qu’il est Zhuāngzǐ. La question de la nature profonde de la réalité est posée, et fait écho à certains développements des écoles mystiques indiennes (tradition vijñanavada du bouddhisme, tantrisme Kashmirien ou encore Védanta).

Postérité

Zhuāngzǐ disait que le monde « n’a pas besoin d’être gouverné ; en fait, il ne devrait pas être gouverné », et que « le bon ordre résulte spontanément quand les choses sont laissées à leur cours ». L’économiste américain Murray Rothbard a dit de lui qu’il fut « peut-être le premier anarchiste au monde».

Citations

 

  • Qui s’attache, n’est pas bienveillant. Qui choisit le moment, n’est pas sage. Qui ne sait que pertes et profits sont corrélatifs, n’est pas un homme de bien. Qui agit par renom et se perd, n’est pas un gentilhomme.
  • Mort et vie, conservation et destruction, succès et échec, pauvreté et richesse, compétence et incompétence, calomnie et apologie, faim et soif. Ce sont toutes les alternances du destin. Elles opèrent jour et nuit et on ne peut connaître leurs sources. À quoi bon donc, les laisser troubler notre paix.
  • Nous rêvons que nous festoyons ; l’aube venue, nous pleurons. Au soir, nous pleurons, le lendemain matin, nous partons à la chasse. Pendant que nous rêvons nous ne savons pas que c’est un rêve. Dans notre rêve nous expliquons un autre rêve, et ce n’est qu’au réveil que nous savons que c’était un rêve. Et ce ne sera qu’au moment du grand réveil que nous saurons que c’était un grand rêve. Il n’y a que les sots qui se croient éveillés, ils en sont même parfaitement certains. Princes, bergers, tous un dans cette même certitude ! Confucius et vous ne faites que rêver ; et moi qui dis que vous rêvez, je suis aussi en rêve.
  • Le meilleur usage que l’on puisse faire de la parole est de se taire.

Source Wikipédia .

 

 

Marco Olmo,un athlète italien,un expert en ultra-trail né le 8 octobre 1948 .Une hygiène de vie irréprochable,

Ouest-France a ouvert ses colonnes à une légende, double vainqueur de Ultra Trail du Mont Blanc – UTMB
Course à pied  13 août 2015

Marco Olmo, l’infatigable légende du trail, j’écoute ma petite musique interne, j’écoute ma respiration et je m’adapte, je ne m’affole jamais.

correspondance, Alban Loizeau

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Image-1024-1024-128918Marco Olmo, lors de l’Oman Raid Desert. (Photo : Raphaël Godet)

Double vainqueur de l’UTMB

On le voit arriver de loin, avec son short gris et son dossard numéro 1. Il donne l’impression de traverser les dunes de sable comme des dos-d’âne. Ça se voit, il est comme un gosse. Mais quelle motivation peut bien l’inciter a sans cesse se surpasser ?

« Le plaisir de courir et les clameurs du public. Voilà où je vais chercher ma détermination depuis tant d’années. » C’est comme cela que l’Italien a remporté deux fois le mythique Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB) en 2006 et 2007. Il avait… 58 ans. Ses adversaires en avaient deux fois moins.

L’UTMB, c’est la course préférée de l’Italien. Parce que c’est elle qui l’a fait connaître. Et parce que c’est sûrement la course d’endurance la plus dure au monde : 167 kilomètres, plus de 21 heures de course non-stop autour du massif le plus haut en Europe. Faites le calcul : cela représente quatre marathons en une étape, avec un dénivelé égal à deux fois l’ascension de l’Everest…

Image-1024-1024-128919(Photo : Raphaël Godet)

Fermier, routier, puis coureur…

Marco Olmo est un personnage à part dans le monde de la course à pied. Dans un français hésitant, il raconte : « C’est vrai que j’ai un parcours singulier. J’ai commencé à courir assez tard, vers 40 ans. Avant, j’ai été fermier, routier, puis ouvrier, je conduisais des engins dans une carrière de ciment. Vous voyez, je n’ai pas le profil type du coureur. »

Il a longtemps préféré le ski de fond. C’est d’ailleurs dans les montagnes qu’il a travaillé son endurance. La neige plutôt que le bitume, donc. Et puis avec le temps, il a appris à « aimer le macadam ». Sa résistance physique et mentale, il la travaille tous les jours sur les chemins qui entourent son village du Piémont, dans le nord-ouest de l’Italie. C’est là qu’il est né le 8 octobre 1948.

Image-1024-1024-128920(Photo : Raphaël Godet)

« Je suis né avec des pieds bien faits »

Marco Olmo peut aussi compter sur son épouse, Renata, toujours là pour le soutenir : « Cela fait plus de trente ans que je connais mon Marco. Je suis admirative de ce qu’il fait à son âge, de sa ténacité, sa persévérance. » Marco Olmo lâche un sourire : « Dans la vie, certains sont nés avec une tête bien faite. Moi, je suis né avec des pieds bien faits. C’est mon arme à moi pour me battre. C’est ma revanche. C’est en courant que je suis le meilleur. J’ai l’impression de courir pour tous ceux qui n’ont pas les moyens de le faire. »

Et quand certains osent lui dire qu’il est trop vieux, il répond « godasses aux pieds » : « Battre des jeunes de 25 ans, ça me stimule. Quand tu cours, tu dois tout donner pour gagner. Les jeunes ne sont pas là pour te laisser passer la ligne en premier. Malgré mon âge, j’aime toujours ce goût de la compétition, et les émotions qui vont avec. »

Image-1024-1024-128921(Photo : Raphaël Godet)

Végétalien depuis plus de trente ans

Mais cette longévité n’est pas le fruit du hasard. Marco Olmo a une hygiène de vie irréprochable. « Je fais très attention à ce que je mange. Je suis végétalien depuis plus de trente ans. Pas de viande, pas de poisson, pas d’alcool. Je ne sais pas si cela a un effet sur mon organisme, mais je me sens mieux. C’est comme une philosophie. »

Les bases de son alimentation ? Du pain, des pâtes, de la polenta, du fromage et de l’huile d’olive. Marco Olmo dort beaucoup aussi. Atypique jusqu’au bout des poignets, l’Italien court avec une banale montre analogique. Pas de cardiofréquencemètre, pas de GPS, pas de chronomètre. « Je préfère me fier à ma petite musique interne, j’écoute ma respiration et je m’adapte, je ne m’affole jamais. » Son emploi du temps est réglé : « Je suis debout à 6 h. Footing pendant une ou deux heures. Petite sieste. Randonnée l’après-midi. Et le soir, je suis au lit à 21 h. »

Quand il ne court pas, il écoute de la musique, « Roxette, Vangelis, Bruce Springsteen », ou sort une bande dessinée. Il dit qu’il n’a pas d’idole dans le sport, et « surtout pas ces footballeurs beaucoup trop payés ». Il parle aussi de Facebook : « Tu sais que j’ai un compte ? » Oui, avec 5 000 amis. « Bon, c’est ma femme qui le gère. Ça me laisse plus de temps pour courir. »

Ettore Arco Isidoro Bugatti (1881 – 1947)

A propos d’Ettore Arco Isidoro Bugatti (1881 – 1947), on peut réellement parler d’artiste automobile.

Ce constructeur italien d’origine, établi en Alsace (allemande à l’époque) a marqué de ses voitures sportives et luxueuses l’âge d’or de l’automobile française des années 20 à 40.

Bugatti c’est aussi des chiffres :

- Plus de 1000 brevets mécaniques
- 37 records
- 10.000 victoires en courses

Paroles d’Ettore  Bugatti :

« Ce que pense est exactement ce que je vois au bout de mon crayon ». (Ettore Bugatti).

« Même si mon usine est rasée, ce n’est pas dramatique. C’est ma tête qui est mon capital ». (Ettore Bugatti 1914).

 

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Ettore Bugatti était né à Milan le 15 septembre 1881, dans une famille d’artistes francophiles.
Ettore était petit-fils de Giovanni, architecte et sculpteur, fils de Carlo, ébèniste et frère de Rembrandt peintre et sculpteur.
Cette culture artistique a rejailli sur toutes ses créations tout autant que son approche innovante modulaire des conceptions techniques

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Ettore Bugatti

Tout jeune, de 1898 à 1909, il travailla pour ou avec plusieurs pionniers de l’automobile naissante (De Dietrich, Mathis…) et fit déjà montre d’une ingéniosité et d’une intelligence à trouver des solutions techniques.

Chez Deutz, il mit en œuvre des solutions techniques qui lui donnèrent l’idée de se mettre à son compte, ce qu’il fit en 1910.
Il installa sa société à Molsheim, en Alsace qui était alors allemande et dans la région de Rhénanie, le centre industriel de l’Europe.

La marque de fabrique de Bugatti c’était la combinaison de la plus haute avance technique et de la plus grande simplicité avec une sensibilité artistique appliquée à tous les détails techniques.
Ses créations étaient et sont encore considérées comme de l’art par tous et pas seulement par ses admirateurs.

Dès 1910, il créa la première petite voiture sérieuse. C’était une voiture très légère et très performante d’une cylindrée de 1,35 litres sur quatre cylindres avec un arbre à cames en tête.
En 1911, il conçoit une petite voiture populaire, la Type 19, dont il vend le brevet à Peugeot, ce sera la Peugeot BP1, plus connue sous le nom de Bébé Peugeot avec son moteur de 856 cm3. La Bébé Peugeot est la plus diffusée des créations Bugatti, c’est aussi réellement une minuscule voiture dont la caisse n’est pas plus grande qu’une baignoire.

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La Bébé Peugeot, la création Bugatti qui s’est le mieux vendue

De 1912 à 1914 les succès de la compagnie augmentent, en particulier avec la Type 13, ou Brescia. En 1914, il mit sur le marché la première voiture à 16 soupapes de série.

Pendant la guerre, après avoir mis de côté outils, châssis et moteurs à Molsheim, il quitte l’Alsace et va à Paris où il travaille sur des moteurs d’avion.

A la fin de la guerre, il retrouve des ateliers dévastés. Il va les reconstruire. C’est le début de l’âge d’or de la société avec les lignes de production des voitures de course, en particulier de la “Type 35”.
En dehors de l’automobile, à la même période, il dépose des brevets divers et variés.

En dehors de l’approche artistique qu’il appliquait à l’ingénierie, son autre apport à l’industrie automobile a été le concept de la modularité.

 

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Bugatti Type 35

La modularité

Dès le début, toutes les Bugatti étaient construites non seulement en série, mais avec des pièces provenant de, ou pouvant être utilisées sur d’autres modèles de la marque.
Ce simple fait justifierait à lui seul le qualificatif de génial à une époque où les voitures étaient des œuvres artisanales, construites à l’unité et à la main.

Il sortit cet arbre à came en tête avec 3 soupapes par cylindre en configuration quatre ou huit cylindres. Le huit cylindres n’était ni plus ni moins que deux moteurs de quatre cylindres reliés à un carter commun. Les transmissions et essieux étaient interchangeables entre les modèles de production et les modèles de course. Avec un éclairage et des garde-boue ses voitures de course étaient des voitures de route.

La mise en œuvre par Bugatti de principes d’ingénierie sur une plateforme commune était probablement une première mondiale et ceci fit le succès de son entreprise dans les années 20 et 30.

Il a construit des voitures de sport et de course de manière industrielle et pouvait donc les offrir à un prix raisonnable. Même les modèles de Grand-Prix étaient construits selon un processus de série, et ils étaient malgré tout excellents.

 

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Type 35 A, avec roues en alliage

La Bugatti Type 35 devint la voiture de course de référence, aussi bien pour sa construction légère et efficace que pour sa ligne pure, fonctionnelle et élégante. Cette voiture a gagné des centaines de courses (plus de 2000, record inégalé). Le dessin des roues à bâton en alliage léger de la Type 35 reste encore aujourd’hui la référence en matière de roues en alliage.

Bugatti et le luxe – Les Royale »

Mais ce qu’Ettore Bugatti n’a pas réussi c’est la transition entre la construction de voitures de sport et de course et celle de voitures de luxe. Il a construit des voitures sensationnelles, exceptionnelles mais chères, et cette activité a été un échec.

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Une Royale

La classe des « Royale » (ou type 41), par exemple, de huit cylindres et 13 litres de cylindrée n’a pas trouvé sa clientèle avec seulement sept (7) exemplaires produits (dont un a posteriori par les frères Schlumpf). La Royale c’est 13 litres de cylindrée, 300 chevaux et 500.000 Francs.

Entre 1929 et 1936 Bugatti sort la Type 46 ou « Petite Royale », à 500 exemplaires. Puis ce sont les Bugatti Type 49, Type 50 avec compresseur, double carburateur, deux soupapes par cylindre et Bugatti Type 55 conçues par Jean Bugatti et au moins aussi belles, fiables et avancées techniquement que les précédentes.

Les ennuis financiers liés à la crise de 1929 incitent Ettore à se diversifier en 1931 et ce sont des moteurs de “Royale”, groupés par quatre qui servirent à sortir la société de la faillite grâce à la construction de 80 autorails rapides (192 Km/h).

Les Bugatti Type 57 sortent en 1934. La Type 57 représente la voiture de luxe et de sport des années 30 et rencontre un succès certain (700 exemplaires) dans diverses configurations (berline Galibier, coupé Atalante, coach Ventoux, cabriolet Stelvio).

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Bugatti Type 57 – Coupé Atlantic

Bien sûr, Bugatti engage des voitures au Mans et remporte deux fois l’épreuve en 1937 (Wimille et Benoist) et 1939 (Wimille et Veyron).

Une voiture de course de 16 cylindres a aussi été construite qui n’a pas répondu aux attentes. Le moteur sera vendu aux USA à Duesenberg.

Bugatti perdit toute flamme et génie créatif après la disparition de sa femme et de son fils Jean (tué à 30 ans, au volant du « Tank » lors d’un essai routier près de Molsheim) en 1939. La disparition de Jean a été le tournant essentiel de cette histoire.

Pendant la guerre, l’usine de Molsheim a été réquisitionnée et obligée de produire des torpilles et des véhicules militaires pour l’armée allemande.
Son emprisonnement après la guerre pour collaboration et les deux procès qui lui permirent de récupérer son usine finirent d’user Ettore Bugatti.
A sa mort, à l’Hôpital Américain de Paris, le 21 août 1947 peu après le second procès, 7950 Bugatti étaient sorties de ses usines, mais il n’y avait plus personne pour animer la marque qui n’existait plus qu’en nom.

La marque Bugatti appartient actuellement à Volkswagen.

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La Somalie sa capitale Mogadiscio, un terrible attentat met fin au « printemps somalien » 14/10/2017

Le bilan de l’attaque au camion piégé de samedi pourrait dépasser les 300 morts, la plus importante jamais enregistrée dans la région. Elle met fin à l’état de grâce du président élu en février

 

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En vingt-cinq ans de drames et de guerre civile, les Somaliens pensaient s’être habitués à tout. Mais pas à ça. Plusieurs centaines de corps sans vie, noircis, brûlés, déchiquetés, méconnaissables, étalés sur la chaussée enflammée de Mogadiscio, entre les immeubles effondrés et les commerces détruits. La capitale somalienne, frappée samedi 14 octobre dans l’après-midi par un attentat au camion piégé, offrait un visage de mort. Une vision d’apocalypse.

Depuis, Mogadiscio est en deuil. Et la ville compte ses morts. Mais combien sont-ils, sous les gravats, transportés sur les petits brancards ou dans les morgues de fortune : 150, 200, 250 ? Lundi matin, le bilan humain était encore incertain. « On devrait dépasser les 300 victimes », estime une source, médusée par l’ampleur du bain de sang.

L’attentat, toujours pas revendiqué mais selon toute vraisemblance mené par le groupe Al-Chabab (affilié à Al-Qaida), est le plus meurtrier jamais commis en Somalie et sans doute dans la région, dépassant la destruction des ambassades américaines de Nairobi et de Dar es-Salam en 1998 (224 morts) ou encore l’attaque de l’université de Garissa, au Kenya en 2015 (148 victimes).

« On n’avait jamais vu ça »

L’attaque terroriste a ciblé l’intersection « kilomètre 5 », l’un des croisements les plus populeux et embouteillé de la capitale, ceinturé d’immeubles, de minibus prêts à partir et de vendeurs à la sauvette ou de bidons d’essence. Elle a été conçue pour tuer le plus possible. « C’est vraiment terrible, tout le monde ici a perdu un proche, déplore Ismaïl, un habitant de Mogadiscio travaillant dans un hôtel de la capitale, joint par téléphone et encore sous le choc. Quatre de mes amis manquent à l’appel. On n’avait jamais vu ça, même à Mogadiscio. »

Touchée au cœur, la capitale somalienne a su montrer sa capacité de résilience. Dans cette ville marquée par les stigmates de deux décennies de guerre civile et frappée de manière quasi-hebdomadaire par des attentats, on ne s’est pas contenté comme à l’habitude de nettoyer la place et reprendre une vie « normale ». Dimanche, des centaines d’habitants, peut-être des milliers, ont pris la rue, faisant la queue pour donner leur sang et crier leur refus du terrorisme et de la violence. Du jamais vu de mémoire somalienne.
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Dans les mots et dans les yeux, il y avait de la tristesse mais aussi de la rancœur. Car l’attentat de samedi a mis brutalement fin à un « printemps somalien » qui n’aura duré que sept petits mois, né de l’élection au mois de février du très populaire président Mohamed Abdullahi Mohamed, dit « Farmajo ».

Fin de l’état de grâce

Le chef de l’Etat, ancien réfugié aux Etats-Unis, pouvait bien poser dans un hôpital, donnant lui-même son sang pour les victimes, assurer que « la terreur ne l’emportera [it] pas » et décréter trois jours de deuil national. Son état de grâce est bien terminé. « Farmajo n’a cessé de promettre que la sécurité serait rétablie à Mogadiscio. Mais les Chabab, malgré quelques revers en province, ne cessent de montrer que c’est faux et qu’ils restent maîtres du terrain, capables de déjouer les barrages de la police », insiste Roland Marchal, chercheur au Centre d’études et de recherches internationales de Sciences Po Paris.

Le gouvernement de Mogadiscio, déjà structurellement faible et corrompu, est en proie à d’incessantes luttes internes. La semaine du 9 octobre, le ministre de la défense et le chef des armées ont ainsi démissionné sans explication. « Farmajo ne prend pas la mesure des problèmes de la Somalie. Il semble dépassé, peu impliqué, et donne l’impression de découvrir les maux de son pays », lançait, acerbe, il y a peu de temps, un diplomate européen en poste à Mogadiscio. « Outre l’incompétence des autorités, cette attaque montre surtout la montée en puissance des Chabab », souligne une source sécuritaire bien informée.

Les djihadistes somaliens, malgré leur expulsion de Mogadiscio en 2011 et quelques revers locaux, contrôlent toujours une part substantielle du territoire somalien. Sûrs de leur force, ils n’hésitent pas aujourd’hui à attaquer des camps militaires de l’armée nationale ou de la Mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom), à qui ils dérobent armes, explosifs et munitions.

Dans l’attentat de samedi, « on a identifié deux camions piégés et bourrés d’explosifs militaires mais aussi sans doute des composants chimiques inflammables, introuvables en Somalie », détaille notre source, qui chiffre la charge explosive totale de l’attaque de samedi à « au moins deux tonnes ». Un chiffre colossal : « Il y a quelques années encore, les Chabab s’en tenaient encore à des “petits” attentats avec “seulement” 90 kg d’explosifs. Cette montée en puissance est une tendance lourde et régulière. Et on n’a pas encore atteint le maximum », s’inquiète notre contact.

Déchaînant la violence quasi exclusivement sur le territoire somalien – à l’exception de quelques opérations spectaculaires au Kenya voisin – et ne gênant aucun intérêt stratégique majeur, les Chabab sont moins médiatisés et moins connus que les groupes djihadistes nigérians ou sahéliens. Pourtant, selon une étude récente menée par Centre d’études stratégiques de l’Afrique, le groupe somalien serait devenu en 2016 le plus meurtrier du continent africain, causant la mort de plus de 4 200 victimes contre 3 500 pour Boko Haram, relégué au second rang.

Face à la menace croissante, Africains comme Occidentaux semblent dépourvus de vision à long terme. Hormis des condamnations de circonstance, peu de gestes concrets sont à attendre. L’Amisom, forte de 22 000 hommes, manque de moyens et de logistique. Elle est de toute façon sur le départ, tandis que l’armée nationale somalienne, censée prendre la relève, demeure une coquille vide. « Les Chabab sont à l’offensive. Ils se nourrissent de tous les maux du pays, insiste Roland Marchal. A l’heure qu’il est, il apparaît impossible de les battre. »

Par Bruno Meyerfeld