Thomas Stearns Eliot 1888/1965 Prix Nobel de littérature 1948

T. S. Eliot en 1934 par Lady Ottoline Morrell.

Nom de naissanceThomas Stearns Eliot
Naissance26 septembre 1888
Saint-Louis (Missouri, États-Unis)
Décès4 janvier 1965 (à 76 ans)
Kensington, Londres (Angleterre, Royaume-Uni)
Activité principaleÉcrivain, poète, dramaturge
DistinctionsPrix Nobel de littérature en 1948
Langue d’écritureAnglais
MouvementLittérature moderniste

Œuvres principales

Signature de T. S. Eliot

T. S. Eliot, de son nom complet Thomas Stearns Eliot (26 septembre 18884 janvier 1965), est un poète, dramaturge et critique littéraire américain naturalisé britannique. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1948.

Il est d’abord proche de la modernité poétique américaine et du groupe formé autour d’Ezra Pound, qui publie dans sa revue le poème d’Eliot La Chanson d’amour de J. Alfred Prufrock (1917), et à qui est dédié La Terre vaine (1922). Après sa conversion à l’anglicanisme et sa naturalisation britannique, il se tourne vers une écriture centrée sur la spiritualité, représentée notamment par Quatre Quatuors (1939-1942), qui lui vaudront le prix Nobel de littérature en 1948. Il écrit également sept pièces de théâtre et un grand nombre d’essais sur la poésie et sur des auteurs comme William Shakespeare et Ezra Pound.

Biographie

Famille et enfance

T. S. Eliot est né dans une famille aisée de Saint-Louis dans le Missouri. Son père, Henry Ware Eliot, était un homme d’affaires influent et sa mère, Charlotte Champe Stearns, fut enseignante avant d’écrire de la poésie. Thomas était leur dernier enfant ; ses parents avaient 44 ans quand il est venu au monde, ses sœurs avaient de 11 à 18 ans de plus que lui, son frère 8 de plus.

Son grand-père, William Greenleaf Eliot, était un pasteur unitarien qui s’installa à Saint-Louis quand elle n’était encore qu’une ville-frontière et qui participa à l’établissement de plusieurs des institutions municipales, dont l’université Washington à Saint-Louis. L’un de ses lointains cousins était Charles William Eliot, Président de l’université Harvard de 1869 à 1909, alors qu’un autre, Tom Eliot, était chancelier de l’université de Washington.

Éducation

De 1898 à 1905, Eliot est externe à la Smith Academy de St Louis, une classe préparatoire à l’Université Washington, il y étudie les lettres, le latin, le grec, le français et l’allemand. Il fait un an à la Milton Academy (en) dans le Massachusetts, près de Boston, où il fait la connaissance de Scofield Thayer qui publie plus tard son poème La Terre vaine (The Waste Land). Il étudie à Harvard de 1906 à 1909, où il publie ses premiers poèmes dans la revue The Harvard Advocate et où il se lie d’amitié avec Conrad Aiken. En 1910, il obtient son Master, puis continue ses études à la Sorbonne à Paris (19101911), où il suit notamment les cours de Henri Bergson et d’Alain-Fournier. Il se lie alors d’amitié avec un jeune Français étudiant en médecine, féru comme lui de littérature et de poésie, Jean-Jules Verdenal (né en 1890 à Pau, mort en 1915 dans les Dardanelles) avec lequel il correspond lors de son retour aux États-Unis. Il part en effet pour Harvard et il y poursuit des études de philosophie. Il achève brillamment une thèse sur le philosophe hégélien Bradley. Il se passionne pour la philologie indo-aryenne et le bouddhisme.

En 1914, il obtient une bourse pour étudier au Merton College d’Oxford. Il visite l’Allemagne et prévoit de faire un trimestre de philosophie à l’université de Marbourg pendant l’été, mais la Première Guerre mondiale éclate et il se rend au Royaume-Uni. Il n’est pas heureux au Merton College et décline une bourse de seconde année.

Il travaille sur sa thèse qu’il envoie à Harvard et qui est acceptée. En revanche n’étant pas présent pour sa soutenance, il n’obtient pas son PhD.

Durant ses années estudiantines, il côtoya George Santayana, Irving Babbitt, Henri Bergson, C.R. Lanman, Josiah Royce, Bertrand Russell et Harold Joachim.

Période britannique

Dessin de Simon Fieldhouse.

Dans une lettre à Conrad Aiken écrite en décembre 1914, Eliot se plaint d’être toujours vierge, ajoutant : « Je suis dépendant des femmes. Je veux dire de la compagnie des femmes. » Quatre mois plus tard, il est présenté à Vivienne Haigh-Wood et ils se marient le 26 juin 1915. En 1960, Eliot écrivit : « Je me suis convaincu d’être amoureux de Vivienne simplement parce que je voulais rester en Angleterre et me forcer à rester en Angleterre. Et elle s’est convaincue (sous l’influence de Pound) qu’elle pourrait sauver un poète en le forçant à rester en Angleterre. Le mariage ne lui a apporté aucun bonheur… À moi, il m’a mis dans un état d’esprit qui aboutira à The Waste Land. »

Admirateur de Charles Maurras, il fut déçu par sa condamnation par Pie XI en 1926 ; elle le détourna du catholicisme comme nombre de partisans de la High Church. En 1927, T.S. Eliot devient citoyen britannique et se convertit à la religion anglicane.

Eliot se sépare de sa femme en 1933. Elle le poursuit, adhère même à l’Union britannique des Fascistes dans l’espoir de gagner les faveurs de son époux qui avait exprimé son admiration pour Mussolini et assiste à ses conférences pour lui demander de revenir à la maison. Elle fut internée dans un asile psychiatrique pendant les neuf dernières années de sa vie sans qu’Eliot vienne lui rendre visite.

Son second mariage, bien que presque aussi court, fut heureux. Il épouse Esme Valerie Fletcher, sa secrétaire depuis août 1949 et qui est de trente-huit ans sa cadette, le 10 janvier 1957. Valerie passa ses années de veuvage à préserver l’œuvre de son mari ; elle édite et annote les Lettres de T.S. Eliot ainsi que le fac-simile de The Waste Land.

Eliot meurt d’un emphysème à sa maison à Kensington à Londres, le 4 janvier 1965. Ses cendres sont déposées en l’église de Saint Michael dans le village de East Coker d’où les ancêtres d’Eliot étaient originaires avant d’émigrer aux États-Unis. Au deuxième anniversaire de sa disparition, une plaque commémorative est apposée au Coin des poètes dans l’Abbaye de Westminster.

Son œuvre

T.S. Eliot a passé sa vie au Royaume-Uni à partir de 1914. Auparavant, en 1910, il a séjourné à Paris dans le quartier du Montparnasse, où il a rencontré d’autres artistes éminents de son temps. Man Ray fera son portrait. Il s’absorbe dans l’étude du sanskrit et des religions orientales. Il est alors étudiant de Georges Gurdjieff.

Poésie

En 1915, Ezra Pound, alors éditeur international du magazine Poetry, recommande, à sa directrice et fondatrice Harriet Monroe, la publication de The Love Song of J. Alfred Prufrock, où le jeune poète de vingt-sept ans a parfaitement réussi à capter les états d’âme d’un homme de quarante ans.

En octobre 1922, Eliot publie The Waste Land (La Terre vaine) dans la revue qu’il a fondée, The Criterion (1922-1939). Ce poème, écrit au moment où Eliot souffre au niveau personnel et familial (son mariage va à vau-l’eau) entre en résonance avec les peines de l’époque et de la génération perdue qui revient de la Première Guerre mondiale ; il devient l’un des modèles de la nouvelle poésie britannique. Avant même sa publication en livre (décembre 1922), T.S. Eliot prend ses distances avec le ton du poème qu’il juge par trop sombre : « En ce qui concerne The Waste Land, c’est une chose du passé et je me sens tourné vers l’avenir et vers une nouvelle forme et un nouveau style », écrit-il à Richard Aldington en novembre de la même année.

En dépit de la forme complexe du poème, des changements brusques de narrateur, de temps, de lieux, en dépit des références nombreuses et élégiaques à d’autres cultures et d’autres religions, The Waste Land est devenu un phare de la littérature moderne dont certaines phrases sont entrées dans l’anglais courant : April is the cruellest month — « Avril est le mois le plus cruel » ; I will show you fear in a handful of dust — « Je vais vous montrer la peur en une poignée de poussières » ; ou Shantih shantih shantih.

La période qui suit sa conversion est, assez naturellement, religieuse, mais s’attache aussi à l’héritage britannique et à ses valeurs. En 1928, T.S. Eliot résume son sentiment dans la préface de son livre For Lancelot Andrewes : « Le point de vue général peut être décrit comme classique dans sa forme, royaliste dans ses idées et anglo-catholique [sic] dans ses convictions. » Cette période voit la publication du Mercredi des cendres – Ash Wednesday, du Voyage des mages – The Journey of the Magi et des Quatre Quatuors – Four Quartets, qu’Eliot considérait comme son chef-d’œuvre et qui est basé sur les quatre éléments et sur quatre aspects du temps : théologique, historique, physique et humain. Les Quatre Quatuors, écrits de 1935 à 1944, le signalent à l’attention des jurés du prix Nobel de littérature, lequel lui sera décerné en 1948.

Œuvres

Poésie et essais

Théâtre

Les pièces de théâtre écrites par Eliot, la plupart en vers.

Meurtre dans la cathédrale raconte la mort de Thomas Becket, Eliot raconte qu’il a été influencé, entre autres, par les œuvres du prêcheur Lancelot Andrewes. Cette œuvre a été créée en France et mise en scène par Jean Vilar en 1945 au théâtre du Vieux colombier à Paris, puis au festival d’Avignon. On a aussi pu en voir une version télévisée en 1967 (en noir et blanc), avec Alain Cuny dans le rôle principal.

Autres

Eliot est choisi pour faire partie du comité pour une nouvelle traduction de la Bible en anglais moderne.

En 1939, il publie un livre de poésie pour enfants, Old Possum’s Book of Practical Cats qui, après sa mort, fut utilisé dans la comédie musicale à succès, Cats d’Andrew Lloyd Webber.

Eliot est cité dans un épisode (L’Expérience Lazarus) de la série SF Doctor Who : « C’est ainsi que prend fin le monde, pas dans une explosion mais dans un murmure ».

Eliot est cité dans l’épisode 18 de la saison 5 de la série The Big Bang Theory : « C’est ainsi que prend fin le monde, pas avec une explosion mais avec un neveu».

Dans les films A love song for Bobby Long et IO, respectivement John Travolta et Margaret Qualley citent T.S. Eliot : « Jamais nous ne cesserons notre exploration et le terme de notre quête sera d’arriver à l’endroit que nous avons quitté et de le percevoir tel qu’il est. »

La compositrice russe Sofia Goubaïdoulina a écrit en 1987 un Hommage à T.S. Eliot pour octuor et soprano.

Le groupe de metal progressif français Hord rend très largement hommage au poète dans ses concepts albums, The Waste Land (2010) et The Book of Eliot (avril 2013).

La lettre encyclique Lumen fidei, du 5 juillet 2013, cite un poème d’Eliot dans lequel la foi est mise en relation avec l’existence d’une société éduquée : « Avez-vous peut-être besoin qu’on vous dise que même ces modestes succès / qui vous permettent d’être fiers d’une société éduquée / survivront difficilement à la foi à laquelle ils doivent leur signification3. »

Lors d’une scène de It Follows de David Robert Mitchell (2014), une professeure de littérature lit à voix haute le poème The Love Song of J. Alfred Prufrock. Le passage cité est une méditation sur la mort imminente, ce qui pourrait faire écho au danger se rapprochant de Jay, l’héroïne du film d’horreur.

Traductions françaises

  • Poésie, traduit par Pierre Leyris, Paris, Le Seuil, 1947, 1950, 1969.
  • Meurtre dans la cathédrale, traduit par Henri Fluchère, Paris, Le Seuil, 1949.
  • Essais Choisis, traduit par Henri Fluchère, Paris, Le Seuil, 1950.
  • La Coktail Party suivi de La Réunion de famille, traduit par Henri Fluchère, Paris, Le Seuil, 1952.
  • De la poésie et de quelques poètes, traduit par Henri Fluchère, Paris, Le Seuil, 1957.
  • Dante, traduit par Bernard Hœpffner, Climats, 1991
  • La Terre gaste, traduit par Michèle Pinson, lithographies de François Righi, Le Tailleur d’images, 1995
  • Ezra Pound, sa métrique et sa poésie, traduit par Philippe Blanchon, Éditions de la Nerthe, 2015

Récompenses

Racamier, psychanaliste du XXeme siècle. L’INCESTUEL : un concept clinique actuel

Périandre, fils du tyran Cypsélos, fut le second, et l’un des plus remarquables, tyran de Corinthe. Grâce à lui, Corinthe acquit une importance qu’elle ne devait plus jamais connaître après sa mort.

L’œuvre de Paul-Claude Racamier

Paul Claude Racamier fut l’un des plus grands psychanalystes du XXe siècle. Médecin psychiatre, il s’intéressa très tôt aux pathologies graves comme la psychose, que la psychanalyse jusque-là ne pouvait atteindre. Ses observations, publiées dans un livre qui est aujourd’hui une référence dans le domaine (Les Schizophrènes, Ed. Payot) témoignent d’une intelligence et d’une sensibilité impressionnantes envers ces malades « qui n’ont pas de toit pour leurs dieux intimes, ni de toile pour leurs spectacles intérieurs ». Très vite, il se rend compte que l’extraordinaire complexité du monde intérieur des psychotiques est le reflet quasiment direct des relations familiales tissées autour d’eux. Progressivement, il réalise l’importance de ces dynamiques dans les déterminants de cette pathologie. Parmi ces pathologies familiales, l’inceste ou ses variantes relationnelles nommées par lui incestualité, jouent un rôle primordial qu’il fut parmi les premiers à reconnaître et à distinguer du complexe d’Œdipe avec lequel il s’était trouvé, depuis Freud, trop souvent confondu. Ces approches touchent aux confins du psychisme, aux sources de la violence physique, psychique ou sexuelle, jamais abordées avec cette perspicacité. Pour les désigner, leur donner une forme, il créa alors de très nombreux concepts. Certains d’entre eux purent être élaborés avant son décès ; d’autres nous furent légués, à charge pour ses successeurs de les développer. Ces concepts ne sont pas que des « extensions » d’un corpus psychanalytique, mais bien la base d’une nouvelle discipline, issue de la psychanalyse. Comme elle, elle ne concerne pas que l’individu mais s’étend à la famille, au groupe, aux institutions et en définitive à la vie sociale tout entière.

C’est à cette tâche que se sont attelés les continuateurs qui, inspirés par sa personne ou par ses écrits, ont pu s’approprier ces outils. C’est à eux que s’adresse ce site qui devrait leur permettre d’approfondir leurs connaissances, mais aussi de mieux se connaître, se rencontrer et échanger pour poursuivre et développer cette œuvre.

L’INCESTUEL : UN CONCEPT CLINIQUE ACTUEL

L’incestuel est une notion conçue par P.-C. Racamier à partir de son travail avec les familles au sein de son institution pour patients psychotiques. Cependant, cette notion s’applique aussi à toute une sphère clinique qui comporte les patients psychotiques mais également les patients en qui l’association de symptômes et de signes psychotiques existe, sans pour autant que nous ayons affaire à une psychose franche. Ceci n’est pas sans conséquences en ce qui concerne l’optique de travail avec ces patients.

Freud nous a donné des troubles mentaux une approche essentiellement intra-psychique. Malgré ses travaux sur la psychose et la perversion, son référent reste la névrose. Dans la névrose, la conflictualité interne se joue entre désir et loi. Il n’en est pas de même avec les pathologies non névrotiques, narcissiques ou identitaires, centrées sur le mal-être et la dépression et qui recouvrent tout l’éventail des états limites, avec la prévalence des troubles relationnels, caractériels, des agirs, des addictions et des somatisations diverses ainsi que des troubles de la personnalité allant des inhibitions simples aux troubles de la pensée et aux délires.

Cette notion est issue de sa réflexion sur la psychose. L’œdipe était en psychanalyse la seule référence reconnue et même admise, tant en théorie qu’au regard des techniques de la cure. Racamier sera conduit à réfléchir sur la validité de ce modèle dans la psychose.

On en était à poser que si dans la névrose l’œdipe se présente toujours en quelque sorte masqué par des procédés de déplacement et de condensation, dans les états psychotiques il semble que « l’œdipe éclate à ciel ouvert, cru, sans faille, bref, sans refoulement… P.-C. Racamier d’affirmer :

« L’œdipe se crée une voie difficile à travers des structures qui ne lui correspondent pas, chez certains on perçoit une teinture d’œdipe. Souvent chez des sujets borderline on assiste à une fuite en avant vers un œdipe de couverture, qui s’instaure comme défense contre des angoisses archa ïques (voir les érotomanes qui parlent de leur père quand elles n’ont que leur mère dans la tête). Ainsi pour comprendre ces états limites l’œdipe ne faisait pas l’affaire, le pré-œdipe non plus. » C’est un tel cheminement qui a conduit au concept d’incestualité.

L’incestuel, pour P.-C. Racamier qualifie « ce qui dans la vie psychique individuelle et familiale porte l’empreinte de l’inceste non fantasmé, sans qu’en soient nécessairement accomplies les formes génitales ». L’accent doit porter ici sur « non fantasmé ». L’inceste fantasmé, comme le meurtre fantasmé – nous y reviendrons – définit en effet l’œdipe. L’inceste et l’incestuel ne relèvent pas du fantasme (du moins pas du fantasme mental) mais de l’agir (du fantasme agi).

À l’œdipe, P.-C. Racamier oppose l’inceste : « L’inceste n’est pas l’œdipe, il en est même tout le contraire. » 

Pourtant, l’inceste ne se trouve pas nécessairement dans toutes les familles de psychotiques. L’originalité de sa pensée est d’introduire un nouveau concept. Il en va autrement avec l’incestuel, car il permet une généralisation, non seulement aux familles psychotiques, mais également à de nombreuses autres familles non psychotiques. L’incestuel ou l’incestualité permet de généraliser la problématique incestueuse à la majeure partie des pathologies non névrotiques. L’opposition entre l’œdipe, d’une part, et l’inceste, d’autre part, repose sur cette différence essentielle entre le fantasme mental et l’agir.

La relation incestuelle se définit comme « une relation extrêmement étroite, indissoluble, entre deux personnes que pourrait unir un inceste et qui cependant ne l’accomplissent pas, mais qui s’en donnent l’équivalent sous une forme apparemment banale et bénigne » (1992). Ainsi, l’incestuel est-il un vaste registre qui recouvre une aire dont les schizophrénies ne constituent qu’une province, et dont les ressorts ne se découvrent pleinement qu’au sein d’un contexte familial et dans la perspective de plusieurs générations.

INCESTE ET ŒDIPE

« L’inceste n’est pas du registre de l’œdipe, Il n’a rien à faire du tabou de l’inceste. Il n’est pas non plus du registre de la castration » : opposer l’œdipe à l’inceste peut être illustré par la confrontation de deux personnages : Œdipe et Périandre. Le mythe et la mythologie d’Œdipe dont nous ne reprendrons pas ici les différents épisodes, relèvent à la fois de l’acte et du fantasme. Fantasme, parce qu’il est question d’un mythe, acte, parce qu’il décrit un inceste : inceste ignoré de ses protagonistes qui en apprenant leur délit se punissent, l’un par la mort et l’autre par la cécité et donc expient leur faute. L’œdipe apparaît ainsi comme à la jointure de l’acte et du fantasme, il implique également la reconnaissance de la culpabilité.

Toute différente est l’histoire de Périandre, ce jeune homme devenu roi et qui tenta de s’émanciper de sa mère, mais celle-ci ne l’entendit pas ainsi et souhaitant conserver l’amour exclusif de son fils, elle tenta de le séduire afin qu’il ne puisse jamais se séparer d’elle. Elle mit au point le stratagème suivant : elle lui annonça qu’une femme amoureuse de lui viendrait le rejoindre la nuit sur sa couche et qu’elle serait masquée afin de conserver l’anonymat. La mère séductrice utilise alors ce subterfuge et pour séduire son fils, va le rejoindre dans son lit sans se faire reconnaître. Résolu à percer ce mystère, Périandre découvrit que cette amante merveilleuse était sa mère. L’histoire illustre les conséquences d’un acte auquel, par complaisance il avait participé, en effet, lui qui avait été un jeune monarque plein de promesses devint alors un épouvantable tyran.

Ce qui différencie l’œdipe de l’inceste c’est qu’ici il y a un secret qui fait alliance avec un déni, le déni de la faute, le déni de la culpabilité. Si Périandre est aveugle c’est parce qu’il le veut bien : l’obscurité dans laquelle l’inceste a lieu symbolise son désir de ne pas voir. Tout inceste fait alliance avec le déni à travers une technique, celle du non-dit. À la différence de l’œdipe et de son cortège de rêves et de fantasmes, l’inceste s’effectue sur un fond de deuil impossible à faire ; il est une mise en acte, hors psyché qui vise à éviter toute souffrance psychique liée à la conflictualité.

La mère de Périandre a recours à l’inceste, car elle est incapable de renoncer à la possession exclusive de son fils : ce deuil est impossible à faire. C’est ainsi que P.-C. Racamier affirme :

« Le patient qui couche avec sa mère le fait non parce qu’il la désire, mais au contraire pour éviter de la désirer. L’acte pare au fantasme : l’inceste a une fonction, celui de pare-feu libidinal. En exauçant le désir il vise à le tarir, évacué d’avance le désir sera satisfait sans fantasme. Il ne reste rien à désirer. »

L’INCESTUEL DÉFINI COMME UN ÉQUIVALENT D’INCESTE

Par opposition à l’inceste, l’incestuel se définit comme un équivalent d’inceste. « L’incestueux dans ce que nous connaissons d’ordinaire en analyse c’est le fantasme et le produit d’une symbolisation, tandis que l’incestuel ne résulte d’aucune symbolisation. Il est tout dans l’agir, pas forcément dans le génital de l’inceste, mais plus souvent dans des équivalentsd’inceste qui sont des comportements à travers lesquels une relation de nature incestuelle transite. »

Il faut souligner que cette notion d’équivalent impose l’idée que nous ne sommes pas dans le déplacement ni dans le symbole : en aucun cas, l’incestuel ne pourrait être un substitut déguisé de l’œdipe ! Les rêves où l’inceste se donne à voir à ciel ouvert sans aucun travail de déformation ne sont pas des rêves œdipiens mais incestueux. Ils ne procèdent d’aucun travail de symbolisation.

L’INCESTUEL ET LE PROBLÈME DU FANTASME

À la vérité, la connaissance que nous avons du fantasme et de sa nature est intimement liée à celle du complexe d’Œdipe. En effet, on ne comprend l’œdipe qu’à travers ses fantasmes et l’on ne connaît le fantasme que par l’œdipe.

À l’inverse, l’incestuel constitue un registre qui se substitue à celui du fantasme et se tourne vers la mise en acte.

Ce qui est frappant dans l’incestuel c’est qu’il est tueur de fantasme. L’incestuel ne s’image pas, ne se représente pas, ne se fantasme pas. Il peut être repérable à partir d’un constat clinique, celui du vide de la pensée. Il renvoie à ces patients difficiles qui expriment un vague malaise mais n’associent pas : on a parlé de pensée blanche, de pensée opératoire. On s’aperçoit que bien souvent ces patients n’ont rien à dire, non en raison d’une carence ou d’un défaut de mentalisation mais de ce qu’ils vivent et ont toujours vécu sous l’impact d’un interdit qui porte sur la vérité. Quand nous invoquons la pensée blanche, nous sommes bien souvent sous le coup d’une collusion avec le patient lui-même prisonnier d’une injonction interne à ne pas parler. C’est, croyons-nous, un des aspects du transfert incestuel.

C’est ce qui fait toute la différence avec l’œdipe, car si nous connaissons l’œdipe, c’est à travers les fantasmes qui le composent et qui l’organisent. Rappelons que dans le champ de la névrose, on a affaire à une sexualité fantasmatique inconsciente en rapport avec ce complexe alors que dans les structures non névrotiques, il s’agit d’une sexualité agie qui se situe hors du champ de l’œdipe et qui ne peut parvenir à s’organiser en fantasme.

Le fantasme est comme on sait, construit sur le modèle d’un scénario ; son modèle inconscient universel est constitué par la scène primitive, et le plus célèbre exemple de ce scénario conscient est représenté par le roman familial. Rappelons qu’il est « une mise en scène dans la psyché, que cette mise en scène comporte un cadre (celui de la psyché), des origines et un développement qui comporte des variations et des rejetons. Ceux-ci s’organisent sur le mode d’un réseau au fonctionnement réticulé : la scène primitive s’articule à la séduction, qui elle-même s’articule à la castration », etc.

« D’autre part, le fantasme est soumis à la double loi du refoulement et du retour du refoulé. Il sera conscient ou inconscient, communiqué ou gardé secret, mais en aucun cas il ne perdra sa double qualité d’être un objet intra-psychique avec des origines. » 

À l’inverse de ce qui se passe dans une structure œdipienne, il y a dans l’incestuel une incapacité toute particulière à pouvoir se situer par rapport à une scène originaire et sur le plan psychique à produire, pourrait-on dire, une scène originaire. Les fantasmes produits n’obéissent guère aux caractéristiques propres aux fantasmes mais sont de l’ordre de l’arrêt sur image. Racamier a produit un concept propre à rendre compte de cette carence fantasmatique inhérente à l’incestuel à travers la notion de fantasme / non-fantasme.

Il le définit comme une « formation intermédiaire entre le fantasme et l’éprouvé brut ». C’est « une formation qui du fantasme emprunte la place sans en posséder la propriété non plus qu’en remplir les fonctions ». À la différence du fantasme, « il est tout d’une pièce et non ramifié, agissant mais non scénarisé, transmissible, mais non communicable, enté sur le corps mais prêt à s’agripper au corps de l’autre ».

LA BANALISATION

La banalisation apparaît comme un obstacle majeur à la possibilité de repérer l’incestuel dans la clinique : la banalisation à voir avec ce que P..C. Racamier appelait « dénis diaphragmés ». Cette banalisation est fréquente chez les pervers qui tentent de faire passer pour normales, voire naturelles des conduites ou des situations familiales dans lesquelles des liens incestuels, voire incestueux sont à préserver à tout prix et qu’il faut soustraire au regard du clinicien. Le plus souvent, cette banalisation entretient un lien avec le déni de sens.

Un couple vient consulter à la demande de Madame qui menace de divorcer en raison d’une incapacité de son mari à imposer la loi face à leurs trois adolescents. C’est elle qui doit assumer une fonction d’autorité au sein de la famille et si ce n’est elle, c’est leur fils aîné âgé de 16 ans qui ne manque pas de réprimander et de punir les cadets. Il apparaît que l’échec scolaire de cet aîné est mis en parallèle avec une faillite de l’autorité maternelle vis-à-vis de lui. Si madame consulte c’est parce qu’elle ne parvient plus à se faire obéir.

Nous apprenons que Monsieur ne parvient guère, face à ses fils, à revendiquer sa place à table. Il est par ailleurs incapable de les contraindre à rentrer à une certaine heure ou à ranger leur chambre. Quand la famille regarde la télévision, les fils s’alanguissent sur le seul canapé de la maison, ce qui contraint Monsieur à se contenter d’une chaise. Il dit que c’est pour lui plus confortable mais en réalité il souhaite éviter tout conflit avec ses enfants.

Ces problèmes de place et d’interchangeabilité des places révèlent une famille aux différences générationnelles brouillées. Nous apprendrons par ailleurs que la seule télévision de la maison est installée dans la chambre à coucher des parents. Cette chambre est devenue de ce fait un lieu de rencontre de toute la famille, des enfants et des amis des enfants, la télévision étant le prétexte à toutes les intrusions au point que ceux-ci n’hésitent pas à se vautrer sur le lit conjugal pour regarder telle série télévisée ou tel dessin animé : la confusion entre l’espace privé et public est prévalente et révélatrice d’incestualité.

LES OBJETS INCESTUEL

Nous venons de parler du climat incestuel qui court dans certaines familles. Il faut dire qu’il y a aussi des objets qui expriment le caractère incestuel d’une relation, ces objets incestuels ont l’intérêt de mettre en évidence un fonctionnement mental régi par la concrétude. Ce sont bien souvent, les objets échangés, les comportements qui se substituent à la pensée et à l’affect.

Parmi ces objets, l’argent occupe une place centrale, mais on peut également citer les vêtements, les bijoux, la nourriture : ces objets d’échange sont une façon d’entretenir une relation incestuelle à défaut d’entrer dans un inceste proprement dit ; mentionnons également le travail scolaire qui peut être utilisé comme prétexte d’un rapprochement physique ou d’une relation d’emprise entre un enfant et un parent.

Ces objets incestuels doivent être distingués de la relation incestuelle qui peut s’effectuer essentiellement à travers les contacts de peau à peau et le regard. Ils peuvent être également des objets impalpables et prégnants comme des symptômes (anorexie, par ex). Ces objets n’ont pas valeur de symboles mais ont plutôt une fonction d’amulettes, de gris-gris, ou de fétiches et imposent l’idée d’une relation fétichisée.

L’argent

Racamier évoque un couple : « Chacun se plaint de la désaffection de l’autre. Père et fille sont tous deux absorbés par des affaires d’argent. Ils palpent avec ardeur des chèques des comptes et des billets. Un air insidieusement indécent flotte autour de ces échanges. Lorsque vous tentez d’en faire un commentaire, vous êtes rabroué comme si vous aviez commis une inconvenance. Tous deux père et fille quittent alors la pièce. La mère les suivra. » L’auteur commente de la façon suivante :

« Lorsque vous comprenez qu’en croyant aborder une banalité vous avez porté la main sur un secret d’alcôve, l’erreur était déjà commise : c’est une relation incestuelle qui s’est déroulée sous vos yeux. »

Cette dimension incestuelle liée à l’argent est présente dans certains couples où bien souvent le fantasme de prostitution est évoqué à propos des relations sexuelles. Telle épouse reprochera à son mari de la payer avec des cadeaux pour obtenir qu’elle couche avec lui.

La nourriture

Dans les familles anorexiques, il est banal de constater l’importance énorme accordée à la nourriture comme moyen privilégié d’expression des liens d’amour et de haine entre les membres. Cette concrétude dispense de la parole et abolit l’effort pour penser. Avec l’incorporation qui caractérise le fonctionnement anorexique, la dimension symbolique des mots ou des conduites s’abrase au profit de comportements ou d’agirs autour de l’acte de se nourrir.

Avaler, cracher, refuser d’ouvrir la bouche sont autant d’expressions agies de l’amour et de la haine. Le langage familial de l’incorporation a ceci de particulier qu’il est fait non de signes articulés mais de signaux (par ex. les variations de poids sur balance) : en effet par le comportement on ne signifie pas, on indique.

Dans tous les cas, pour la mère de l’enfant présentant des troubles alimentaires, il s’agit, au travers de l’objet incestuel nourriture, de pénétrer le corps de celui-ci et d’avoir la haute main sur tout ce qui entre et qui sort du corps de son enfant. C’est pourquoi, celui-ci, par son refus alimentaire, tente se déprendre de cette emprise et gagner son individualité.

CADRE FAMILIAL INCESTUEL

L’exploration de ce concept implique une approche de la maladie mentale sous l’égide de sa dimension relationnelle ou transsubjective. C’est en 1983 que Racamier a mis en évidence la dimension interactive présente dans la psychose :

« Un problème s’est posé à moi, qui était de savoir si une organisation psychotique pouvait se reconnaître et se comprendre psychanalytiquement parlant, comme une entité autonome et capable de fonctionner seule à son propre compte ; or, j’avais déjà résolu cette question : je savais qu’une schizophrénie par exemple est un processus ouvert, béant, branché sur l’entourage, étroitement articulé à lui, je le savais depuis les années 1950, à l’encontre de la perspective courante en psychanalyse, qui envisageait la psyché uniquement comme un appareil autonome. »

La confusion

Par opposition au cadre œdipien on peut introduire l’idée d’un cadre familial incestuel : il réside comme on l’a vu dans une confusion des places au sein de la famille : père qui occupe la position de la mère, mère qui occupe la position du père, gendre qui occupe la position du fils, enfant qui occupe une position parentale : ces confusions de places conduisent à d’autres confusions, celles qui portent sur la différence des sexes, sur la différence des générations ou sur les deux à la fois. Ces confusions de places ou de positions sont motivées par le désir de permettre la poursuite ou la reviviscence d’une relation de séduction narcissique (dont il sera question plus loin). La position atypique d’un seul membre conditionne la position atypique de tous les autres membres de la famille, ce qui aboutit à la constitution d’un cadre familial dans lequel la relation incestuelle se trouve déposée. Et si cette relation est cachée secrète c’est parce qu’elle appartient à ce cadre non perçu : Il s’agit là d’une caractéristique générale de l’incestuel.

La paradoxalité

Celle-ci se trouve inscrite au cœur même de l’incestuel. Le couple incestuel est un couple non couple. L’anorexique refuse de se nourrir et se laisse mourir pour parvenir à vivre. Dans la séduction narcissique, telle mère incestuelle tente de préserver entre elle et son enfant un univers à l’abri des excitations du monde interne et externe faisant prévaloir un ordre libidinal étale et non pulsionnel mais en même temps, par certains de ses comportements, elle peut produire un état permanent d’excitation chez son enfant qui a des incidences graves sur son fonctionnement mental comme des troubles comportementaux ou un défaut de symbolisation, surtout, le lien incestuel est sexuel non sexuel.

L’atmosphère qui règne dans les familles incestuelles est à la fois saturée de sexualité latente et marquée de la plus grande pudibonderie : c’est ainsi qu’on pourra, comme dans la famille d’une patiente, éteindre la télévision pour épargner aux enfants la vue d’une scène d’amour, mais aller avec toute la famille passer régulièrement les vacances dans un camp de nudistes.

L’autorité n’y est pas reconnue de même que l’altérité. Les enfants de ces familles sont des enfants mais en même temps ils peuvent se poser comme parents des parents ou du moins remplir telle ou telle fonction parentale. Le fonctionnement incestuel est le plus souvent difficilement perceptible, il est parfois simplement indiqué par le fait que les enfants n’appellent pas leurs parents papa et maman mais les désignent par leurs prénoms.

La distinction entre le familier et l’étranger est confuse. Il est arrivé à une famille très incestuelle de ramener en séance de thérapie familiale un ami qui se trouvait chez eux à l’heure de la séance. Tout le monde s’est entendu pour tenter de banaliser l’arrivée de cet intrus dans la séance, mais on peut comprendre cet acting non seulement comme l’expression d’une confusion entre l’étranger et le familier, mais également comme une manœuvre perverse propre à attaquer la séance en semant la confusion.

Le défaut de limite

Comme on le voit dans l’exemple ci-dessus, les frontières entre les êtres sont mal définies. La confusion des identités est importante : telle mère met un pull quand son fils a froid. Telle autre mère se nourrit à travers ses enfants, elle prend plaisir à nourrir tout le monde sans se nourrir elle-même, se nourrissant ainsi à travers les autres par procuration. La confusion des identités est importante. Il n’y a pas de limites entre vie privée et vie familiale. La porte de la chambre à coucher des parents ne ferme pas, les enfants ne sont pas protégés de la sexualité des parents. D’aucuns pourront parler d’immersion dans la scène primitive, en réalité il n’y a pas chez ces patients de capacité à se situer par rapport à une scène primitive. À la place de celle-ci, ce qui est donné à voir de façon non représentée mais agie, c’est une scène incestueuse.

Un exemple clinique assez classique et assez représentatif de ces confusions est celui des parents qui, en prenant leurs enfants pour confidents de leur vie sexuelle de couple, les immergent dans le lit conjugal : la mère de telle patiente atteinte de phobies d’impulsions lui avait beaucoup parlé des difficultés relationnelles et sexuelles de sa vie de couple au point que la patiente avait pris une part active dans les conflits de ses parents.

Il est fréquent de constater combien certaines patientes qui viennent consulter se plaignent de la façon dont, étant enfant, elles se sont trouvées impliquées dans la vie sexuelle des parents. Ces confidences du parent, d’une certaine façon, flatteuses pour l’enfant sont, en fait une cadeau empoisonné car elles ont comme effet paradoxal de détruire la sexualité de l’enfant en question.

L’intrusion

L’angoisse d’intrusion est au premier plan chez tout sujet prisonnier d’une relation incestuelle, elle l’est tout particulièrement dans l’anorexie. Pour faire front à l’intrusivité de la famille, le corps de l’anorexique devient une forteresse : ne faut-il pas des parois épaisses pour se protéger contre l’attaque éventuelle de dangereux assaillants ? Ainsi pour l’anorexique, la carapace caractérielle s’érige comme moyen de protection de son individualité. Celle-ci est une réaction à l’indétermination des limites et des différenciations entre les êtres qui règne dans la famille .

Nous voyons souvent côtoyer avec l’anorexie et la boulimie une tendance antisociale dont le principal motif est l’angoisse d’intrusion.

Aussi, l’indétermination des limites débouche-t-elle sur une position paradoxale en ce qui concerne le réglage des ouvertures et des fermetures des orifices du corps par rapport au monde extérieur. Dans ce domaine règne la plus complète paradoxalité : s’ouvrir c’est courir le risque d’être envahi par un ennemi intrusif et destructeur, se fermer c’est courir le risque de périr d’inanition et d’appauvrissement. Ceci est particulièrement visible dans la famille anorexique qui par son renfermement se défend avec force contre l’altérité. Ainsi, une trop grande ouverture au monde extérieur est génératrice d’un désordre qui pourrait déboucher sur le démembrement familial, mais une complète fermeture aurait des conséquences désastreuses et serait porteuse de destruction et de mort.

Que ce soit chez le sujet ou dans la famille, les défenses mises en place contre l’intrusivité pleinement agissante des différents membres conduisent à des procédures d’enfermement, au contrôle scrupuleux des entrées et des sorties afin de ne pas laisser son organisation interne menacée par la présence intrusive de l’autre.

L’engrènement

Une des formes prise par cette intrusivité est l’engrènement. Nous en avons un exemple admirable dans Le crime des sœurs Papin repris par Jean Genet dans Les bonnes.

« L’engrènement est ce processus par lequel les rouages d’une psyché semblent se mettre en prise directe sur ceux d’une autre sans que puissent intervenir ni les intermédiaires fantasmatiques ni les médiations familiales, ni même enfin les médiations culturelles. » 

L’engrènement est proche de l’identification projective, mais alors que dans l’identification projective ce sont des sentiments et des émotions dont le sujet se débarrasse et qu’il fait éprouver à l’autre, l’engrènement est de l’ordre de l’agir, du faire agir : c’est une sorte de circuit interactif qui s’instaure, faisant abstraction de toute pensée.

J’ai eu en thérapie familiale une famille dont l’un des enfants, adolescent, avait commis plusieurs larcins dont celui, motif principal de la demande, de voler une voiture. Ce n’est qu’au bout de quelques mois de traitement familial que j’ai pu comprendre comment cet adolescent, par ses agirs, se constituait comme le bras armé de son père et exprimait les aspects délinquants réprimés de ce dernier, homme honorable à l’abri de tout soupçon.

Le cas Schreber peut être vu à la lumière de l’engrènement : un lien incestuel extrêmement puissant liait Schreber à son père. Non seulement le père avait la haute main sur tout ce qui concernait le corps de son fils (ceci avec la complicité maternelle), mais il avait également une prise directe sur son âme au point qu’il est possible d’avancer que le fils réalisait par son aliénation et son délire l’homosexualité complètement réprimée de son père. Ainsi, l’incestualité poussée dans ses derniers retranchements peut conduire un fils à agir ou à délirer en lieu et place de son père, lui épargnant ainsi la folie 

L’INCESTUEL ET LE PROBLÈME DE LA SÉDUCTION

Dans les débuts de son œuvre, à partir du récit de ses patients, Freud en vint à imputer leurs symptômes névrotiques à des traumatismes sexuels subis au cours de leur enfance ; comme on sait, il fut conduit à abandonner sa théorie de la séduction (neurotica) fondée sur une réalité vécue au profit de fantasmes. Dans un de ses derniers écrits, il nous dit : « À l’époque où l’on s’attachait surtout à découvrir les traumatismes sexuels de l’enfance, presque toutes mes patientes me déclaraient avoir été séduites par leur père. J’en vins à conclure que ces affirmations étaient fausses et j’appris ainsi que les symptômes hystériques découlaient non de faits réels mais de fantasmes. Plus tard seulement, je me rendis compte que ces fantasmes de séduction par le père étaient chez la femme l’expression du complexe d’Œdipe typique. » 

L’abandon de la neurotica se justifie, car il s’agit bien d’hystérie, il s’agit bien de fantasmes de séduction et non de séduction réelle. Ainsi Freud met en relation très étroite trois facteurs : le fantasme, la névrose et l’œdipe. Dans tous les cas cliniques imposant l’idée d’une organisation œdipienne, on est dans la névrose, la séduction est de l’ordre du fantasme, en cela je suis entièrement d’accord avec Freud, mais il en va tout autrement en ce qui concerne la séduction réelle, ce cas de figure impose l’idée que l’on n’est ni dans le champ de la névrose ni de l’œdipe (où l’abandon de la neurotica se justifie) ; on est en effet dans le champ des problématiques non névrotiques dans laquelle la neurotica garde toute son importance, ce que le concept d’incestualité vient affirmer ou reprend d’une autre façon.

Cependant, même dans la névrose on peut affirmer un grain d’incestualité comme Freud a pu insister sur le fait qu’il fallait un grain de sable (un élément de névrose actuelle) pour que se constitue la perle de la psycho-névrose. En ce qui concerne notre question, ce grain de sable est pour le moins constitué par la séduction originaire, c’est-à-dire la relation incestueuse de la mère avec son bébé, dont il sera question on plus loin 

Ce qui est présent dans l’incestuel c’est la reconnaissance d’une séduction réelle, extrêmement agissante, mais qui n’exclut nullement les répercussions internes du traumatisme.

Ainsi l’incestualité présente dans une famille a-t-elle des effets traumatiques et marque-t-elle de son empreinte le fonctionnement psychique individuel qui l’internalise.

Racamier fait dériver l’incestuel d’une relation de séduction narcissique vouée à ne pas se résoudre. La séduction narcissique apparaît ainsi comme un concept central susceptible dans certaines conditions d’être à l’origine d’incestualité.

Mais il faut distinguer séduction sexuelle et séduction narcissique.

Rappelons que dans le cadre de la théorie freudienne de la séduction, la séduction imposée par l’adulte à un enfant est de nature sexuelle. Mais il existe une relation de séduction normale qui concerne les premiers émois en rapport avec les soins maternels : il faut souligner le caractère structurant de la séduction du bébé par la mère et de la mère par le bébé. C’est ainsi qu’il existe une incestualité normale : l’exemple des soins maternels en est une illustration : les soins maternels donnés au bébé font dire à Freud que la mère est la première séductrice, mais quoi de plus normal et de plus souhaitable que ce contact peau à peau s’il s’accompagne de l’interpénétration suffisamment bonne dans laquelle le regard joue un rôle déterminant, cette incestualité normale conditionne l’évolution favorable des auto-érotismes.

Cette séduction est nécessaire, voire vitale, dans les débuts de la vie ; réussie, elle doit conduire au deuil originaire où mère et enfant parviennent à se déprendre de leur lien. Il peut arriver que cette relation primaire n’ait pas été suffisamment satisfaisante, elle risque alors de déboucher sur un deuil impossible : voici les conditions propres à générer de l’incestualité.

Le sexuel n’intervient pas dans la séduction narcissique. L’ordre libidinal dont elle émane est étale, presque uniforme, non pulsionnel. Cette séduction se constitue comme l’antidote du deuil originaire et du fait du développement, elle peut se sexualiser au point de pouvoir se transformer parfois en relation incestueuse.

C’est pourquoi Racamier dit que l’incestuel « accomplit l’exploit remarquable de cumuler en lui attrait sexuel et attrait narcissique ».

L’incestuel apparaît lorsque le deuil originaire est impossible. On peut mettre cette difficulté sur le compte d’une relation de séduction narcissique manquée, insatisfaisante, et qui pour cette raison doit continuer, perdurer. Tout cela est une question d’âge et de limites. La dimension temporelle est importante dans la question de l’incestuel, ce qui peut paraître comme allant de soi dans l’enfance ne peut plus continuer à l’être par la suite.

Cette question de temporalité est importante car elle constitue le trait distinctif entre l’incestualité normale et l’incestualité pathologique.

Écoutons ce que dit P.-C. Racamier : « Le désir qui chez la mère la pousse à séduire narcissiquement son enfant est que cet enfant reste une partie d’elle-même, physiquement et psychiquement et qu’à eux deux ils forment un organisme omnipotent défiant toute autre présence et toute autre loi, ainsi l’enfant narcissiquement séduit doit être comme s’il n’était pas né, en tout cas comme s’il n’avait pas été engendré : la représentation du père et du sexe du père est exclue. » 

On peut dire qu’une telle relation, fait faire à la mère l’économie de l’œdipe, de l’ambivalence et du sentiment de dépossession, de perte et de deuil qu’infligent la croissance de l’enfant et son évolution vers l’autonomie. La mère vise alors à faire de l’enfant sa chose, son instrument, sa propriété. L’enfant doit demeurer quant à lui une partie intégrante de cette organisation maternelle au titre d’un organe vital.

Ainsi une des finalités visée dans cette relation est de tarir le désir chez le partenaire narcissique : il s’agit de tarir le désir que l’objet pourrait à la fois éprouver, inspirer et représenter. Ce qui en résulte pour le séduit c’est de faire partie intégrante de l’objet séducteur, de prendre ainsi statut de fétiche. Son statut est celui d’un « objet – non-objet ».

« Ainsi, la séduction narcissique combat le sexuel comme son ennemi le plus intime. Son ultime combat contre le sexuel est l’inceste. »

L’INCESTUEL ET LA THÉORIE SEXUELLE

La question se pose de savoir de quelle sexualité il est question dans l’incestuel. On peut opposer l’incestualité à l’inceste génitalisé : nous sommes dans un registre qui est paradoxal, celui du sexuel non sexuel.

Avec Freud, nous assistons à une extension du concept de sexualité qui ne se limite pas seulement au génital mais aussi à l’anal, l’oral puis à toute la surface du corps comprenant les zones érogènes jusqu’aux organes internes et même jusqu’aux diverses fonctions, celles-ci n’étant pas limitées à l’alimentation et à l’excrétion, mais encore à la respiration par exemple, aux fonctions intellectuelles et sensorielles.

Ainsi, avec l’incestuel, on ne se trouve pas limité à des rapports génitaux comme c’est le cas dans l’inceste mais tous les aspects non génitaux de la sexualité se trouvent mis en jeu.

Un exemple clinique est propre à illustrer le caractère incestuel de la relation mère/fils. Jean-Paul est l’aîné d’une famille de six garçons. Il est venu demander une analyse en raison de problèmes sexuels en rapport avec une éjaculation précoce. Il me dit qu’il a souvent été dans le lit de sa mère jusqu’à une période avancée de son adolescence.Très peu de temps après le début de son analyse, il a le fantasme que nous nous retrouvons tous deux sur le divan amoureusement enlacés. Je suis frappée par le caractère très cru de ce fantasme et j’évoque un souvenir qu’il avait raconté quelque temps auparavant : couché aux côtés de sa mère, il avait tenté de lui caresser les seins et celle-ci lui avait dit : « Arrête, ton père pourrait arriver. » Elle sous-entendait par là que le seul obstacle à ces caresses était extérieur.

Ce serait une erreur de penser que cette mère est œdipienne, car tout en posant l’interdit, elle lui laisse entendre que cela pourrait être possible : la limite est posée mais non comme venant d’elle, cette limite n’étant pas le fait d’une véritable introjection de la loi interdictrice, mais elle est posée comme venue d’une instance extérieure, le père (appréhendé comme empêcheur), et produite par la seule peur du gendarme. Ce qui est incestuel c’est qu’une telle parole laissait entendre à l’enfant qu’il était, que la relation pouvait être considérée comme tout à fait possible.

J’avais souligné d’ailleurs à ce patient que sa mère lui parlait non pas comme une mère à son fils mais comme une femme à un amant qui risquerait d’être surpris par la venue du mari.

Il est alors conduit à me dire que sa mère en épousant son père souhaitait surtout avoir des enfants, reprenant ce qu’elle lui a souvent dit, il avait ajouté que sa venue au monde pour elle a été « le plus beau jour de sa vie ».

Nous voyons dans cet exemple comment la séduction narcissique peut trouver à se prolonger dans une relation fortement marquée par l’incestualité. Jean-Paul, par ces paroles a été séduit, porté aux nues par cette mère séductrice mais on voit de quelle façon, sans doute a-t-il payé ce statut d’exceptionnalité par une impuissance sexuelle. L’incestualité importante qui a régné et qui règne toujours dans ses relations à sa mère renvoient à un état d’inaccomplissement, celui-là même qu’il a dû éprouver lorsque dans le lit de sa mère il s’est trouvé incapable de la satisfaire 

L’angoisse qu’il éprouve quand il est au lit avec une femme est réactivée par le souvenir de celle qui a accompagné l’excitation produite par la proximité du corps de sa mère si proche et presque offert, tout en étant interdit.

La position paradoxale dans laquelle s’est trouvé ce patient du fait même de l’incestualité de sa mère, se traduit par une position non moins paradoxale dans sa relation amoureuse d’adulte car, tout en sollicitant sans arrêt sa compagne actuelle pour faire l’amour, il ne supporte pas le désir de celle-ci.

L’éjaculation précoce dont il est atteint pourrait évoquer la menace de castration par le père. Mais il semble que derrière son inhibition à pénétrer une femme se cache la peur d’être aspiré par un vagin excité, d’où son impossibilité de faire face au désir d’une partenaire. On voit les composantes prégénitales en jeu dans cette sorte de régression : composante anale dans la perte de la maîtrise de l’érection, composante orale dans la peur d’être dévoré, aspiré par un vagin excité.

INCESTUALITÉ ET TRAUMATISME

L’incestualité désigne un climat familial dans lequel l’enfant est amené contre son gré, mais par une violence encore plus pernicieuse que dans l’inceste, à accueillir les désirs sexuels d’un ou des deux parents abuseurs et à les satisfaire au prix de sa propre sexualité.

Il constitue une forme de ce que l’on est en droit d’appeler un « meurtre psychique ». Cette notion n’est pas éloignée de ce que J.-P. Caillot a désigné comme relevant du registre de l’incestuel meurtrier. 

Ce qui est en jeu c’est le narcissisme : pour ses parents, l’enfant n’a pas statut de personne mais de faire-valoir. Il est un instrument au service de leur narcissisme. En ce sens, on pourra autant parler d’abus narcissique que d’abus sexuel.

Avec l’incestuel nous sommes aux confins d’une conception traumatique du psychisme qui, loin de considérer le traumatisme comme un choc ayant eu lieu une fois, loin de le voir comme un acte isolé s’approche plutôt d’un mode de vie d’une constellation relationnelle permanente au degré constant de toxicité. Dans un tel contexte, nous ne sommes pas éloignés d’une conception qui voit dans l’incestualité une manifestation de perversité au sein de certaines familles où elle se donne comme une sorte de norme quotidienne, constamment banalisée mais dont l’effet est la destruction et le saccage psychique. Nous sortons en effet du registre de la perversion sexuelle car la finalité de telles relations est de ne laisser à l’autre aucune place pour être, la finalité étant pour reprendre l’expression d’André Green de « désobjectaliser, de retirer à cet autre sa propriété de semblable humain » .

CONCLUSION

Nous terminerons par la question : L’incestuel pour quoi faire ?

La difficulté à cerner cette notion dans la clinique vient de ce qu’elle est marquée du sceau du quotidien et du banal, le reproche en effet que certains font à l’incestuel c’est l’idée qu’il se rencontre partout et que si tout est incestuel, alors plus rien ne l’est ; mais comme on l’a vu l’incestuel n’est que l’excès et la poursuite indue de quelque chose de normal et de positif.

L’incestuel est un concept qui permet de rendre compte du rôle joué par les relations familiales inter ou transgénérationnelles dans la constitution d’un délire d’une somatisation ou d’une addiction. Cette notion a une valeur opératoire, elle permet d’aiguiser le regard clinique sur des formes de pathologie non marquées par l’œdipe dont les manifestations sont en proximité avec les perversions. Ainsi l’incestuel peut nous donner la clé de pathologies jusqu’alors obscures, parfois mal comprises, psychotiques, perverses et parfois meurtrières.

Il peut ne pas nettement se repérer car il est souvent mêlé à d’autres aspects plus œdipiens. Il ne se rencontre jamais à l’état pur : l’incestualité ne recouvre jamais entièrement la vie psychique d’une personne ou d’une famille, elle se trouve toujours en balance avec l’œdipe, non pas comme un pan de la personnalité à côté d’autres aspects plus œdipiens, mais en tension avec ces aspects car il faut souligner combien l’incestuel est anti-œdipien, combien la présence d’éléments incestuels travaille pour la déconstruction de l’œdipe et évince l’œdipe ! Il existe donc des gradients d’incestualité allant de quelques traits à peine perceptibles à l’incestuel caractérisé.

Dans les familles incestuelles, nous dit P.-C. Racamier, le tabou de l’inceste y est remplacé par le tabou de la vérité sur l’inceste, ce dernier y est banalisé, normalisé .L’autre tabou transgressé par l’incestuel, est celui de l’indifférenciation des êtres, un tabou qui interdit de confondre les individus sur le plan corporel, psychique et social. L’incestuel est anti-œdipien car il abolit les différences en ce sens, il est le grand destructeur de la vie psychique au point qu’il débouche tout droit dans le corporel et le social.

Notes

  • P.-C. Racamier, Le génie des origines, Payot, 1992.
  • P.-C. Racamier, L’incestuel, Vocabulaire de psychanalyse groupale et familiale, Éd. du Collège, 1998.

Romain Gary Russe Français Diplomate, écrivain, aviateur, cinéaste 1914/1980

Page d’aide sur l’homonymie

Romain Gary

Nom de naissanceRoman Kacew
AliasÉmile Ajar, Shatan Bogat, Fosco Sinibaldi
Naissance21 mai 1914 (8 mai du calendrier julien)
Vilnius, Empire russe
Décès2 décembre 1980 (à 66 ans)
Paris 7e, France
Nationalité Russe et soviétique (1914-1935)
Français (1935-1980)
Pays de résidenceEmpire russe (1914-1921)
Pologne (1921-1928)
France (1928-1980)
DiplômeFaculté de droit d’Aix-en-Provence
Faculté de droit de Paris
Activité principaleDiplomate, écrivain, aviateur, cinéaste
DistinctionsPrix Goncourt (1956 et 1975)
Langue d’écritureFrançais, anglais, polonais, russe
GenresRoman et nouvelles

Œuvres principales

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Romain Gary, né Roman Kacew le 21 mai 1914 (8 mai dans le calendrier julien) à Vilna dans l’Empire russe (actuelle Vilnius en Lituanie) et mort le 2 décembre 1980 à Paris, est un aviateur, militaire, résistant, diplomate, romancier, scénariste et réalisateur français, de langues française et anglaise.

Important écrivain français de la seconde moitié du XXe siècle, il est également connu pour la mystification littéraire qui le conduisit, dans les années 1970, à signer plusieurs romans sous le nom d’emprunt d’Émile Ajar, en les faisant passer pour l’œuvre d’un tiers. Il est ainsi le seul romancier à avoir reçu le prix Goncourt à deux reprises, le second prix étant attribué à un roman écrit sous ce pseudonyme.

Sommaire

Biographie

Origines

Plaque sur la maison de Romain Gary à Wilno/Vilnius (1917-1923).

Durant toute sa vie d’adulte, dans son œuvre, dont la relecture montre le « jeu picaresque de ses multiples identités », mais aussi dans des déclarations aux médias, ainsi que dans des déclarations officielles, Romain Gary a donné des versions diverses de ses origines, faisant varier : son nom (Kacew, de Kacew) ; son lieu de naissance (Nice, dans la région de Koursk en Russie, Wilno) ; la nationalité de son père (russe, géorgien, tatare, mongol) ; celle de sa mère (juive russe, française) ; informations elles-mêmes souvent déformées par les médias (« Kiev », « en Russie près de la frontière polonaise »). Il va jusqu’à renier son père — se présentant comme un « bâtard juif russe, mâtiné de Tartare » — ou encore laisse entendre, et courir la légende, dans divers écrits et entretiens, qu’il est le fils du comédien russe Ivan Mosjoukine.

En réalité, Roman Kacew (« boucher » en yiddish, de l’hébreu katsav, prononcé en polonais [kat͡sɛf]), issu de deux lignées juives ashkénazes, est né, suivant le calendrier julien, le 8 mai 1914 (21 mai 1914 dans le calendrier grégorien) à Vilna (Bильнa), chef-lieu du gouvernement de Vilna dans l’Empire russe — ville devenue pendant l’entre-deux-guerres Wilno en Pologne, puis l’actuelle Vilnius en Lituanie. Ceci est attesté par un certificat du « rabbinat du gouvernement de Vilnius » rédigé en hébreu et en russe en date du 8 mai 1914 (calendrier julien), établissant qu’il est le fils d’Arieh-Leïb Kacew et de Mina Owczyńska (1879-1941), mariés à Wilno le 28 août 1912.

Arieh-Leïb (« lion » en hébreu et en yiddish, d’où la francisation en « Léon ») Kacew est né en 1883 à Vilnius ; en 1912, il est associé dans l’atelier et magasin de fourrures familial (rue Niemecka / Daïtsche Gas = ruelle allemande) et fait partie de la Deuxième Guilde des marchands. Il est aussi administrateur de la synagogue de la rue Zawalna. Il fait donc partie de la moyenne bourgeoisie de Vilnius.

Mina Owczyńska, fille de Josel (Joseph) Owczyński, est née en 1879 à Święciany (Švenčionys en lituanien), petite ville à 80 km de Vilnius, où elle a fait des études secondaires en yiddish et en russe dans un établissement juif et où elle a participé à un groupe de jeunesse d’orientation socialiste, le « cercle Yehoash ». Elle a d’abord été mariée à Reouven Bregstein, originaire de Kaunas comme la mère de Mina et en a divorcé. On ne sait pas grand-chose d’autre sur ce premier mariage sinon qu’en est issu un fils du nom de Joseph Bregstein né en 1902 et qui semble avoir habité avec le jeune Roman de mars 1922 à avril 1923 avant de mourir de maladie peu après.

Parmi les frères de Mina, le plus important concernant Romain Gary est Eliasz, lui aussi émigré en France, père de Dinah (1906), elle-même épouse de Paul Pavlowitch (1893-1953) et mère de Paul-Alex Pavlowitch (1942).

Enfance et adolescence

En Russie (1914-1921)

Roman et ses parents sont de nationalité russe, puis deviennent polonais lorsque Wilno et sa région sont intégrées à la Pologne rétablie après la Première Guerre mondiale.

Durant cette guerre, son père est mobilisé dans l’armée russe, alors que Roman est encore un très jeune enfant. Mina et Roman quittent Vilnius pour Švenčionys où ils passent quelques mois, puis une mesure générale d’expulsion des juifs de la zone du front les oblige à passer plusieurs années en Russie proprement dite. Les informations sur ce séjour en Russie sont assez obscures : dans ses livres, Romain Gary évoque des séjours à Koursk et à Moscou, un voyage à travers la Russie en traîneau et en train, la rencontre de matelots révolutionnaires dans un port non précisé ; durant cette période, Mina aurait été comédienne, participant aussi à l’agitprop révolutionnaire. Aucune source indépendante ne confirme ces assertions.

En Pologne (1921-1928)

La présence de Mina Owczynska (et de Roman) à Vilnius est attestée à partir de septembre 1921 par le registre des locataires d’un immeuble au no 16 de la rue Wielka Pohulanka, où ils vont vivre pendant quelques années. Leur retour est sans doute consécutif à la paix de Riga (mars 1921) qui met fin à la guerre entre la Russie soviétique et la République de Pologne.

Démobilisé, Leïb Kacew les rejoint à une date inconnue, mais il quitte le foyer en 1925 pour aller vivre avec une autre femme, Frida Bojarska, avec qui il a deux enfants, Walentyna (1925) et Pawel (1926). Le divorce de Mina et Leïb est prononcé en mai 1926 et il se remarie presque aussitôt avec Frida (les quatre membres de la nouvelle famille Kacew mourront durant la Seconde Guerre mondiale). Romain Gary n’a pratiquement rien dit ou écrit sur la période où son père vivait avec lui et Mina à Vilnius, ni sur la séparation et le divorce. Il a cependant revu son père en 1933 à Varsovie. Il évoque des cours particuliers (violon, escrime, tir au pistolet, danse), mais pas les écoles qu’il a fréquentées. En mars-avril 1925, peu avant la séparation, sa mère l’emmène à Bordighera où il voit la mer pour la première fois.

Roman est ensuite élevé par sa mère, qu’il présentera comme une actrice de théâtre. Après la séparation, elle connaît des problèmes financiers, car elle ne dispose plus des revenus du magasin de fourrures de son mari, et son petit atelier de chapeaux ne lui rapporte que très peu d’argent. En août 1925, elle et Roman quittent Vilnius pour Švenčionys, puis s’installent en 1926 à Varsovie, où sont déjà présents d’autres membres de la famille Owczynski, notamment un autre frère de Mina, Boris (1890-1949), avocat, chez qui ils sont hébergés20. Roman semble avoir été scolarisé dans un collège polonais (collège Górskiego21), où il est en butte à un antisémitisme au moins verbal. Il suit aussi des cours particuliers de français.

En août 1928, ils obtiennent un visa touristique pour la France. Sa mère est persuadée que dans ce pays, son fils pourra s’accomplir pleinement en tant que diplomate ou artiste22.

En France

Ils arrivent à Menton le 23 août 1928 et s’installent à Nice, où se trouvent déjà son frère Eliasz et sa famille ; le 1er octobre, Romain commence une nouvelle année scolaire au lycée Masséna, directement intégré en classe de 4e23. Mina fait ensuite les démarches pour obtenir une autorisation de séjour, laquelle est accordée mais sous réserve qu’elle n’occupe aucun emploi24.

En fait, elle est obligée de gagner sa vie, vendant d’abord « au noir » des articles de luxe dans les grands hôtels de Nice ou de Cannes, puis s’occupant de vente immobilière25 ; un de ses clients lui confie finalement la direction d’un petit hôtel, la pension Mermonts, au 7 du boulevard Carlone (actuel boulevard François-Grosso)26.

Utilisant désormais son prénom francisé (Romain), son fils se distingue au lycée en français, obtenant en 1929 le premier prix de récitation et en 1931 et 1932 celui de composition française, mais « dans les autres matières, excepté l’allemand qu’il parle et écrit très correctement, il est médiocre27 ». Ses amis de l’époque sont comme lui étrangers ou issus de familles d’origine étrangère : François Bondy28 (1915-2003) ; Alexandre Kardo Sissoeff29 ; Sigurd Norberg30 ; René et Roger Agid, dont les parents dirigent plusieurs grands hôtels de Nice (et un à Royat, Puy-de-Dôme), principalement L’Hermitage à Cimiez31 ; à ce titre, ils connaissent directement la mère de Romain.

Il est reçu au baccalauréat Philosophie en juillet 1933 avec la mention « Passable »32.

Études supérieures et débuts littéraires

Après avoir commencé des études de droit à Aix-en-Provence en octobre 1933, Roman Kacew part l’année suivante les poursuivre à Paris, probablement grâce à l’aide financière que lui apporte son père à l’occasion de leur rencontre à Varsovie durant l’été 193433. Il obtient une licence de droit en juillet 1938, tout en suivant parallèlement une Préparation militaire supérieure au Fort de Montrouge : « En attendant son incorporation dans l’armée française, Gary, au terme de médiocres études, bûchait sa procédure34. » Il révise au petit jour et passe l’essentiel de son temps à écrire.

C’est à cette époque qu’il publie ses premières nouvelles dans Gringoire, un hebdomadaire qui n’est pas au départ orienté à l’extrême droite. La première, L’Orage, y paraît le 15 février 1935, ce qui lui permet de ne plus dépendre financièrement de sa mère qui, minée par un diabète insulinodépendant, s’est usée à la tâche pour préparer l’avenir de son fils35. Gary renonce aux généreuses rétributions que lui versait l’hebdomadaire quand le journal affiche des idées fascistes et antisémites ; il écrit à la rédaction une lettre pour dire en substance : « Je ne mange pas de ce pain-là36. » En 1937, plusieurs éditeurs refusent son premier roman, Le Vin des morts35.

Engagement militaire et Seconde Guerre mondiale

Service militaire

Naturalisé français le 5 juillet 193537, Romain Gary est incorporé le 4 novembre 1938 dans l’Armée de l’air à la base aérienne de Salon-de-Provence38. À l’issue d’une formation d’élève officier de réserve de trois mois à l’école d’observation d’Avord près de Bourges, il passe l’examen de sortie en mars 1939 et est l’un des deux élèves-observateurs de la promotion à échouer, parmi les 290. Le seul grade qui lui soit accordé, contrairement semble t-il à tous les usages, est celui de caporal. Cet échec est probablement une mesure de discrimination à cause de sa naturalisation trop récente39. Il est nommé mitrailleur, puis doit se contenter du grade de sergent40.

Lorsque la guerre éclate en septembre 1939, Romain Gary est mobilisé en tant qu’instructeur de tir à l’école des observateurs de Bordeaux-Mérignac, où la base aérienne d’Avord s’est repliée41,42.

France libre

Fervent admirateur du général de Gaulle, il répond à l’Appel du 18 juin mais ne va pas directement à Londres. Le 20 juin 1940, il rejoint en avion Alger, puis le Maroc43, où il se rend en car à Casablanca. Un cargo britannique, l’Oakrest, l’emmène à Glasgow, où il débarque le 22 juillet 194044. Il s’engage aussitôt dans les Forces aériennes françaises libres (FAFL). Adjudant en septembre 1940, il sert au Moyen-Orient, en Libye, et à Koufra en février 1941, en Abyssinie puis en Syrie où il contracte le typhus, passant six mois sur un lit d’hôpital. Après sa convalescence, il rejoint l’escadrille de surveillance côtière en Palestine et se distingue dans l’attaque d’un sous-marin italien45.

Il est breveté officier observateur en avril 194146, promu lieutenant le 15 décembre 194247.

En février 1943, il est rattaché en Grande-Bretagne au Groupe de bombardement Lorraine. Il est affecté à la destruction des bases de lancement des missiles V1. C’est durant cette période que Romain Kacew choisit le nom de Gary — signifiant en russe « brûle ! » à l’impératif48 — qui sera retenu par l’état civil à partir de 195149 : « Romain Gary » devient son nom francisé à l’état civil français en octobre de cette année50.

Sa mère, qu’il aimait par dessus tout et qui l’avait poussé à « devenir quelqu’un », meurt le 16 février 1941 ; dans La Promesse de l’aube, l’écrivain raconte ne l’avoir appris qu’en 1944, lors de son retour triomphal à Nice après la guerre51 :

« Le ruban vert et noir de la Libération bien en évidence sur ma poitrine, au-dessus de la Légion d’honneur, de la Croix de guerre et de cinq ou six autres médailles (…) je revenais à la maison après avoir démontré l’honorabilité du monde, après avoir donné une forme et un sens au destin d’un être aimé. […]

À l’Hôtel-pension Mermonts où je fis arrêter la jeep, il n’y avait personne pour m’accueillir. On y avait vaguement entendu parler de ma mère, mais on ne la connaissait pas. Mes amis étaient dispersés. Il me fallut plusieurs heures pour connaître la vérité. Ma mère était morte trois ans et demi auparavant, quelques mois après mon départ pour l’Angleterre (…). Au cours des derniers jours qui avaient précédé sa mort, elle avait écrit près de deux cent cinquante lettres, qu’elle avait fait parvenir à son amie en Suisse. (…) Je continuai donc à recevoir de ma mère la force et le courage qu’il me fallait pour persévérer alors qu’elle était morte depuis plus de trois ans. Le cordon ombilical avait continué à fonctionner. »

En réalité cet épisode est une invention littéraire : Romain Gary, qui connaissait l’état de santé de sa mère, a rapidement été averti « par un télégramme très brutal »52 du décès de celle-ci, veillée par ses amis de jeunesse Sylvia Stave et René Agid — auxquels La Promesse de l’Aube est dédié — et sans avoir rédigé la moindre lettre53.

En tant qu’observateur, il remplace Pierre Mendès France dans l’équipage du sous-lieutenant Arnaud Langer. Le lieutenant Gary se distingue particulièrement le 25 janvier 1944 alors qu’il se trouve dans l’avion de tête d’une formation de six appareils. Il est blessé, et le pilote Arnaud Langer est aveuglé, mais Gary guide ce dernier, le dirige, réussit le bombardement, et ramène l’avion à sa base. Cette version est contestée par le radio, René Bauden, qui relate que la blessure reçue par l’observateur, Romain Gary, ne lui aurait pas permis de ramener l’appareil à sa base, ayant causé son évanouissement.

Il effectue sur le front de l’Ouest plus de vingt-cinq missions, totalisant plus de soixante-cinq heures de vol de guerre. Il est fait compagnon de la Libération et nommé capitaine en mars 1945, à la fin de la guerre54.

Carrière diplomatique

Après la fin des hostilités, Romain Gary entame une carrière de diplomate au service de la France, en considération des services rendus pour sa libération. À ce titre, il séjourne en Bulgarie (1946-1947), à Paris (1948-1949), en Suisse (1950-1951), à New York (1951-1954) — à la Mission permanente de la France auprès des Nations unies, où il côtoie régulièrement le jésuite Teilhard de Chardin dont la personnalité le marque profondément et lui inspire notamment le personnage du père Tassin dans Les Racines du ciel55 —, à Londres (1955), puis en qualité de consul général de France à Los Angeles de (1956-1960)56. De retour à Paris, il demeure sans affectation jusqu’à sa mise en disponibilité du ministère des Affaires étrangères en 1961.

Carrière littéraire

En 1937, son roman Le Vin des morts est refusé57 (il sera publié finalement pour la première fois en 2014). En janvier 1945, Romain Gary voit son roman Éducation européenne publié par les éditions Calmann-Lévy ; il est distingué par le prix des Critiques. C’est avec Les Racines du ciel, récompensé du prix Goncourt en 1956, que sa notoriété d’écrivain grandit auprès du public. Il reçoit également le prix Durchon-Louvet de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre la même année. À partir de la publication de La Promesse de l’aube, en 1960, il se consacre de plus en plus à son activité d’écrivain, écrivant également sous divers pseudonymes, dont l’ultime et le plus connu, Émile Ajar, marque la fin de sa carrière avec quatre romans. Fait unique, il obtient pour La Vie devant soi un second prix Goncourt le 17 novembre 1975, déclenchant à la fin des années 1970 « l’affaire Émile Ajar » lorsque Gisèle Halimi, l’avocate de Gary, annonce le choix initial de son client Ajar de refuser le prix, ce qui incite la presse à enquêter sur celui qu’elle croit être le véritable auteur, Paul Pavlowitch58. « Ce que l’on appelle “l’affaire Ajar” cache en fait une véritable tentative de renouvellement identitaire et artistique59 ».

Dès l’immédiat après-guerre, entre 1946 et 1956, la figure littéraire du rescapé de la Shoah hante l’œuvre romanesque de Romain Gary qui s’interroge sur la question : comment vivre après Auschwitz ? C’est Tulipe, dans l’œuvre homonyme (1946), qui au sortir de Buchenwald s’installe dans le « nouveau monde » de Harlem ; c’est Vanderputte, dans Le Grand vestiaire (1948), qui a dénoncé un réseau de résistants ; c’est le compagnon de la Libération, Jacques Rainier, dans Les Couleurs du jour (1952), qui voit l’idéal de la France Libre se déliter et s’engage comme volontaire en Corée ; c’est Morel, dans Les Racines du ciel (1956), qui a survécu à l’expérience concentrationnaire en imaginant des troupeaux d’éléphants battre la savane. Ce n’est qu’avec l’œuvre d’Émile Ajar qu’une réponse viendra sublimer ses premiers écrits : « Celle d’un altruisme désintéressé, d’une banalité du bien qui contraste avec la banalité du mal d’un Eichmann60,61. »

L’œuvre littéraire de Romain Gary est marquée par un refus opiniâtre de céder devant la médiocrité humaine. Ses personnages sont fréquemment en dehors du système parce que révoltés contre tout ce qui pousse l’homme à des comportements qui lui font perdre sa dignité. Ils oscillent entre la souffrance de voir leur monde abîmé, et une lutte pour garder coûte que coûte l’espérance. On peut dire que Romain Gary vit lui-même ces combats, mêlant admirablement le dramatique et l’humour. Ainsi, dans Chien blanc (1970), récit autobiographique écrit dans le contexte de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis dans les années 1967-1968, il écrit : « ll est soûl, affirma solennellement Saint-Robert, et c’était un peu vrai, bien que je ne touche jamais ni à l’alcool, ni à la marijuana, ni au LSD, parce que je suis trop acoquiné avec moi-même pour pouvoir tolérer de me séparer d’une aussi agréable compagnie par le truchement de la boisson ou de la drogue. Mais je me soûle d’indignation. C’est ainsi d’ailleurs que l’on devient écrivain62. » Puis : « J’écris pendant une heure ou deux : cette façon d’oublier… Lorsque vous écrivez un livre, mettons, sur l’horreur de la guerre, vous ne dénoncez pas l’horreur, vous vous en débarrassez63… »

Romain Gary et le cinéma

L’œuvre littéraire de Romain Gary est régulièrement adaptée au cinéma, et lui-même s’intéresse à la discipline à plusieurs reprises. Dès 1958, il scénarise l’adaptation de son roman Les Racines du Ciel réalisée par John Huston puis contribue au scénario du film Le Jour le plus long sorti en 1962. Romain Gary s’essaie plus tard à la réalisation de deux films dont il est l’auteur : en 1968, Les oiseaux vont mourir au Pérou, avec Jean Seberg, Pierre Brasseur et Maurice Ronet ; puis, en 1972, Police Magnum avec Jean Seberg, James Mason et Stephen Boyd. Il participe aux jurys des festivals de Cannes, en 1962, et de Berlin, en 1979.

Romain Gary et la mort

En 1978, lors d’un entretien avec la journaliste Caroline Monney64, lorsque celle-ci lui pose la question : « Vieillir ? », Romain Gary répond : « Catastrophe. Mais ça ne m’arrivera pas. Jamais. J’imagine que ce doit être une chose atroce, mais comme moi, je suis incapable de vieillir, j’ai fait un pacte avec ce monsieur là-haut, vous connaissez ? J’ai fait un pacte avec lui aux termes duquel je ne vieillirai jamais »65.

Romain Gary se suicide le 2 décembre 1980 avec un revolver Smith & Wesson de calibre 38, se tirant une balle dans la bouche66. Il laisse une lettre mystérieusement datée « Jour J » et dans laquelle est notamment écrit : « Aucun rapport avec Jean Seberg » (l’actrice s’est elle-même suicidée le 30 août 1979)67. Compagnon de la Libération, il a droit aux honneurs militaires français suivis d’une mélopée russe lors de ses obsèques à l’église Saint-Louis des Invalides le 9 décembre 1980. Le 15 mars 1981, sa dernière compagne Leïla Chellabi disperse ses cendres, selon son vœu, en mer Méditerranée au large de Menton68.

Selon Roger Grenier, éditeur et ami de Romain Gary, à propos du jour de sa mort : « J’ai essayé de reconstituer sa journée. Il avait déjeuné avec Claude Gallimard pour parler de ses impôts. Comme il devait partir en voyage le lendemain, il est allé voir l’infirmière pour lui demander quels médicaments emporter. Il se rendait à Genève pour changer son testament. Il y a des doutes… Selon certains de ses amis, il a été assassiné par une proche… Il y a deux versions qui s’opposent, je balance entre l’une et l’autre. »69

Vie privée

Dans un recueil de confidences sous la forme d’entretiens livrés à la radio en 1980, Romain Gary faisait cette déclaration : « La seule chose qui m’intéresse, c’est la femme, je ne dis pas les femmes, attention, je dis la femme, la féminité70 ». Parmi les amours de jeunesse de Roman Kacew, on peut citer Christel Söderlund, une jeune journaliste suédoise qu’il rencontre à Nice en juillet 1937. Jeune mère de famille, mariée, elle suit Romain à Paris et envisage de divorcer, mais décide après quelques mois de rentrer en Suède retrouver son mari71.

Il tombe ensuite amoureux d’Ilona Gesmay, une jeune juive hongroise de quatre ans son aînée, qui inspirera l’auteur de La Promesse de l’aube, de La nuit sera calme et d’Europa. Sa famille lui ayant coupé les vivres, elle décide de rentrer à Budapest en mars 1940 ; elle survivra à la guerre, mais deviendra schizophrène et ne reverra jamais Romain72, ce qu’il racontera dans la nouvelle À bout de souffle73. Il dit d’elle qu’elle est la seule femme qu’il ait jamais aimée et qu’il admirait ses yeux « gris angora »74. Romain Gary décrit également dans cette nouvelle les lettres, toujours la même en fait, qu’il commence à recevoir d’elle à partir de 1953. Lui répondant, mais recevant toujours la même réponse, il apprendra qu’elle est enfermée dans un hôpital psychiatrique en Belgique et qu’elle écrit inlassablement la même lettre pendant les quelques dizaines de minutes de lucidité qu’elle a par jour. Les lettres qu’il envoie à Ilona sont interceptées par les médecins qui ne souhaitent pas provoquer un choc à la jeune femme. La sœur de cette dernière expliquera à Romain Gary qu’Ilona lorsqu’elle est lucide demande toujours des nouvelles de « son Romain »75.

En avril 1945, Roman Kacew épouse la femme de lettres britannique Lesley Blanch rencontrée l’année précédente, mais l’amour d’Ilona continue à le hanter76. En 1959, il fait la connaissance de l’actrice américaine Jean Seberg dont il tombe amoureux et avec qui il entame une liaison. En 1963, il divorce pour se marier avec Jean Seberg. Leur fils, Alexandre Diego Gary, est né en 1962 mais Romain, grâce à ses relations, réussit à faire établir un acte de naissance datant de 1963 pour sauvegarder les apparences77. Un acte de mariage secret est retrouvé dans les années 2010 en Corse, entre lui et l’actrice, ainsi qu’un témoin photographe de l’époque. Entre 1964 et 1970, Romain Gary se rend souvent à Majorque, où il possède une villa, près d’Andratx78.

Il tournera ses deux films avec Jean Seberg comme actrice principale, dont Police Magnum (titre original Kill!), en 1971, en Espagne. En 1968, lorsque Romain Gary apprend la romance entre sa femme et Clint Eastwood pendant le tournage de La Kermesse de l’Ouest, il prend l’avion et provoque l’acteur en duel au revolver mais le « cow-boy américain » se défile79. Ils se séparent et divorcent en 1970. Il rencontre en 1978 Leïla Chellabi, danseuse puis mannequin, animatrice de radio et parolière. Elle sera sa dernière compagne et son ayant droit80.

Émile Ajar

Après la disparition de Romain Gary, on apprend qu’il est le véritable auteur des quatre romans signés du pseudonyme Émile Ajar. C’est un proche parent de Romain Gary, Paul Pavlowitch (son petit-cousin) qui avait tenu le rôle d’Ajar auprès de la presse (notamment auprès d’Yvonne Baby dans Le Monde81 et de l’hebdomadaire Le Point qui retrouve « Ajar » dans le Lot et publie deux semaines durant en 1973 des articles et une interview littéraire de Paul Pavlowitch par Jacques Bouzerand, à la veille du prix Goncourt). Romain Gary a déjà envoyé en 1930 des manuscrits à la NRF sous les pseudonymes de François Mermont (du nom de l’hôtel-pension à Nice dont sa mère est gérante) ou de Lucien Brûlard (autre variation sur le thème du feu — voir ci-après) qui ne sont cependant pas acceptés. Romain Gary est ainsi le seul écrivain à avoir été récompensé deux fois par le prix Goncourt, ce qui est officiellement impossible en vertu des règles de ce concours. Il a remporté son premier prix sous son nom d’usage, pour Les Racines du ciel, en 1956, et la seconde fois sous le pseudonyme d’Émile Ajar, pour La Vie devant soi, en 1975. Les deux noms se ressemblent, dans le cadre d’une volonté de mystification ambigüe (en russe, Gary signifie « brûle ! » (2e personne du singulier à l’impératif) alors qu’Ajar, qui fut le nom d’actrice de sa mère, signifie « braise »48 [жар])82. En outre, il est possible de retrouver des phrases typiques de Gary dans les textes d’Ajar83.

La mystification Ajar / Gary ne serait pas passée inaperçue de tous. Dans son roman autobiographique Le Père adopté, Didier van Cauwelaert rapporte qu’une étudiante de la Faculté de lettres de Nice, qu’il nomme Hélène, aurait préparé, deux ans avant la révélation publique, un mémoire soutenant, au grand désarroi de ses professeurs, que Gary et Ajar étaient une seule et même personne84.

Ajoutons qu’Ajar et Gary ne furent pas ses seuls pseudonymes (en tant qu’écrivain publié) puisqu’il est aussi l’auteur d’un polar politique sous le nom de Shatan Bogat (« Satan le riche » en russe85) : Les Têtes de Stéphanie et d’une allégorie satirique contre l’ONU signée Fosco Sinibaldi (Fosco veut dire « Sombre » en italien, Sinibaldi serait un hommage à Garibaldi86) : L’Homme à la colombe.

Postérité

Plaque en mémoire de Romain Gary apposée sur son domicile parisien au no 108 de la rue du Bac.

Le nom de Romain Gary a été donné à une promotion de l’École nationale d’administration (2003-2005), de l’institut d’études politiques de Lille (2013) et de l’Institut d’études politiques de Strasbourg (2001-2002), en 2006 à la place Romain-Gary dans le 15e arrondissement de Paris et à la bibliothèque patrimoniale de Nice. L’Institut français de Jérusalem porte également le nom de Romain Gary.

Le 16 mai 2019, son œuvre paraît dans la collection de la Pléiade sous la direction de Mireille Sacotte87,88.

Œuvre littéraire

Sous le nom de Roman Kacew

Sous le nom de Romain Gary

Sous le pseudonyme de Fosco Sinibaldi

Sous le pseudonyme de Shatan Bogat

Sous le pseudonyme d’Émile Ajar

Œuvre cinématographique

Adaptation de l’œuvre

Adaptations au cinéma

Adaptations à la télévision

Adaptations au théâtre

En 2007-2008, La Vie devant soi est adapté au théâtre par Xavier Jaillard dans une mise en scène de Didier Long et remporte trois Molières (meilleure adaptation théâtrale, meilleure comédienne, meilleure production théâtrale).

En 2007-2009, Christophe Malavoy incarne Romain Gary au théâtre dans Gary / Ajar93,94,95.

En 2015, la compagnie Les Anges au Plafond créé le spectacle R.A.G.E, mêlant des extraits de La Promesse de l’Aube, Pseudo et Gros-Câlin, et dresse le portrait de « cet homme qui passe par le mensonge pour raconter sa vérité »96. Deux ans plus tard en 2017, en coporoduction avec la Maison de la Culture de Bourges, ils adaptent le roman Chien Blanc, qu’ils présentent sous son titre anglais de White Dog97.

Décorations

Commandeur de la Légion d’honneur98Compagnon de la Libération54 (20 novembre 1944)98Croix de guerre 1939-1945 (deux citations)98Médaille de la Résistance française98Médaille coloniale avec agrafe « Koufra-Érythrée »98Insigne des blessés militaires98

ITER International Thermonuclear Experimental Reactor

ITER est le plus grand projet scientifique mondial actuel. Il est sujet à de nombreuses controverses, notamment concernant le budget du projet passé de 5 à 19 milliards d’euros.« Iter » signifie « chemin » en latin. Les participants aux études de conception préliminaires (entre 1988 et 1992) ont choisi cet acronyme pour exprimer leur souhait de voir le monde coopérer au développement de la maîtrise d’une nouvelle forme d’énergie. Le projet a en effet été lancé par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev dans le contexte de la perestroïka, sur proposition de l’URSS à la communauté internationale.

ITER
International Thermonuclear Experimental Reactor
Membres d’ITER — L’Union européenne, le Royaume-Uni, l’Inde, la Russie, la Chine, la Corée du Sud, le Japon, les États-Unis et la Suisse.
Situation
Création24 octobre 2007
SiègeCentre de Cadarache
France
Coordonnées43° 42′ 28″ N, 5° 46′ 39″ E
DirigeantBernard Bigot
Site webiter.org [archive]
Géolocalisation sur la carte : France ITER International Thermonuclear Experimental Reactor (Voir situation sur carte : Bouches-du-Rhône)(Voir situation sur carte : France)
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Le réacteur thermonucléaire expérimental international ITER (de l’anglais International Thermonuclear Experimental Reactor) est un projet de réacteur nucléaire de recherche civil à fusion nucléaire de type tokamak, situé à Cadarache (Bouches-du-Rhône). Le projet de recherche s’inscrit dans une démarche à long terme visant à l’industrialisation de la fusion nucléaire. Il associe trente-cinq pays : ceux de l’Union européenne ainsi que le Royaume-Uni, l’Inde, le Japon, la Chine, la Russie, la Corée du Sud, les États-Unis et la Suisse.

ITER est le plus grand projet scientifique mondial actuel. Il est sujet à de nombreuses controverses, notamment concernant le budget du projet passé de 5 à 19 milliards d’euros.

Coupe du tokamak ITER.

L’entrée en activité et émission du premier plasma est prévue pour décembre 2025 et l’émission du premier plasma en deutériumtritium est prévue pour 2035.

Selon les promoteurs du projet, la démarche à long terme visant à l’industrialisation de la fusion nucléaire nécessiterait de construire ensuite un second réacteur de recherche, Demo, plus proche d’un réacteur de production, puis PROTO, un réacteur à valeur de prototype industriel, avant la phase industrielle proprement dite

Nom

« Iter » signifie « chemin » en latin. Les participants aux études de conception préliminaires (entre 1988 et 1992) ont choisi cet acronyme pour exprimer leur souhait de voir le monde coopérer au développement de la maîtrise d’une nouvelle forme d’énergie. Le projet a en effet été lancé par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev dans le contexte de la perestroïka, sur proposition de l’URSS à la communauté internationale.

Objectif

Le projet vise à vérifier la « faisabilité scientifique et technique de la fusion nucléaire comme nouvelle source d’énergie ».

Le réacteur à fusion thermonucléaire ITER a été conçu pour produire un plasma de fusion équivalent à cinq cents mégawatts de puissance thermique pendant une vingtaine de minutes tandis que cinquante mégawatts de puissance thermique sont injectés dans le tokamak, ce qui multiplie par dix la puissance de chauffage du plasma. La machine vise à démontrer la faisabilité d’une réaction auto-entretenue, ce qui n’a pas encore été réalisé dans un réacteur de fusion. L’électricité totale consommée par le réacteur et les installations se situera entre 110 et 620 MWe de pointe pendant trente secondes. Le réacteur est conçu uniquement pour produire un plasma de fusion, et la chaleur émise par la réaction de fusion sera évacuée dans l’atmosphère sans générer d’électricité.

C’est une étape technologique pouvant conduire à un futur réacteur expérimental Demo, d’une puissance prévisionnelle de 2 000 MWth, visant à mettre au point une production industrielle d’électricité par fusion nucléaire. La réaction de fusion est destinée à être utilisée comme source de chaleur pour une chaudière produisant de la vapeur d’eau qui elle-même entraîne des alternateurs pour produire de l’électricité, comme dans la plupart des centrales électriques. Demo serait le premier réacteur de fusion produisant plus d’énergie que nécessaire pour son fonctionnement.

État d’avancement du projet et situation actuelle

Entrée du site.

  • 2001 : le projet ITER est planifié selon ses concepteurs pour un début de construction près de Cadarache (France) en 2006 pour achèvement en 2016. Puis en 2008, cette date fut repoussée à 2019, avec trois ans de retard sur le calendrier initial.
  • 2008 : le budget, d’abord estimé à dix milliards d’euros (50 % pour la construction et 50 % pour l’exploitation) a été porté à treize milliards puis en 2009 à 20 milliards. En juin 2009, la BBC annonçait même 16 milliards de dollars, somme pouvant inciter les responsables du programme à notablement diminuer l’ampleur du projet.
  • 2009 : en novembre, ce délai a été porté à février 2020.
  • 2010 : pose de la première pierre du bâtiment du siège.
  • 2012 : Le décret autorisant le projet est publié (Journal officiel le 10 novembre), deux ans après le début des travaux. La phase d’excavation de la fosse d’isolation sismique est déjà profonde de 17 m (là où sera le tokamak), les 493 supports de 1,7 m de haut, dotés de patins parasismiques sont en construction.
  • 2014 : en février, le magazine américain The New Yorker a publié le rapport d’évaluation du management du projet. Onze recommandations essentielles y figurent dont : « créer une culture de projet », « instiller une culture de sûreté nucléaire », « développer un planning réaliste du projet ITER » et « simplifier et réduire la bureaucratie ». En juillet 2014, le Sénat américain publie un rapport indiquant que « le Comité ordonne au Département de l’Énergie de travailler avec le Département d’État pour se retirer du projet ITER ». Cependant les États-Unis (qui s’étaient engagés à financer 9 % du coût total) ont poursuivi leur soutien, confirmé en septembre 2016 pour au moins encore deux ans (jusqu’en 2018) au vu d’une amélioration de l’efficacité du projet ; mais conditionné à « plus grande transparence dans le processus de gestion des risques » et à « une série de réformes de la gestion », sous réserve du vote du budget de l’énergie par le législateur américain.
  • Un retard de 5 ans est annoncé : les premiers essais prévus en 2020 sont reportés à 2025.
  • 2016 : en mai, Bernard Bigot, directeur général d’ITER depuis 2015, a indiqué que le premier plasma dans le réacteur est prévu en 2025 pour une pleine puissance en 2035 soit un nouveau calendrier qui induira un surcoût, évalué à 19 milliards de budget de construction. En décembre, la réussite d’une expérience cruciale conduite sur un « modèle réduit », le miniréacteur thermonucléaire du CEA appelé « West », a refait souffler un vent d’optimisme : avec la production par West de son premier plasma, ITER a franchi une étape importante vers la maîtrise de la fusion nucléaire.
  • 2017 : en décembre, l’état d’avancement des réalisations indispensables à la production du premier plasma atteint 50 % ; ITER confirme la date prévisionnelle du premier plasma : décembre 2025 et du premier plasma en deutérium-tritium en 2035.
  • 2018 : les États-Unis ont « un certain retard de paiement », mais les grands réservoirs indispensables à la sûreté de l’installation sont arrivés de Chine et des États-Unis et installés dans les bâtiments, dans les délais du calendrier replanifié deux ans plus tôt et selon M. Bigot (directeur du projet) les composants de la construction du tokamak « seront sur place en 2021, dans un bâtiment attendu pour le printemps 2020 ».
  • 2019 : en octobre, le groupement mené par Vinci (60 %) avec l’espagnol Ferrovial (30 %) et le français Razel-Bec (10 %) annonce avoir achevé le gros œuvre du bâtiment principal, qui sera livré en mars 2020. Ce bâtiment tokamak est une installation de 23 000 tonnes, à comparer aux 3 000 tonnes d’un réacteur EPR.
  • 2020 : les composants ayant été livrés depuis plusieurs pays (Inde, Chine, Japon, Corée du Sud, Italie), la phase d’assemblage du réacteur démarre le 28 juillet, et doit durer jusqu’à fin 2024 pour produire un premier plasma fin 2025 ou début 202625.

Histoire

Proposition initialement soviétique

Reagan et Gorbachev au sommet de Genève en 1985

Début octobre 1985, Mikhaïl Gorbatchev présente le projet à François Mitterrand lors de sa première visite en France. Puis un mois plus tard lors du sommet de Genève, en novembre 1985, Mikhaïl Gorbatchev convainc Ronald Reagan de participer au programme international pour construire la prochaine génération de tokamak. L’Union soviétique travaillait, depuis plusieurs années, sur ce type de réacteur exploitant la fusion nucléaire, phénomène qui existe en permanence au sein des étoiles.

En octobre 1986, les États-Unis, l’Europe et le Japon acceptent de rejoindre l’Union soviétique au sein de ce projet. C’est ainsi qu’il est décidé de créer ITER, qui est placé sous l’autorité de l’AIEA. Initialement, seuls quatre membres y participaient : la Russie, les États-Unis, l’Europe (en association avec le Canada) et le Japon.

Phase d’étude, de conception et de coordination

En avril 1988, débute la phase de conception (appelée Conceptual design activities ou CDA). Cette phase avait pour but de faire la synthèse des résultats des différents programmes existants pour les intégrer. La CDA s’est terminé en décembre 1990.

En juillet 1992, à Washington (district de Columbia) aux États-Unis, les quatre membres signent un accord qui lance la phase d’ingénierie (appelée Engineering design activity ou EDA) qui dure six ans. Cette phase se termine comme prévu fin 1998.

Les États-Unis quittent le projet à la fin de la phase EDA, car ils jugent ce projet incertain et ruineux.

À la suite du retrait des États-Unis est décidé le lancement de la deuxième phase de l’EDA. Cette seconde phase avait pour but de revoir à la baisse les objectifs de manière à prendre en considération le manque de financement engendré par le retrait des États-Unis. Cette phase se termine en juillet 2001.

La phase de coordination (appelée Coordinated technical activities ou CTA) se termine fin 2002. Elle avait pour but de préparer la phase de conception et souleva la question de l’emplacement du site de construction, mais également celles du financement et du cadre juridique d’ITER.

En janvier 2003, la Chine rejoignit le projet, suivie en février du retour des États-Unis et en juin de l’arrivée de la Corée du Sud.

Choix du site de construction du prototype

Initialement, quatre sites de construction ont été proposés :

Le choix du site était très important politiquement, mais surtout économiquement. L’investissement est estimé à dix milliards d’euros sur quarante ans. Une étude réalisée en France en 2002 prévoit qu’ITER créera trois mille emplois indirects pendant les dix ans de construction et 3 250 emplois indirects pendant les vingt ans d’exploitation (dont les trois quarts environ en région Paca).

Après une querelle franco-espagnole, l’Espagne retire sa proposition le 26 novembre 2003. Cadarache reste ainsi le seul site soutenu par l’Union européenne. La proposition canadienne de Clarington a disparu d’elle-même, faute de véritable financement et de volonté politique des Canadiens, qui ont décidé de rejoindre le point de vue de l’UE. Le site de Cadarache reçoit le soutien de la Chine et de la Russie tandis que le site de Rokkasho reçoit celui des États-Unis et de la Corée du Sud.

Emplacement du site de Cadarache en France

En mai 2005, avant même que le choix du site n’ait été arrêté, le site de Cadarache semble déjà avoir l’avantage, si bien que l’Union européenne décide, quelle que soit la décision, de commencer les travaux à Cadarache.

Alors que le gouvernement japonais défend toujours officiellement la candidature de son site, il laisse entendre à plusieurs reprises qu’il ne se battra plus pour avoir 100 % du projet. Le 5 mai à Genève en Suisse, un accord technique est signé entre le Japon et l’Union européenne, où il est stipulé que le pays hôte (aucun nom n’est alors cité) assumera 40 % du prix de la construction, alors que le pays non hôte obtiendra :

  • 20 % des contrats industriels pour la construction et 20 % des effectifs permanents ;
  • un programme complémentaire de recherche d’un montant de 700 millions d’euros financé à moitié par les pays hôte et non-hôte ;
  • la construction d’un centre d’étude de matériaux pour la paroi d’ITER, baptisé International Fusion Materials Irradiation Facility (en) (IFMIF) ;
  • le soutien du pays hôte à sa candidature pour le poste de directeur général.

Tous ces avantages seront obtenus sans que la contribution augmente par rapport aux autres membres non-hôtes, qui est de 10 % du coût de construction. Le Japon renonce alors implicitement à accueillir le réacteur, mais gagne sur de nombreux tableaux.

C’est finalement à Moscou, le 28 juin 2005, qu’est signée la déclaration commune de tous les membres du programme, désignant Cadarache comme le site de construction du réacteur. Kaname Ikeda (en), ancien ambassadeur japonais, nommé comme directeur général de l’organisation en décembre 2005, prend ses fonctions en octobre 2007, à l’occasion de l’entrée en vigueur de l’accord sur la création de l’organisation internationale ITER.

Accord final et début de la construction

Le site d’ITER en août 2010.

Le 21 novembre 2006 est signé au Palais de l’Élysée l’accord final sur la construction d’ITER, par les représentants de la Chine, de la Corée du Sud, des États-Unis, de l’Inde, du Japon, de la Russie et de l’Union européenne. La même journée, après la signature de l’accord, le premier conseil des gouverneurs d’ITER a eu lieu au Centre de conférences internationales à Paris.

La phase de construction débute en 2007 et doit durer dix ans. La première phase consiste à défricher la moitié des 180 hectares du site, l’autre moitié restant à l’état naturel. Durant cette phase, l’archéologie préventive a mis en lumière quelques découvertes comme une nécropole du Ve siècle et une fabrique de verre du XVIIIe siècle. Pour acheminer les équipements nécessaires à la construction des installations, 104 km de routes et de pistes ont été aménagés pour l’occasion.

Le 8 novembre 2019, Vinci annonce la livraison d’une partie des premiers bâtiments.

Phase d’enquête publique et autorisation

L’enquête publique relative à la création de l’installation à Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône, est ouverte (quatre ans après le début de la construction) du 15 juin au 20 juillet 2011 dans les communes de : Jouques, Gréoux-les-Bains, Corbières, Beaumont-de-Pertuis, Saint-Julien-le-Montagnier, Sainte-Tulle, Vinon-sur-Verdon, Ginasservis, Rians, Saint-Paul-lès-Durance, Mirabeau et Manosque. Le décret autorisant la construction de l’installation nucléaire de base ITER est paru au Journal Officiel le 10 novembre 2012.

Phase de construction

Le chantier d’ITER en mars 2018.

En juin 2019, la construction du futur réacteur expérimental de fusion nucléaire est achevée à 60 %. Après dix ans d’usinage complexe, les plus gros composants sont presque achevés et en 2020 commencera leur assemblage : un million d’éléments constitués de dix millions de pièces ; la phase des tests grandeur nature a démarré sur les machines d’assemblage.

Projet

Organisation

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Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (avril 2019)

La gestion d’ITER est réalisée par un ensemble d’instances où se réunissent les différents membres.

La principale instance est le Conseil ITER. Les membres du Conseil sont des représentants de tous les partenaires.

Ce Conseil est assisté d’un comité scientifique et technique (appelé le Scientific and Technical advisory committee ou STAC) et d’un comité de gestion (appelé le Management advisory committee ou MAC).

Pays membres du projet

Les trente-cinq pays participant au projet ITER.

En 2014, les pays membres du projet sont :

La Suisse, en raison de son association au programme européen de recherche, participe via Euratom au projet.

Le Brésil a également déposé sa candidature pour rejoindre le projet. Ce financement supplémentaire pourrait devenir essentiel en cas de dépassement (fréquent dans les grands projets nucléaires) du budget alloué initialement au projet.

En 2007, le Kazakhstan a fait savoir qu’il désire être membre à part entière du programme41, ce qui peut se réaliser, sous réserve de l’accord des gouvernements des autres partenaires.

Le Royaume-Uni, quittant Euratom en 2020 dans le cadre du Brexit, va devoir trouver un nouvel accord pour continuer à participer au projet ; les contrats existant sont pour leur part maintenus42.

Phase d’exploitation

La phase d’exploitation devrait commencer en 2025 (premier plasma)43.

L’objectif d’ITER est de pouvoir entretenir des fusions d’une durée de 400 secondes44,45.

Bernard Bigot présente, en janvier 2019, la phase d’exploitation d’ITER : après le premier plasma en 2025, les équipements de collecte de l’énergie seront installés. Cette étape majeure devrait se terminer vers 2028. Elle permettra de valider la phase de pré-fusion, c’est-à-dire de production d’énergie avec de l’hydrogène classique, du deutérium ou de l’hélium. Après cette phase, la machine sera disponible pendant dix-huit mois pour les scientifiques qui souhaiteraient mener des expériences. Dans un deuxième temps, à partir de 2030, nous installerons des systèmes de chauffage complémentaires indispensables pour parvenir à un plasma de fusion. C’est le cas du système de chauffage par injection de particules neutres qui permet d’accélérer les noyaux d’hydrogène à très grande vitesse pour augmenter le chauffage du plasma afin de le porter à la température de fusion de 150 millions de degrés, température nécessaire pour un plasma auto-entretenu. En 2032 une nouvelle campagne de travail sur la machine sera offerte aux physiciens ; en parallèle sera finalisée la construction de l’installation du cycle du combustible, qui séparera l’hélium produit au sein du plasma par la fusion de l’hydrogène et recyclera le tritium et le deutérium produits par la fusion pour les stocker temporairement et les réinjecter dans la machine. L’objectif est qu’en 2035 ITER atteigne sa pleine puissance.

Phase de démantèlement

Une fois la phase d’exploitation terminée, il faudra démanteler l’installation. Les sous-produits de fusion nucléaire issus d’ITER sont peu voire pas du tout radioactifs, ce qui n’est pas le cas de la chambre, qui devra être traitée comme il se doit pour respecter les normes de sécurité qui seront alors en vigueur. Des déchets vont également être indirectement produits par la dégradation de la chambre sous irradiation (rayonnements alpha échappant au confinement, neutrons). Par exemple, des atomes de carbone seront arrachés aux céramiques des parois, ce qui conduit à la production d’hydrocarbures tritiés, dans l’enceinte de confinement. La phase de désactivation devrait durer cinq ans, puis le démantèlement à la charge de la France devrait durer dix ans.

Après ITER

Après la phase d’exploitation et suivant les résultats obtenus (le point de break even de production d’énergie dépassé ou non), un autre réacteur expérimental de puissance équivalente à un réacteur industriel pourrait être créé. Nommé Demo (pour Demonstration Power Plant, ce qui, en français, signifie Centrale électrique de démonstration), il sera destiné à étudier la possibilité d’une exploitation commerciale à proprement parler. Demo devra atteindre le seuil d’« ignition » dans lequel le chauffage du plasma est réalisé par l’énergie des alphas produits sans apport d’électricité.

Bernard Bigot espère « qu’aux alentours de 2040 nous serons suffisamment convaincants pour que les industriels s’intéressent à la machine qui suivra : Demo. Ce sera le premier démonstrateur industriel, c’est-à-dire fonctionnant en continu pour produire de l’énergie, et qui sera cette fois connecté au réseau électrique. Après une dizaine d’années de concertation avec les industriels et de conception d’un réacteur bénéficiant de tous les retours d’expérience d’ITER et de Demo, nous pensons que dès 2045-2050, la construction de la première centrale à fusion commerciale pourra être lancée. Cela prendra sans doute au minimum une dizaine d’années ».

Après Démo serait construit PROTO, un réacteur à valeur de prototype industriel.

Par la suite, les premiers réacteurs d’application pourront être fabriqués. Les prototypes à construire sont de taille et puissance importantes.

Description

ITER est le plus grand projet scientifique mondial des années 2010. Il contiendra le plus grand réacteur à fusion nucléaire du monde lors de son achèvement en 2025. Il est intégré dans un complexe composé de trois bâtiments, sur une hauteur de 60 mètres et une largeur de 120 mètres.

Tokamak

ITER est un tokamak, c’est un réacteur nucléaire à fusion, destiné à générer de l’énergie à partir de combustible. Le combustible est stocké sous forme de quelques grammes de plasma dans une chambre à vide très poussé de forme toroïdale. Ce plasma est chauffé à 150 millions de degrés pour déclencher des réactions de fusion, qui dégagent de l’énergie. Pour protéger les parois de la température, le plasma est confiné par un champ magnétique. Les parois sont tout de même chauffées par les particules issues des réactions nucléaires et par le rayonnement thermique émis par le plasma, elles doivent donc être en permanence refroidies.

Composants du réacteur

Profil de la chambre à vide du tore.

Chambre à vide

La chambre à vide est constituée de deux parois d’acier entre lesquelles circule de l’eau de refroidissement. Le volume de plasma qu’elle peut contenir est plus de huit fois plus important que dans les précédents tokamaks. Elle est percée de 40 trous qui permettent d’y connecter le système de chauffage du plasma, les pompes à vides, et qui permettent l’accès pour la maintenance.

Couverture de la chambre à vide

La couverture de la chambre à vide est constituée de dalles en cuivre et recouverte de béryllium. Elle a deux fonctions. La première est d’absorber les neutrons produits par les réactions de fusion et de capter leur chaleur pour la transmettre aux systèmes de refroidissement. La deuxième est la production de tritium à partir de lithium. Cette deuxième fonction ne sera utilisée que dans les dernières phases de recherche au sein d’ITER, lors desquelles seront testés différents types de dalles proposés par des équipes de recherche. L’étude de l’auto-production de tritium par ITER est un des principaux sujets de recherche pour le passage à l’industrialisation de la fusion.

Système d’aimants

Quatre types d’aimants participent au contrôle du plasma et de la réaction :

  • les bobines toroïdales ont pour rôle principal de confiner le plasma ;
  • le solénoïde central induit le courant dans le plasma et contribue à son chauffage ;
  • les bobines poloïdales pincent (en) le plasma, en conjonction avec le courant induit dans le plasma lui-même, et contribuent à l’éloigner des parois de la chambre ;
  • les aimants de correction.

Ces aimants sont supra-conducteurs, refroidis par le système cryogénique à 4,5 K. Les caractéristiques des aimants sont données dans le tableau ci-dessous.

Matériau conducteurLongueur de bobinageMasseCourant nominalChamp magnétiqueÉnergie stockéeCoût (prévision en 2011)
Bobines poloïdalesNbTi65 km2 163 t52 kA6 T4 GJ122 M€
Bobines toroïdalesNb3Sn88 km6 540 t68 kA11,8 T41 GJ323 M€
Solénoïde centralNb3Sn42 km974 t46 kA13 T6,4 GJ135 M€
Paramètres techniques

Les principales caractéristiques d’ITER sont66 :

  • puissance thermique de la fusion : 500 MW ;
  • puissance électrique consommée au démarrage : 500 MW ;
  • puissance électrique pour chauffer le plasma : 150 MW consommée (produisant seulement 50 MW de puissance thermique injectée);
  • puissance électrique pour le fonctionnement lors de la création de plasma maximum: 620 MW ;
  • petit rayon du plasma : 2 m ;
  • grand rayon du plasma : 6,20 m ;
  • hauteur du plasma : 6,80 m ;
  • volume plasma : 840 m3 ;
  • masse plasma : variable, de l’ordre du gramme ;
  • courant plasma : 15 MA ;
  • champ magnétique toroïdal : 5,3 T ;
  • durée de maintien : de six minutes à une heure ;
  • bilan énergétique : Q = 10 (rapport entre l’énergie fournie par le plasma et l’énergie extérieure fournie au plasma).

Les puissances électriques mises en jeu sont importantes et supposent l’existence d’un réseau électrique solide pour faire face aux appels de charge.

Site d’implantation

Le site de Cadarache est articulé autour du bâtiment tokamak. Il comprend de nombreux bâtiments annexes destinés à la fabrication de certaines pièces, au montage du réacteur, ainsi qu’à son alimentation en électricité.

Complexe tokamak

Ce complexe est composé du bâtiment tokamak et de plusieurs bâtiments qui lui sont accolés. Ces bâtiments contiennent les tours de refroidissement, les pompes à vide, la salle de contrôle ainsi qu’un système de maintenance robotisé qui permet de démonter ou monter à distance les éléments de la chambre de combustion, afin de limiter l’exposition des opérateurs à la radioactivité. Le tokamak est monté sur des patins anti-sismiques. Un bouclier en béton armé de trois mètres d’épaisseur bloque les radiations qu’il émet et protège les installations qui l’entourent. Cet édifice pèse 400 000 tonnes et mesure 80 mètres de large, 120 mètres de long et 80 mètres de haut.

Bâtiment PF

Le bâtiment PF est destiné au bobinage des aimants à champ poloïdal trop grands pour être assemblés dans les pays partenaires (poloidal field en anglais, abrégé en PF). Il mesure 257 m de long pour 49 m de large. Sa construction est achevée en février 2012 et le bobinage des aimants commence en 2013.

Atelier cryostat

Le bâtiment cryostat est destiné à assembler les composants du cryostat, fabriqués en Inde. Le bâtiment est terminé en septembre 2014 et le premier élément de cryostat doit être livré en septembre 201572.

Bâtiment d’assemblage

Dans le bâtiment d’assemblage sont pré-assemblés les éléments du tokamak avant leur installation.

Il est situé près de la fosse sismique et du complexe tokamak. Il mesure 60 mètres de haut, 97 mètres de long, 60 mètres de large.

Le siège

Le bâtiment administratif contient des bureaux pour huit cents personnes ainsi que des salles de conférence, de réunion, un restaurant, une bibliothèque, un auditorium et une salle de réalité. Le siège d’ITER est situé en contrebas de la plateforme et conçu en forme d’aile. Il a été achevé en 2012, mais une extension a été finalisée en 2014 pour accroître la capacité d’accueil du bâtiment (jusqu’à 800 personnes) .

Les objectifs techniques

Deux objectifs principaux

Le premier objectif consiste à générer un plasma de fusion équivalent à 500 MWth de puissance thermique en consommant seulement environ 300 MWe de puissance électrique pendant 400 s (6 min 40 s), dépassant ainsi le « seuil de rentabilité ». Le record mondial est, en 2020, une puissance thermique de 16 MWth générée pour une puissance électrique fournie de 700 MWe, pendant une seconde, réalisée par le tokamak européen JET.

Le second objectif vise à maintenir les réactions de fusion dans le plasma pendant au moins 1 000 s (16 min 40 s) et jusqu’à 3 000 s (50 min). Dans ce cas, pour 300 MWe fournis, seuls 250 MWth seraient produits. Le record mondial de durée est, en 2020, de 6 min 30 s, réalisé par le tokamak français Tore Supra en 2003.

Autres objectifs

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Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (avril 2019)

  • Démontrer la capacité du système à régénérer le tritium au moins de façon théorique
  • Démontrer la capacité du système à extraire l’hélium produit

Problématiques scientifiques et techniques

La fusion est un domaine à la fois novateur conceptuellement et techniquement. Les problèmes à résoudre sont nombreux et très complexes. Tous sont clairement identifiés depuis le début du projet et font l’objet de recherches intenses par de nombreux laboratoires de par le monde. Certains défis semblaient impossibles à relever il y a une dizaine d’années. De nos jours, même les plus grosses difficultés présentent des axes de tests et d’essai, qui sont justement le but d’un réacteur expérimental.

Problèmes majeurs

Contrôle des disruptions

Une protubérance solaire importante, conséquence d’une disruption dans le flux de plasma.

Dans un fluide en écoulement turbulent et soumis à d’intenses champs magnétiques, des concentrations locales du champ magnétique peuvent créer des boucles de champs (modes de disruptions). L’exemple typique sont les protubérances solaires. Le même phénomène peut se produire dans le plasma et conduire à la projection de particules hautement énergétiques sur la paroi du réacteur, phénomène appelé une disruption. Les conséquences sont une dégradation de la paroi du réacteur, un arrêt de la réaction et une sollicitation mécanique intense des bobines et de la structure.

Plusieurs solutions sont étudiées. La première est d’augmenter le volume du plasma pour le stabiliser, d’où en partie le volume du réacteur. Les autres solutions testées dans ITER reposent sur un système de détection rapide des disruptions (opérationnel à ce jour, mais encore trop lent pour éviter que certaines décharges disruptives n’endommagent le matériel)76 pour :

  • neutraliser le plasma (injection de gaz neutres) ;
  • désamorcer les disruptions par modulation du chauffage micro-ondes.

Maîtrise de la radiolyse

La radiolyse de l’eau est connue depuis plus d’un siècle. Elle est un problème pour toutes les installations qui utilisent de l’eau près de sources radioactives intenses. Au vu de l’intensité des rayonnements en jeu, les risques de radiolyse sur les matériaux du réacteur sont très importants sur ITER (environ dix fois plus élevés que dans une centrale nucléaire). On peut identifier deux produits particulièrement sensibles :

  • la paroi du réacteur, en contact direct avec le flux ;
  • l’eau de refroidissement, proche de la paroi (avec un risque potentiel de corrosion ou d’explosion des tuyaux).

Le défi est de trouver la solution optimale qui limitera les déchets radioactifs et de maîtriser les flux de particules et rayonnement au travers des différents matériaux. C’est l’un des axes notables de recherche autour d’ITER, et l’une de ses raisons d’être.

Contrôle de l’érosion de la paroi et de certains éléments insérés dans la paroi

Grâce au confinement magnétique, le plasma est très chaud dans sa partie confinée mais beaucoup moins chaud en périphérie (zone dite «  plasma de bord »). La température électronique du cœur du plasma magnétisé atteint environ 1 keV, alors que le bord se maintient entre 10 et 50 eV. Les concepteurs du tore d’ITER y ont prévu des flux thermiques moyens de l’ordre du mégawatt par mètre carré pour les parois, mais pouvant atteindre 15 à 20 MW/m2 localement ou épisodiquement sur les composants les plus sollicités des parois, « pointant un problème critique de durée de vie et d’érosion ».

Des écoulements plasmas périphériques auto-générés contrôlent en grande partie la migration des impuretés métalliques issues de l’érosion de ces parois, et il est possible que ces écoulements puissent rétroagir sur les processus de déconfinement et influencer l’établissement spontané de « barrières de transport », mais les fortes asymétries de flux sont encore mal comprises. ITER utilise l’hydrogène et ses isotopes, or l’hydrogène se solubilise dans de nombreux métaux et les fragilise ; le phénomène de fragilisation par l’hydrogène doit être dans ce contexte parfaitement maîtrisé et pris en compte.

En fonctionnement, et en cas d’accident avec entrée d’air, l’un des risques posés par ITER est la possible formation d’une atmosphère inflammable composée de poussières et d’hydrogène, explosive dans ce contexte. En effet, il est prévu que le plasma contenu dans la cuve à vide (VV) érodera lentement les surfaces des parois composées de tungstène, de béryllium et de graphite en générant « plusieurs centaines de kilogrammes de poussière métallique et de particules de graphite ». Si de l’eau ou de l’air pénètre dans le tore aux températures rencontrées là, la vapeur peut réagir avec les poussières et les matériaux métalliques (béryllium et tungstène essentiellement), dont les surfaces seront chaudes, et réagir en produisant de l’hydrogène (par craquage de l’eau). Une explosion serait source de charges de pression élevées.

Avant 2016, il existait une littérature scientifique assez abondante sur le phénomène de détonation d’hydrogène et sur la combustion de mélanges à base d’hydrogène, évoquant notamment l’importance des vitesses de combustion laminaire, des délais d’auto-inflammation aux échelles de pressions et de températures qui sont celles d’ITER ou encore des paramètres de détonation, mais aucune donnée n’était disponible sur les mélanges gazo-nanoparticulaires ou particulaires tels que ceux prévus dans le tore d’ITER. Cette lacune commence à être comblée avec une étude de 2016, qui présente plusieurs modèles de réactions explosives dues à la combustion de mélanges poussière métallique-hydrogène-air dans une enceinte fermée de ce type.

Contrôle de la diversion des déchets

Divertor du JET.

Comme toute réaction, la fusion fabrique des déchets. Son processus génère dans le réacteur des résidus d’érosion du tore (centaines de kilogrammes de poussière de métal) et de l’hélium (produits de la réaction). Pour cette raison, il faut faire diverger une partie du flux du plasma contenant l’hélium vers le bas du tokamak. C’est le rôle du divertor, pièce hautement sensible du réacteur. Des divertors fonctionnent dans d’autres tokamaks depuis des décennies. Le divertor d’ITER a une géométrie et une technologie de base arrêtée depuis longtemps. En revanche, la maîtrise fine du flux et des matériaux de la paroi conditionneront la rentabilité industrielle du système, d’où l’importance de la recherche qui sera menée autour de cet élément.

Problèmes secondaires

Isolation thermique

L’isolation thermique du plasma était un grand défi, car le plasma chauffé à de telles températures rayonne beaucoup, ce qui correspond à une perte d’énergie, comme un morceau de fer chauffé à blanc (rayonnement notamment en infrarouge, cause essentielle de son refroidissement). De plus, il est très peu dense, donc se refroidit très vite. Dans des petits tokamaks, on atteint rapidement des températures où le plasma perd quasi instantanément toute l’énergie qu’il reçoit, ce qui représente une limite de température. Cette limite est trop basse pour pouvoir déclencher les réactions de fusion.

La solution consiste à construire un réacteur plus gros, qui permette d’augmenter le volume du plasma et donc de limiter son rayonnement : une plus grande proportion de rayonnement sera dirigé et re-capté par une autre région du plasma, limitant grandement les pertes thermiques. C’est une des raisons essentielles de la taille et de l’envergure du projet ITER.

Approvisionnement en deutérium

Le deutérium constitue 0,015 % des atomes d’hydrogène et peut être extrait de l’eau de mer (≈32,4 g/m3) pour un coût d’environ 4 000 €/kg (estimation de 2001)102.

Techniquement, il n’y a pas de défi technologique, et ce problème ne concernerait que les centrales de production industrielles (et pas un réacteur expérimental tel qu’ITER).

Approvisionnement en tritium à partir du lithium

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Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (avril 2019).  Article connexe : Tritium#Production.

Généralités

La période ou demi-vie du tritium (12,32 ans) est trop courte pour le trouver naturellement autrement qu’à l’état de traces infimes. La conservation du tritium sur de longues durées suppose des extractions périodiques de l’hélium 3 produit par radioactivité bêta ; environ 5,47 % du tritium est ainsi perdu chaque année. On ne sait en fabriquer qu’en faible quantité, notamment dans les réacteurs à eau lourde, et à un coût de trois mille dollars par gramme en 2004. La charge de tritium d’ITER représente donc une masse importante en comparaison des stocks détenus par les principaux producteurs, l’Inde ou le Canada.

L’inventaire total en tritium sur ITER pendant son exploitation en phase nucléaire sera de l’ordre de 2 kg, ce qui nécessitera une prise en charge spécifique pour éviter tout impact biologique et écologique du tritium.

La solution proposée, le confinement du tritium (en faibles volumes et pour de faibles durées), ne pose pas de problème majeur mais une vigilance particulière est inhérente à la manipulation d’un gaz radioactif qui peut contaminer l’air et l’eau (eau tritiée). En revanche, la génération in situ de ce tritium est un enjeu important : l’utilisation de lithium dans des cellules génératrices de tritium installées dans la paroi du réacteur permettrait de générer automatiquement le tritium nécessaire (par désintégration du lithium sous le bombardement de particules issues du plasma). C’est le concept de paroi tritigène.

Génération de tritium

Un des enjeux d’ITER est que le réacteur produise le tritium dont il a besoin, matière première de la fusion. Ce tritium est produit à partir d’une source dite tritigène, le lithium :

  • la réaction de fusion du deutérium et du tritium libère un unique neutrona de forte énergie (14,1 MeV), dans tous les cas, accompagné d’une particule alpha (chargée électriquement donc restant dans le tokamak) de 3,5 MeV (total libéré par la fusion nucléaire deutérium tritium = 17,6 MeV) ;
  • la formation d’un atome de tritium à partir d’un atome de lithium demande un neutron ; lorsqu’il capture un neutron, le noyau de lithium 6 se désintègre en une particule α et un noyau de tritium. La réaction étant exothermique la cellule tritigène doit être refroidie, avec des précautions le cas échéant, car le lithium explose au contact de l’eau, et l’eau ne doit pas être craquée en hydrogène et oxygène par la radioactivité ambiante ou liée aux disruptions. Une autre réaction (endothermique, à seuil de 2,466 MeV) est envisageable avec le lithium 7, mais son rendement est moindre.

Idéalement, le neutron formé par la réaction deutérium–tritium réagit avec un noyau de lithium, générant ainsi le noyau de tritium perdu. Cependant, en pratique ces neutrons sont perdus en grande proportion, du fait du procédé. Le neutron, ne possédant pas de charge, est insensible au confinement, et finalement le flux de neutrons est presque isotrope, c’est-à-dire dispersé. En outre, il est à sa naissance très rapide (14,1 MeV)), donc très pénétrant, et sort rapidement du plasma pour aller causer de graves dommages à la structure, qui devient aussi radioactive, dans ce cas par activation neutronique.

Bilan neutronique

Pour régénérer le tritium dépensé, il faut donc multiplier les neutrons de fuite pour compenser ceux absorbés par la structure. Ceci est possible via la réaction d’un neutron sur un noyau de plomb, qui libère deux neutrons. Le mélange plomb/lithium est ainsi envisagé pour les couvertures du tokamak en remplacement du carbone, qui ne résistait pas à la disruption et à l’érosion par le plasma105.

Extraction de l’hélium

Lors de la fusion, les noyaux d’hélium produits (chargés électriquement) restent dans le tokamak et étouffent progressivement la réaction deutérium tritium. Il faut donc extraire l’hélium produit du mélange deutérium tritium de façon continue ou plus probablement périodiquement, de façon pulsée ; on parle du « pompage » de l’hélium. Dans la perspective d’un fonctionnement continu, il est nécessaire que cette opération soit faisable assez rapidement, sauf à devoir maintenir un stock important de deutérium tritium.

Fragilisation des matériaux par les neutrons rapides

Le prix Nobel de physique japonais Masatoshi Koshiba exprime des réserves au vu des problèmes posés par les neutrons rapides :

« dans ITER, la réaction de fusion produit des neutrons de grande énergie, de 14 MeV, niveau jamais atteint encore. (…) Si les scientifiques ont déjà fait l’expérience de la manipulation de neutrons de faible énergie, ces neutrons de 14 MeV sont tout à fait nouveaux et personne à l’heure actuelle ne sait comment les manipuler (…) S’ils doivent remplacer les absorbeurs tous les six mois, cela entraînera un arrêt des opérations qui se traduira en un surcoût de l’énergie106. »

Pierre-Gilles de Gennes craint également que les bobines supraconductrices ne résistent pas au flux de neutrons : « connaissant assez bien les métaux supraconducteurs, je sais qu’ils sont extraordinairement fragiles. Alors, croire que des bobinages supraconducteurs servant à confiner le plasma, soumis à des flux de neutrons rapides comparables à une bombe H, auront la capacité de résister pendant toute la durée de vie d’un tel réacteur (dix à vingt ans), me paraît fou. » En l’état actuel de conception, il est prévu que la paroi et l’eau de refroidissement limiteront grandement les flux de particules énergétiques et que les matériaux les plus sensibles seront régulièrement remplacés.

Richard Majeski (en) et ses collaborateurs ont publié une méthode qui permettrait de supporter le flux des neutrons108. Cette méthode consiste en une première barrière de lithium liquide avec pour but de protéger la seconde barrière qui, elle, est solide. Cette méthode aurait été expérimentée avec succès sur le réacteur d’essai Current Drive Experiment-Upgrade (CDX-U) du laboratoire PPPL de l’université de Princeton. Les performances du réacteur auraient également été améliorées, la tension pour maintenir le courant dans le plasma ayant été divisée par quatre.

Critiques

banderole contre le projet ITER.

Des physiciens, bien que favorables à l’énergie nucléaire, estiment qu’il est prématuré de construire ITER alors que des « verrous technologiques » n’ont pas été levés :

  • Sébastien Balibar, physicien de l’École normale supérieure, indiquait en 2005 : « On nous annonce que l’on va mettre le Soleil en boîte. La formule est jolie. Le problème, c’est que l’on ne sait pas fabriquer la boîte111. »
  • Pierre-Gilles de Gennes, prix Nobel de physique 1991, indiquait en 2006 : « le projet ITER a été soutenu par Bruxelles pour des raisons d’image politique (…) un réacteur de fusion, c’est à la fois Superphénix et l’usine de retraitement de la Hague au même endroit107. ». Bien qu’ancien ingénieur du CEA, il a formulé de nombreuses réticences vis-à-vis du réacteur expérimental ITER et des multiples difficultés du projet comme l’instabilité des plasmas, les fuites thermiques et la fragilité des métaux supraconducteurs.

Critiques de militants antinucléaires :

  • Frédéric Marillier, ingénieur en génie de l’environnement112 chez Greenpeace et directeur d’Enercoop113, dénonçait le projet en 2005 dans L’Humanité, affirmant que « la fusion nucléaire pose exactement les mêmes problèmes que la fission nucléaire, y compris la production de déchets radioactifs et les risques d’accidents nucléaires et de prolifération114 »
  • Les militants antinucléaires dénoncent en 2006 un projet incertain, dangereux et très coûteux115.
  • Stéphane Lhomme, écologiste antinucléaire et sociologue de formation, soutient en 2005 que l’on ne parviendra jamais à produire de l’énergie de façon industrielle avec la fusion nucléaire116. Le projet de recherche ITER serait donc selon lui un moyen de financer indirectement l’industrie nucléaire.

Critiques liées au projet

  • La présence de plusieurs kilogrammes de tritium, matière nécessaire à la confection des bombes thermonucléaires (bombes H). Bien que la technologie des bombes H soit très complexe et totalement différente de celle d’ITER, la production de tritium ferait courir un risque de prolifération nucléaire117.
  • Le tritium est un isotope radioactif de l’hydrogène de période courte. Le risque est lié à la possibilité de rejets accidentels non contrôlés, dans l’environnement.

Articles détaillés : radiotoxicité du tritium et Tritium#Impacts biologiques et écologiques du tritium.

  • G. A. Wurden, physicien au National Nuclear Security Administration (États-Unis) est très critique quant à la durée de vie d’ITER principalement à cause des disruptions mettant en jeu d’énormes quantités d’énergie118. Le physicien Cédric Reux, dans sa thèse de doctorat, conclut, au sujet des disruptions, que « la nécessité de les éviter ou de les maîtriser devient donc indispensable, l’évitement n’étant pas toujours possible »119.
  • Si l’on n’apprend pas à empêcher les disruptions, la détérioration rapide de la chambre de confinement (notamment évoquée ci-dessus par le professeur Masatoshi Koshiba) imposerait des remplacements réguliers (coûteux et nécessitant d’interrompre la production d’énergie) et produirait une quantité importante de déchets radioactifs. Cependant, même si la maîtrise de ces événements violents n’est pas obtenue, une autre configuration que le tokamak, le stellarator permet d’éliminer ce problème. Cette configuration n’a pas été retenue pour ITER car elle n’était pas aussi avancée que la filière Tokamak à l’époque du choix de la conception du projet.
  • Investissement considérable, aux dépens d’autres axes de recherche (notamment sur les réacteurs à fission surgénérateur au thorium ou au plutonium selon Georges Charpak, ou pour la maîtrise de l’énergie ou les énergies renouvelables selon certaines associations écologistes)[réf. nécessaire].
  • L’ingénieur Yves Lenoir, conseiller de Corinne Lepage (avocate ex-ministre française de l’environnement) sur les questions énergétiques, préconise en 2011 « l’arrêt de toute recherche sur la fusion » et donc l’abandon du projet ITER120.

Critique de la faisabilité

D’après des physiciens dont Sébastien Balibar, Yves Pomeau et Jacques Treiner121, la mise en œuvre d’un réacteur à fusion à l’échelle industrielle suppose de résoudre préalablement plusieurs problèmes :

  • maîtrise des réactions de fusion, particulièrement d’une réaction auto-entretenue ;
  • maitrise et gestion d’une production massive de tritium ;
  • invention d’un matériau résistant aux flux de neutrons (produits par la fusion) pour les enceintes de confinement122,123 ;
  • maîtrise de l’inhibition de la radiolyse de l’eau par addition d’hydrogène, car cette inhibition est très sensible à la concentration de l’hydrogène, à la température de l’eau, à la nature du rayonnement et à la présence éventuelle d’impuretés chimiques, par exemple issue de la corrosion qui peut être exacerbée par la radiolyse (formation d’oxygène et d’eau oxygénée augmentant la corrosion124) ou certains dysfonctionnements du réacteur (« Une très faible modification de l’un de ces paramètres lorsqu’on est proche du seuil peut faire brutalement basculer la radiolyse de l’eau »124). L’acide borique est classiquement utilisé, mais au-delà d’une certaine concentration (seuil variant selon divers paramètres dont la température, la pression…), la décomposition de l’eau est brutalement accentuée, « avec formation d’hydrogène, d’oxygène et d’eau oxygénée. Ce phénomène brutal est dû à l’empoisonnement de la réaction en chaîne recombinant H2 et H2O2. Dans certains cas, on observe un phénomène de saturation : lorsque les concentrations de O2 et H2O2 augmentent trop, la réaction en chaîne s’arrête. Cette saturation fut confirmée par des simulations sur ordinateur124 ».
  • maîtrise des conséquences des disruptions en situation de très fortes température, pression et rayonnement.

Le tokamak ITER ne s’attaque explicitement qu’au premier de ces problèmes, même si l’installation International Fusion Materials Irradiation Facility a été incluse dans le projet pour l’étude de la résistance des matériaux aux neutrons de 14,1 MeV.

Non-conformités

Le 26 janvier 2012, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a jugé que la gestion des non-conformités n’était pas satisfaisante lors de l’inspection des patins parasismiques.

En 2012, des fissures microscopiques ont été détectées sur les murs de soutènement. Une inspection de l’ASN a permis de montrer que l’organisation interne dans le suivi de ces non-conformités avait été à nouveau défaillante125. Ces non-conformités dans le béton restent cependant inévitables dans un projet de cette envergure qui n’est pas un projet industriel, mais qui relève de la recherche[réf. souhaitée].

Dépassement de budget

Le coût d’ITER est passé de 5 à 19 milliards d’euros, auxquels s’ajoutent 5,3 milliards d’euros de coût d’exploitation sur 20 ans, soit près de quatre fois les estimations de 2006, ce qui pose des problèmes de financement au niveau européen127. La France a déjà investi 1,2 milliard d’euros et la commission européenne 6,6 milliards128. Au coût direct pris en charge par la France, on peut associer une partie du coût de construction du réacteur Jules Horowitz. En effet, un des intérêts techniques de ce dernier projet est de tester les enceintes soumises au bombardement du spectre neutronique intense, qui est un point clef à résoudre pour la viabilité du projet Iter129.

À titre de comparaison, le marché mondial de l’énergie représente un volume annuel d’environ 3 500 milliards d’euros. Le coût du projet ITER pèse pour 15 % de l’ensemble du budget consacré à la recherche nucléaire ; notamment, la contribution de la France au projet, prévu pour 20 ans, est inférieure à celle dévolue au CERN et à son accélérateur de particules.

Impact sur l’environnement

Rejets radioactifs

Selon les concepteurs d’ITER, un accident aurait des conséquences considérablement moins importantes que dans le cas d’un réacteur à fission. En effet, les réacteurs de fusion nucléaire ne produisent pas de déchet de haute activité à vie longue (cf. ci-dessous, « Déchets radioactifs »).

Les risques d’accidents nucléaires ne sont pas comparables, car il n’y a pas de risque d’explosion nucléaire : la quantité de combustible présente dans le réacteur ne permet d’alimenter la combustion que pendant quelques secondes ; comme les conditions très spécifiques de la réaction de fusion sont difficiles à obtenir et à maintenir, toute perturbation entraînera un refroidissement quasi instantané du plasma et un arrêt de la réaction ; le processus de fusion ne présente donc aucun risque en soi et il n’existe aucun danger d’emballement de la réaction conduisant à une explosion.

Contrairement aux réacteurs à fission, où tout le combustible nucléaire est placé dans le cœur du réacteur dès le début (une centaine de tonnes d’uranium et/ou de plutonium pour un REP), un réacteur à fusion est alimenté au fur et à mesure en combustible (quelques grammes). La réaction nucléaire peut être arrêtée immédiatement : il suffit d’arrêter d’injecter du combustible dans l’enceinte sous vide.

Il n’existe pas non plus de risque de contamination à grande échelle : la conception d’ITER est telle que, même en cas de brèche accidentelle dans le tokamak, les niveaux de radioactivité à l’extérieur de l’enceinte seraient encore très faibles ; pendant l’exploitation normale, l’impact radiologique d’ITER sur les populations les plus exposées sera mille fois inférieur au rayonnement ionisant naturel, et dans les scénarios les plus pessimistes, comme un incendie dans l’installation de traitement du tritium, aucune évacuation des populations avoisinantes ou autre contre-mesure ne serait nécessaire. La Commission européenne estime qu’en cas d’accident les rejets d’effluents radioactifs, sous quelque forme que ce soit, ne seront jamais susceptibles d’entraîner, même en cas d’accident nucléaire, une contamination radioactive à l’extérieur des frontières françaises.

Déchets radioactifs

La quantité, l’activité et la durée de vie des déchets nucléaires seront nettement plus faibles. Il n’y a pas production de déchets radioactifs à haute activité ou à durée de vie longue. Le produit de la fusion est de l’hélium, un gaz non radioactif. Seuls les matériaux soumis à l’impact des neutrons de la réaction vont devenir radioactifs, mais la demi-vie de la plupart des radioéléments présents dans ces déchets ne dépasse pas la dizaine d’années, si bien que leur radioactivité aura diminué fortement au bout de cent ans, rendant ainsi possible le recyclage des matériaux. Par comparaison, les centrales à fission produisent des déchets dont la durée de vie va jusqu’à des centaines de milliers d’années.

Comparaison avec une bombe à fusion

S’agissant d’une réaction thermonucléaire comme pour une bombe H, la question pourrait se poser du risque d’explosion d’un tel réacteur. Il n’y a toutefois pas de rapport entre une bombe H et un tokamak. Dans une bombe H on réalise une explosion en comprimant le mélange de tritium et de deutérium jusqu’à une densité supérieure à celle de l’état solide. Dans un réacteur à fusion, la densité du mélange deutérium-tritium est dix millions de fois plus petite que celle de l’air ambiant.

Risques de prolifération et application militaire

La recherche sur la fusion par confinement magnétique, dont ITER est une étape importante, n’a pas d’applications militaires (contrairement à la recherche sur la fusion inertielle, telle que menée sur le laser mégajoule à Bordeaux). Un pays qui maîtriserait une technologie de type ITER ne serait pas plus avancé si son objectif est d’obtenir une bombe H.

Impact local sur la biodiversité

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Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (mai 2016)

La forêt centenaire de Cadarache qui s’étendait sur mille deux cents hectares avant le début des travaux, est maintenant réduite à huit cents hectares.

On y dénombre près de quarante espèces protégées sur les quatre cents présentes telles que :

  • le lézard ocellé (il a été déporté hors du site dans un lieu propice à son développement) ;
  • l’orchidée sauvage (une zone a été préservée lors des travaux afin de protéger son milieu de vie) ;
  • le scarabée pique-prune, qui se nourrit de bois mort a changé d’environnement (du bois mort a été accroché aux logements des pique-prunes car leurs moyens de déplacements sont réduits).
  • Pour acquérir ce site, ITER a dû prendre des mesures compensatoires sur le long terme

France, le centre de Cadarache est le plus grand centre de recherche et développement en Europe sur l’énergie nucléaire (la fission et la fusion)

43° 41′ 15″ nord, 5° 45′ 43″ est

Centre de Cadarache

Le CEA vu du château de Cadarache (mars 2008)
Type d’installation
DomaineInstallation nucléaire
Localisation
Pays France
Coordonnées43° 41′ 15″ nord, 5° 45′ 43″ est
Vie de l’installation
Autorisée le26 octobre 1959
Date de mise en service1963
Production
Géolocalisation sur la carte : France Centre de Cadarache (Voir situation sur carte : Europe)(Voir situation sur carte : Bouches-du-Rhône)(Voir situation sur carte : France)
modifier 

Le centre d’études de Cadarache est le plus grand centre de recherche et développement en Europe sur l’énergie nucléaire (la fission et la fusion), les nouvelles technologies de l’énergie et la biologie végétale. Il comprend 19 installations nucléaires de base (INB) et une installation de base secrète (INBS) et emploie en moyenne 5 000 personnes, dont 2 400 salariés du CEA. Le reste de l’effectif est constitué d’agents d’ORANO, de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), et de celui des divers sous-traitants. En outre, le CEA reçoit environ 9 000 visiteurs par an ainsi que 700 stagiaires universitaires et scolaires.

Le site de 1 625 hectares (dont 867 clôturés) se trouve au confluent du Verdon et de la Durance, sur la commune de Saint-Paul-lès-Durance dans les Bouches-du-Rhône, à une quarantaine de kilomètres au nord d’Aix-en-Provence, aux confins de trois autres départements (Alpes-de-Haute-ProvenceVar et Vaucluse).

Les activités du centre du CEA/Cadarache sont réparties autour de plusieurs plates-formes de recherche et développement sur l’énergie nucléaire (fission et fusion) et aussi sur les énergies alternatives aux énergies fossiles (biomasse, bioénergie, solaire photovoltaïque et thermodynamique) et les études sur l’écophysiologie végétale et la microbiologie. Le budget du CEA Cadarache est de l’ordre de 400 millions d’euros annuels (hors masse salariale).

Sommaire

Histoire

Origines

Château de Cadarache.

L’hypothèse la plus fréquente sur le nom Cadarache est une origine étymologique grecque proche du mot latin cataracta (chute d’eau, écluse, barrage), le site étant situé au confluent du Verdon et de la Durance.

Le domaine de Cadarache, en partie biens d’émigrés, de la famille de Castellane, fut vendu aux enchères. Puis, sous la monarchie de Juillet, après bien des vicissitudes, les terres partiellement rachetés par la famille de Castellane furent cédées à Jean-Joseph Barthelon, entrepreneur à Toulon et l’un des plus grands propriétaires des Bouches-du-Rhône. Son fils, Eugène (1833-1905) restaure le château et exploite les terres, dont la rentabilité sera sans cesse en déclin. À sa mort, il fait don de tous ses biens à la commune d’Embrun, dont sa famille était originaire. Les revenus de l’exploitation des quelques hectares cultivés et de la location de la chasse étant insuffisants, la commune d’Embrun se décida à mettre en vente le domaine, à la moitié du prix payé par l’entrepreneur1.

En 1919, un seul acheteur se présenta ; ce fut Charles Labro, architecte et homme d’affaires ; il fit l’acquisition de Cadarache et d’une forêt à Moissac-Bellevue dans le Var en vue d’échanger l’essentiel (au total 2 551 hectares, dont 1 809 hectares de Cadarache et 742 hectares de Moissac), contre 493 hectares au Cap Ferret appartenant à l’État (forêt domaniale de Garonne)1. Ce domaine a été complété par l’achat de terrains en 1960, appartenant par le passé principalement à la marquise de La Hamayde (1833-1905), née Anne de Bausset-Roquefort.

À Cadarache, l’État, nouveau propriétaire fut plus efficace que la commune d’Embrun : il pratiqua la culture de plantes à parfums et à essences médicinales. En 1924, création d’un parc de repeuplement de 150 hectares pour le gibier et introduction de cerfs Sika offerts à la France par l’empereur du Japon, puis de mouflons corses en 1935, populations toujours présentes. Les premiers individus de la population de mouflons devaient être offerts en cadeau au roi Alexandre Ier de Yougoslavie lors de sa visite en France en 1934, mais celui-ci fut assassiné après avoir débarqué à Marseille. Quelques chevreuils sont également présents2. En 1935, l’État a installé dans le château de Caradache l’École nationale des garde-chasses sous l’impulsion du conservateur des Eaux et Forêts Paul Gouilly-Frossard (1882-1967)3, alors directeur des chasses présidentielles.

Le château de Cadarache, restauré par le commissariat à l’Énergie atomique et aux Énergies alternatives (CEA) de 1960 à 1965, est désormais une structure d’accueil pour les travailleurs extérieurs et visiteurs du centre d’études nucléaires (CEA). Ce château du XVe siècle, a été inscrit aux Monuments historiques en 19254.

Après la création du centre CEA et du site ITER, les espaces naturels restants forment la forêt domaniale de Cadarache, qui jouxte le centre de Cadarache, s’étendent actuellement sur 802 hectares5. Elle est composée principalement de taillis de chêne vert et pubescent6. Le centre de Cadarache est lui-même une surface boisée à 80 %, gérée par l’ONF. La forêt domaniale de Cadarache jouxte également la forêt domaniale de Vinon sur Verdon et forme avec la zone boisée du centre de Cadarache un continuum forestier.

Les travaux réalisés pour la construction du centre ont mis au jour deux nécropoles : une datée de l’âge de fer (VIe siècle av. J.-C.) et l’autre gallo-romaine datée du IIIe au VIe siècle de notre ère. En particulier en avril 1964, est mise au jour une tombe consacrée à l’inhumation d’un sanglier, reposant sur un lit de galets et avec une hache polie à proximité de la tête. Après les fouilles, une partie de ces tombes a été reconstruite et est exposée sur le centre.

Création du centre CEA de Cadarache : 1959-1963

Entrée du centre

Le centre de Cadarache a été créé par le commissariat à l’Énergie atomique (CEA) le 14 octobre 19598 et inauguré en 1963. C’est le 5e et dernier centre de recherche civile du CEA construit, après Fontenay-aux-Roses (1946), Saclay (1952), Marcoule (1955) et Grenoble (1956). Le CEA prospectait pour un nouveau site depuis 1957 et son choix est fixé en 1958. Il dépêche alors dans la région monsieur Léon Martin qui ouvre un bureau à Marseille. Le décret d’octobre 1959 officialise la création du Centre. René Faure, frère de Maurice Faure, est nommé comme premier directeur du centre et Léon Martin comme son adjoint. Ils le resteront jusqu’en 1973. Les travaux débutent en mars 1960 après l’achat des derniers terrains. Le CEA Cadarache compte alors 88 agents.

La création du site rencontre l’opposition de Jean Giono, originaire de la région et qui réside alors à une dizaine de kilomètres9. La marquise de La Hamayde s’oppose également à la création du centre. Toutefois la création du centre bénéficie de forts soutiens politiques locaux, en particulier celui de Louis Philibert, alors conseiller général du canton de Peyrolles. Lors d’une réunion publique il s’opposera à un avocat parisien embauché par la marquise de La Hamayde en finissant son discours en provençal. Il déclare alors : « Ce monsieur-là, vous ne l’avez jamais vu. Alors regardez bien comment il est fait, parce que tout à l’heure, il va encaisser sa plaidoirie, il va repartir à Paris et vous ne le reverrez jamais plus. Tandis que moi, vous allez me revoir, car je serai à nouveau candidat au conseil général ». En 1961, Louis Philibert est réélu avec 92 % des voix. Il sera député des Bouches-du-Rhône de 1967 à 1989.

Les objectifs initiaux du centre de recherche de Cadarache étaient d’étudier la propulsion nucléaire navale pour les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), ainsi que la filière des réacteurs à neutrons rapides (RNR). Le premier prototype de ce type de réacteur, Rapsodie, y a été construit puis mis en service en 1967. Le suivant, Phénix, a été construit sur le site de Marcoule, mis en service en 1973 et exploité jusqu’en 2008.

Les premiers travaux de 1960 concernent les ATPu (Ateliers de technologie du plutonium), le prototype à terre (PAT), et le hall d’essai HR1 destiné à la fabrication de composants pour Rapsodie. Une première maquette critique (Peggy) est mise en service en septembre 1961 en même temps que les ATPu. En janvier 1962 débutent les travaux de recherches du réacteur Rapsodie, premier réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium français. La construction de Cabri commence en août. Pegase (réacteur de recherche pour la filière française uranium naturel graphite gaz (UNGG) diverge le 4 avril 1963, Cabri le 24 décembre de la même année. Cabri, en cours de rénovation, est toujours en service en 2016.

Le centre de Cadarache est inauguré le 30 mai 1963 en présence de 400 invités, de Gaston Palewski, ministre de la recherche et de Francis Perrin, alors haut-commissaire à l’Énergie atomique.

Les effectifs du centre passent la barre des 2 000 salariés CEA en 1966 et atteignent un maximum de 3 427 en 1986 (salariés CEA uniquement). En 2016, l’effectif est de 2 100 salariés CEA.

Prototype de réacteur pour la propulsion nucléaire navale

Article principal : Prototype à terre.

Le général de Gaulle, qui créa le CEA (commissariat à l’Énergie atomique) en 1945, visite le centre, pour la première fois, le 24 septembre 1963. Au cours de la visite du chantier de Rapsodie, il déclare alors « je suis jaloux de ceux qui travaillent ici ». Il revient à Cadarache le 6 novembre 1967. Une grande partie de ces deux visites a été consacrée au prototype de réacteur pour la propulsion nucléaire navale, le prototype à terre (PAT), qui est un des grands objectifs de la création du CEA.

La pile critique Azur (acronyme pour Alliage Zirconium Uranium) qui est une maquette critique du PAT diverge le 9 avril 1962. Le PAT, dont la construction débute en 1960, diverge en 19647>.

Ce réacteur utilisait de l’uranium fortement enrichi (à 90 %). La France ne disposant pas, à l’époque, de capacité d’enrichissement suffisante, la première charge sera fournie par les États-Unis, à condition qu’elle soit réservée à un usage de recherche. Du 20 octobre au 18 décembre 1964, le PAT se lance dans une croisière virtuelle, fonctionnement équivalent à un tour du monde. Ce type de réacteur sera installé à partir de 1971 sur les sous-marins nucléaires lanceurs d’engin français (SNLE), dont le premier est le Redoutable. Lors de son exploitation qui dure jusqu’en octobre 1992, le PAT diverge plus de 3 500 fois et a servi à la formation de 2 800 marins. À partir de 1970 commence la construction d’un modèle de réacteur nucléaire plus compact destiné aux sous-marins d’attaque (SNA) et dénommé Chaudière Avancée Prototype (CAP). Elle diverge en novembre 1974. Après évolution la CAP devient RNG pour réacteur de nouvelle génération, modèle proche du K15 qui équipe les sous-marins de la classe Le Triomphant et le porte-avions Charles de Gaulle.

Les énergies renouvelables

À partir de 1976 les activités du CEA relatives à l’énergie solaire sont transférées à Cadarache à partir des centres de Saclay (solaire thermique) et de Grenoble (solaire photovoltaïque). Les équipes du centre participent alors, à la mise en service de la centrale solaire de Vignola en Corse en 1982. Les activités de recherche sur les énergies renouvelables à Cadarache concernent aussi la bioénergies. En 1980, BP Lavera transfère ses activités sur les micro-algues à Cadarache. On étudie à l’époque le rôle de Botryococcus braunii dans la synthèse du pétrole. La production de polysaccharides par Porphyridium cruentum est également étudiée. Cette activité de production d’algues en photo-bioréacteurs se poursuivra au sein de la société Héliosynthèse puis Thalia Parmaceuticals pour la production de Phorphydium cruentum, utilisée dans le traitement de la dégénérescence maculaire de la rétine.

À partir de 2010, le CEA devient le commissariat à l’Énergie atomique et aux Énergies alternatives et les activités de recherche sur les énergies renouvelables à Cadarache prennent de l’importance. La cité des Énergies développe des programmes de recherche sur l’énergie solaire photovoltaïque et de concentration, sur les bioénergies et en particulier les biocarburants de troisième génération, et sur l’efficacité énergétique des bâtiments méditerranéens. En 2016, la plateforme de recherche Mégasol pour l’étude du solaire photovoltaïque sur une surface de 71 Ha est en cours de construction.

Le centre CEA de Cadarache dans la littérature

En 1980, le centre de Cadarache sert, pour partie, de décor au roman de Dominique Lapierre et Larry Collins, Le Cinquième Cavalier. Dans ce livre, des terroristes envisagent, sans y parvenir, de voler du plutonium à Cadarache pour fabriquer une bombe. Dominique Lapierre s’était documenté pour rédiger son livre et avait visité le centre de Cadarache. La sortie de cet ouvrage entraîna la modification de certaines mesures de sécurité du centre, en particulier celles concernant les laboratoires de stockages plutonium.

Liste des installations

Site du centre de Cadarache

Sur le site de Cadarache, on trouve installations nucléaires de base et une INBS, celle de la recherche sur la propulsion navale.

Fabrication de combustible MOX (mélange d’oxyde)

Sur le centre du CEA/Cadarache, l’Atelier de technologie du plutonium (ATPu) a été arrêté en 2003 et est aujourd’hui en cours de démantèlement. Le plutonium qui y était utilisé provenait du retraitement des combustibles de centrales nucléaires réalisé à l’usine AREVA de la Hague. L’ATPu de Cadarache avait été mis en service en 1962 pour fabriquer du combustible, il a ainsi produit, au total, environ 350 tonnes de combustible MOX, mélange d’oxydes de plutonium et d’uranium, ainsi que le combustible destiné aux centrales Phenix et Super Phenix. Aujourd’hui, c’est l’usine MELOX sur le site de Marcoule qui fabrique ce type de combustible avec une capacité de production d’environ 200 tonnes par an. Après l’arrêt de la production en 2003, avec le programme MOX for peace, l’ATPu a fabriqué à partir de 140 kg de plutonium militaire d’origine américaine, du combustible pour les réacteurs qui produisent de l’électricité. Cette opération a été réalisée pour faire la démonstration de la faisabilité de cette transformation et non de la production industrielle. La masse totale de plutonium militaire à retraiter (entre Russes et Américains) étant estimée à 34 tonnes. L’ATPu a ainsi produit, au cours de cette opération démonstrative, le combustible pour quatre assemblages qui sont actuellement en cours d’utilisation dans la centrale nucléaire de Catawba (États-Unis). À la suite de cet essai, il a été décidé, aux États-Unis, la construction d’une usine de fabrication de MOX sur le site de Savannah River en Caroline du Sud à partir de matière nucléaire militaire.

Prototypes de moteurs nucléaires

Dans le domaine militaire, c’est sur ce site que sont construits les prototypes destinés à l’étude de la propulsion nucléaire, pour équiper les sous-marins nucléaires et les porte-avions. Le site héberge une installation nucléaire de base classée secrète (INBS) consacrée à la propulsion nucléaire exploitée par Technicatome. Il sert aussi de site de formation pour les marins atomistes.

Prototypes de réacteurs nucléaires de fission

Dans le domaine de la recherche dans le domaine de la production électronucléaire, le site de Cadarache dispose de plusieurs réacteurs expérimentaux :

  • Sura : Réacteurs expérimentaux (Cabri & Scarabée)10 [archive] ;
  • Éole : réacteur d’enseignement (de type piscine) ;
  • Minerve : réacteur d’enseignement (de type piscine) ;
  • Masurca : maquette de surgénérateur à Cadarache. Maquette destinée aux études neutroniques pour les réacteurs à neutrons rapides.

Plusieurs anciens réacteurs de recherche sont définitivement arrêtés, actuellement en phase de démantèlement nucléaire terminée ou plus ou moins avancée :

  • Harmonie : ancien réacteur dont le démantèlement total s’est achevé le 5 octobre 200711. Installation déclassée le 26 mai 200912.
  • Rapsodie : pour RAPides SODIum (INB 25) réacteur arrêté depuis avril 1983 et en démantèlement, il a permis des recherches dans le domaine des réacteurs à neutrons rapides. Il figure sur un timbre édité par la poste en 1965 pour les 20 ans du CEA
  • Phébus : réacteur expérimental utilisé pour des recherches sur la sûreté nucléaire13
  • Pégase : (INB22) ancien réacteur expérimental reconverti pour l’entreposage depuis 1980. Il sert à l’entreposage sous eau de combustibles irradiés et de fûts de sous-produits de fabrication, ceci dans l’attente de leur évacuation.

Un réacteur nucléaire de recherche est en cours de construction, le réacteur Jules Horowitz (RJH). En plus d’être destiné aux tests de composants des futures centrales nucléaires, il est destiné à produire des radio-isotopes à but médical (99Mo en particulier). À terme il doit être en mesure de produire 50 % de la consommation européenne de ces isotopes. Il remplacera en cela le réacteur Osiris de Saclay, lui-même en fin de vie. Le RJH devait être opérationnel en 2020 mais un décret du 12 octobre 2019 a repoussé de 9 ans le délai pour réaliser le premier chargement en combustible nucléaire du réacteur8. Il représente un budget global supérieur à 1,5 milliard d’euros. Il a été construit en collaboration avec l’Union européenne, la Finlande, la Belgique, l’Inde, le Japon, la République tchèque14 [archive].

Recherches sur la fusion

  • Tore Supra (rebaptisé WEST) : réacteur de fusion Tokamak
  • International Thermonuclear Experimental Reactor (ITER). La décision de construire ITER à Cadarache a été prise lors d’une réunion à Moscou le 28 juin 2005. La construction débute en 2007, sur un terrain de 180 hectares en dehors des limites actuelles de centre de Cadarache. En 2012, les fondations parasismiques sont en construction, et le radier du tokamak est achevé de construction en 2014. Le réacteur est supposé créer son premier plasma en 20259.  

Combustible nucléaire

  • CFCa : Complexe de fabrication des éléments combustibles au plutonium.
  • LDAC : Laboratoire de découpe des assemblages combustibles (à l’arrêt).
  • MCMF : Magasin Central des Matières Fissiles (INB 53) destiné à l’entreposage de matières nucléaires non irradiées en attente d’emploi dans d’autres installations, il doit être remplacé par l’installation Magenta.
  • LECA : Laboratoire d’examen des combustibles actifs (INB 55) il est associé au laboratoire STAR et sert à l’examen d’éléments combustibles après irradiation. Ses travaux participent, entre autres, à l’amélioration du taux de combustion, soit le rapport entre l’énergie produite et la quantité de combustible consommée et par la même de déchets produits.
  • LEFCA : Laboratoire d’études et de fabrication expérimentales de combustibles avancés (INB 123) étudie les céramiques combustibles nucléaires principalement à base d’oxyde d’uranium et d’actinides (plutonium, américium, neptunium, etc.). Il fabrique des assemblages expérimentaux destinés à des tests d’irradiation.
  • LPC : Laboratoire de purification chimique.
  • ATUe : Atelier de traitement de l’uranium enrichi (en démantèlement).
  • IRCA : Irradiateur de Cadarache (ex-INB 121) démantelée et déclassée en 2006 et destinée aux études sur le comportement des bitumes sous irradiations. L’ancien bâtiment abrite actuellement l’ICPE à caractère nucléaire TOTEM.

Déchets radioactifs

  • STED : Station de Traitement des Effluents et des Déchets
  • STEL : Station de Traitement des Effluents Liquides
  • AGATE : Atelier de Gestion Avancée et de Traitement des Effluents
  • CEDRA : Conditionnement et entreposage de déchets radioactifs
  • Chicade : R&D sur les déchets nucléaires de faible et moyenne activité
  • La Rotonde : Conditionnement et traitement de déchets TFA (Très Faible Activité)

Les déchets du projet ITER seront entreposés pendant 50 ans dans une installation assurant la décroissance radioactive du tritium, avant un stockage définitif dans les centres de l’Andra. Cette installation pourrait être réalisée à Cadarache pour minimiser les transports, ou sur le centre de Marcoule10.

Impact sur l’environnement

Le site de Cadarache dispose d’autorisations de prélèvements d’eau et de rejets, radioactifs et chimiques, liquides et gazeux. Les rejets gazeux radioactifs des installations nucléaires proviennent pour leur plus grande partie de la ventilation des différents locaux11. Conformément à la loi dite TSN (Transparence et sûreté nucléaire)12, le CEA dresse un bilan annuel de ses rejets, bilan qui fait l’objet d’un rapport et d’une présentation publique.

Le centre de Cadarache est certifié ISO 14001.

La biodiversité à Cadarache

Le nom Cadarache est celui de la forêt domaniale centenaire qui s’étendait sur 1 200 hectares avant le début des travaux d’ITER, maintenant réduite à 802 hectares.

On y dénombre près de 40 espèces protégées sur les 400 espèces présentes telles que13 :

  • le lézard ocellé (il a été déporté hors du site ITER dans un lieu propice à son développement)
  • l’orchidée sauvage (une zone a été préservée lors des travaux du site ITER afin de protéger son milieu de vie)
  • concernant le pique-prune, qui se nourrit de bois mort, un certain nombre d’arbres réservoirs de biodiversité, ont été conservés sur le site ITER. Pour certains autres, ils ont été déplacés et artificiellement greffé sur des arbres vivants afin de permettre le changement d’habitat de ces espèces qui ont une zone de déplacement très limitée.

Pour acquérir ce site, ITER a dû prendre des mesures compensatoires sur le long terme dont l’acquisition d’une surface de 480 hectares (contre 180 hectares pour le site lui-même) d’intérêt écologique équivalent et uniquement destinée à son étude et à sa préservation.

Accidents et incidents

Explosion chimique en mars 1994

Le 31 mars 1994, une violente explosion de sodium a eu lieu lors des opérations de démantèlement du réacteur nucléaire expérimental Rapsodie. Elle a fait un mort et quatre blessés14. Cet accident a été classé en niveau 2 sur l’échelle des incidents nucléaires (échelle INES). Il n’y a pas eu contamination radiologique de l’environnement.

Incendie en novembre 2004

Un départ de feu s’est produit avant d’être maîtrisé sur des pièces radioactives dans le Centre de Cadarache15, ce feu est resté confiné à l’intérieur de l’installation, il n’y a eu aucune contamination de l’environnement.

Panne sur une balance en mars 2006

Le 6 novembre 2006 à l’Atelier de technologie du plutonium (ATPu), d’Areva NC, des employés d’Areva-NC ont par deux fois chargé un broyeur avec des rebuts de pastilles de combustible MOX (mélange d’oxydes de plutonium et d’uranium). Une inspection de l’ASN, faite le 16 novembre, a conclu que la balance de contrôle du chargement du broyeur était cassée depuis mars 2006. La « masse critique » (+/- 16 kg de matière fissile) n’a pas été atteinte, mais bien au-delà des 8 kg autorisés, ce sont 13 kg de pastilles, équivalent à 3,9 kg de matière fissile, qui avaient été chargées dans le broyeur. À partir de 16 kg de matière fissile, dans certaines conditions de géométrie et en présence de modérateur, une réaction nucléaire aurait pu spontanément s’enclencher. L’incident a été rendu public par le CEA le 10 novembre 2006. Il n’a donné lieu à aucune contamination de l’environnement.

Ce sont la balance de pesage cassée, mais surtout des consignes « hors procédure » (l’opérateur utilisait une balance à côté du broyeur et non celle en dessous de celui-ci comme prévu) qui ont conduit à cet incident qui a été jugé par le CEA « sans conséquence pour l’environnement ou la santé » et ne nécessitant qu’un classement de niveau 1 sur l’échelle INES. Mais à la suite de « l’accumulation d’erreurs humaines » et aux « défaillances constatées dans les processus d’assurance de la qualité » démontrant des lacunes importantes dans la culture de sûreté de l’exploitant, l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire française) a annoncé le mardi 9 janvier 2007 avoir classé l’incident au niveau 2 de l’échelle internationale des événements nucléaires16.

Incendie en octobre 2008

Un incendie s’est produit le 1er octobre 2008 sur une installation non nucléaire17.

Sous-évaluation d’une quantité de plutonium

Le 6 octobre 2009, il est révélé que l’Atelier de technologie du plutonium contient, en rétention, 22 kg de plutonium (le CEA estime que la quantité totale pourrait s’élever à près de 39 kg), et non 8 kg comme initialement prévu par le commissariat à l’Énergie atomique.

L’Autorité de sûreté nucléaire a classé l’incident au niveau 2 le 15 octobre et a suspendu le démantèlement de cet atelier18. Le parquet d’Aix-en-Provence a ouvert une enquête préliminaire sur l’incident19.

À cette occasion, les relations entre l’Autorité de sûreté nucléaire et le CEA ont connu une véritable crise, un affrontement20 au plus haut niveau entre Bernard Bigot, l’administrateur général du CEA et André-Claude Lacoste, le président de l’ASN.

Cette matière résiduelle, constituée de poudres de très faible granulométrie, et très souvent invisible à l’œil nu, est la conséquence du fonctionnement industriel de l’installation entre 1966 et 2004. Dans cette période , il été produit 350 tonnes de combustible. Cette matière, déposée de façon diffuse dans les quelque 450 boîtes à gants de l’installation, a été rendue accessible (et donc mesurable) par les opérations de démantèlement en cours. La densité du plutonium est particulièrement élevée (19,8). Il est ici principalement présent sous forme d’oxyde de densité théorique 11,46. une unité de 20 kg de plutonium représente donc un volume d’environ 2 l, déposé de façon hétérogène dans 450 boîtes à gants, représentant une surface de dépôt potentiel de plus de 2 000 m2.

Sous-évaluation d’une quantité d’uranium faiblement enrichi

À la suite de la sous-évaluation de quantité en rétention constatée aux ATPu, le CEA Cadarache a entrepris une démarche de mesure des quantités de matières en rétention dans les installations en cours d’assainissement. Lors de ces opérations il a été constaté l’existence d’une rétention de l’ordre de 10 kg d’uranium faiblement enrichi (1,65 %) dans la cellule C1 (enceinte blindée) de l’installation STAR. La rétention attendue était estimée à environ 4 kg le risque de criticité existant à partir d’une masse de 184 kg. Cet incident a fait l’objet d’une déclaration à l’ASN le 22 octobre 2009 et fait l’objet d’une déclaration formelle à l’ASN le 25 octobre proposant le classement au niveau 1 de l’échelle INES qui en compte 721

Mise en demeure de l’ASN pour le démantèlement de l’atelier d’uranium enrichi

Le 6 juin 2013, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) met en demeure le commissariat à l’Énergie atomique (CEA) d’achever les opérations de démantèlement de son atelier d’uranium enrichi avant le 30 avril 2014 dans les conditions définies par le décret du 8 février 200622.

Contamination d’un salarié

Le 4 juillet 2016, un communiqué du CEA rend public qu’un salarié a été contaminé par la radioactivité dans l’atelier de technologie du plutonium en démantèlement23. Il a reçu une dose inférieure à la limite réglementaire de 20 mSv/par an.

Risque sismique

Selon le zonage de 2011 la commune de Saint-Paul-lès-Durance est classée au niveau 4 du risque sismique24, soit un niveau moyen au regard de la sismicité sur le globe.

Le site de Cadarache est situé sur la faille dite « faille de la moyenne Durance25 », ou d’Aix-en-ProvenceDurance, de direction NNE-SSW, la plus active de France, et à proximité d’une autre, celle de la Trévaresse, de direction E-W, qui a engendré le plus grave séisme jamais enregistré en France métropolitaine, le séisme de 1909 en Provence.

La commune de Saint-Paul-lès-Durance a connu plusieurs épisodes sismiques remarquables dans le passé, le 11 juin 1909 avec une intensité de V et demi (séisme de 1909 en Provence, épicentre à environ 35 km avec une intensité de IX échelle Medvedev-Sponheuer-Karnik, soit une magnitude de 6,2 sur l’échelle de Richter à l’épicentre, ce séisme n’a fait aucune victime à Saint-Paul-lès-Durance26) ; le 19 juillet 1963 et le 26 janvier 1967 avec une intensité de IV et demi27 sur l’échelle Medvedev-Sponheuer-Karnik. La ville de Manosque, située à proximité, a connu deux épisodes sismiques remarquables dans le passé, l’un le 13 décembre 1509 et l’autre le 14 août 1708. Ces deux événements ont provoqué des dégâts importants aux constructions et sont recensés dans la base de sismicité historique28 avec une intensité de VIII (MSK) à Manosque29.

Selon l’Autorité de sûreté nucléaire, six installations du Centre devront être arrêtées pour non-conformité aux normes antisismiques actuellement en vigueur30 :

  • l’Atelier de technologie du plutonium : 2002 (fermé en 2003)
  • la station de traitement des déchets et effluents : 2006
  • Le magasin central des matières fissiles : 2010
  • le parc d’entreposage des déchets : 2015
  • le laboratoire d’examen des combustibles actifs : 2015
  • l’entreposage Pégase : 2015

Selon le CEA, exploitant du site de Cadarache, certains bâtiments, conformes aux normes sismiques de l’époque, doivent être rénovés pour faire face à leur évolution, mais le risque sismique est pleinement pris en compte dans la construction du réacteur de recherche Jules Horowitz, le réacteur d’essai (RES) et dans la conception du projet ITER.

Formation par la recherche

Le centre de Cadarache accueille environ 130 doctorants au sein des laboratoires des différents instituts et entreprises implantés sur le site (CEA, IRSN, Areva). Le centre de Cadarache accueille un centre de formation de l’INSTN, qui délivre le diplôme d’ingénieur de spécialisation en génie atomique et le brevet de technicien supérieur en radioprotection. Il intervient également dans le domaine de la formation continue.

Liste des directeurs du CEA Cadarache

  • Jacques Vayron depuis 2019 ;
  • Christian Bonnet, de 2013 à 2019 ;
  • Maurice Mazière, de 2010 à 2013 ;
  • Serge Durand, de 2006 à 2010 ;
  • Pascale Amenc-Antoni, de 2003 à 2006 ;
  • Hervé Bernard, de 2000 à 2003 ;
  • Marcel Jurien de la Gravière, de 1997 à 2000 ;
  • Michel Suscillon, de 1993 à 1997 ;
  • Gérard Vial, de 1990 à 1993 ;
  • Jean Mégy, de 1987 à 1990 ;
  • André Junca, de 1974 à 1983 ;
  • Claude Moranville, 1973-1974 puis 1983 à 1987 ;
  • René Faure, de 1959 à 1973.

Divers

Le CEA est impliqué dans le pôle de compétitivité Capenergie consacré aux énergies non productrices de gaz à effet de serre. Le président de Capenergie, Christian Bonnet, est également directeur du centre de Cadarache32.

En 2016, le CEA et Cap Vert Énergie signent pour une durée de quatre ans, un projet d’étude concernant la performance d’une plateforme solaire photovoltaïque Megasol dans un but conjoint de recherche et de production électrique.

Une commission locale d’information (CLI) a été mise en place pour favoriser l’information du public33.

Opposition antinucléaire

Banderole d’opposants à Cadarache

Le premier opposant historique au centre de Cadarache fut l’écrivain Jean Giono. Dans Provence, en 1961, il demande ainsi « … pourquoi ce centre inoffensif n’a-t-il pas été installé tout simplement à Paris, et plus spécialement dans les jardins inutiles de l’Élysée ? »

En décembre 1993, des militants de Greenpeace pénètrent sur le site et déroulent leurs banderoles sur la cheminée du réacteur Phébus, qui devait réaliser son premier essai le lendemain dans le cadre du programme d’expérimentation « Produit de fission » (PF). L’essai eut lieu comme prévu.

Une nouvelle tentative d’intrusion en décembre 2011 s’est soldée par un échec, les militants ayant fui à l’arrivée des gardes en abandonnant une partie de leur matériel. L’opération n’est pas revendiquée par Greenpeace, qui réalise pourtant le même jour deux intrusions dans les centrales nucléaires de Nogent et de Cruas. Le tribunal correctionnel de Marseille a prononcé des peines contre huit militants de 4 à 10 mois de prison avec sursis et près de 70 000 euros de dommages-intérêts34.

Depuis juin 2010, le Collectif Anti-nucléaire 13 a interpellé l’ASN afin d’obtenir des informations sur l’avancement du démantèlement de l’Atelier de technologie du plutonium (ATPu) du CEA de Cadarache, ainsi que sur les quantités exactes de plutonium qui y seraient détenues. Le 14 mars 2012, le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence a condamné le CEA pour retard dans la déclaration d’incident à l’ASN.

Deux jours après la catastrophe de Fukushima, une centaine de personnes s’est mobilisée à Cadarache en soutien au peuple japonais et pour dire non au nucléaire.

En avril 2012, une chaîne humaine d’une centaine de militants antinucléaires s’est formée entre ITER et Cadarache pour arrêter les recherches menées à ITER.

Morzine/ Avoriaz :Trail des Hauts Forts Haute Savoie 40 km Dénivelé + 9000 pieds .

Trail des Hauts-Forts : plus de 900 participants au départ des quatre courses

Malgré le contexte sanitaire, ce trail a rencontré un succès. Certains coureurs ont annulé leur participation du fait de la canicule.

Au départ comme à l’arrivée, les participants n’ont pas manqué de saluer la qualité de l’organisation: un point sur lequel tous étaient unanimes.  Photo Le DL /Chantal BOURREAU

Un beau et franc succès de fréquentation, une météo caniculaire mais avec un ciel limpide, des parcours offrant de magnifiques points de vue sur le Chablais. Telle est la recette de cette course qui se veut à la fois familiale et technique.

Outre la qualité de l’organisation et celle des tracés, l’autre motif de satisfaction concernait le maintien de l’épreuve malgré le Covid-19. Tous ont salué l’engagement des organisateurs face à la difficulté à organiser un rassemblement de quasiment 1 000 coureurs dans le contexte de crise sanitaire actuelle, alors que quasiment toutes les courses sont annulées les unes après les autres en Haute-Savoie.

Pas tout à fait 1 000 car, bien que le quota du millier ait été atteint plusieurs jours avant le départ, c’est sans doute la canicule qui a sans doute découragé plus de 80 participants à prendre le départ, pourtant aux aurores puisque les premiers à partir ont quitté la ligne de départ de la Place de l’office de tourisme à 5 h 30.

De la fraîcheur des sommets, il en fallait quand même pour courir, certains plus de 10 heures… De l’air et de l’eau, sur des points de ravitaillement, majoritairement alimentés en eau plate, un vrai retour aux sources pour les trailers !

Morzine-Avoriaz a encore une fois pu compter sur un pool motivé et compétent de bénévoles pour assurer l’épreuve.

Coté course, sur le 51 km, Alexis Sevennec a longtemps caracolé en tête. Le local de l’étape se classe finalement deuxième derrière Nicolas Piaget qui remporte l’édition 2020 en 5h47’34. Autre local, Manon Gaydon conserve le titre dans les 23 km, catégorie féminine.

Le 08/08/2020 

Morzine/ Avoriaz :Trail des Hauts Forts Haute Savoie 40 km D° 3000 mètres .

DULAC         ALBERT             M8 (1 seul coureur 75 ans .)     Barrière horaire N° 1: 15 km  D+ 1250 m  temps 2h45’  Barrière horaire N° 2 30 km D+ 2150 m temps 5h48’    temps total :  10:13:53   moyenne générale :  3.91 km/h Dossard numéro 602 arrivée scatch 238eme  suivant derrière moi trois autre coureurs le dernier finissant en 10h53’ 

Temps splendide canicule plus de 45° celsius  ou 104°

Fahrenheit à 2500 m d’altitude dans les rochers partie en via Ferrata ………….dur dur la chaleur fait tourner la tête ……….

PS: Ma frimousse angoissée des départs, 3eme à droite derrière le premier coureur en rouge !!!!!départ à 11,5 km/h , cela n’a pas duré , 3000 pieds nous attendait pour cette première escalade …………..et cela sera répété trois fois dans ce trail pour une arrivée à Avoriaz féerique quelle que soit la condition ultime !!!! Même la bière ne m’a pas enivré, mais m’a requinqué après des douleurs abdominales pendant 10 km d’ascension finale sous la chaleur torride ……………

2 points ITRA [ International Trail Running Association } Née en Juillet 2013, l’ITRA a pour objectif de donner une voix aux acteurs du trail running afin de promouvoir ses fortes valeurs, sa diversité, la sécurité des courses et la santé des coureurs, de contribuer au développement du trail running et de favoriser le dialogue avec les institutions nationales ou internationales intéressées par ce sport.

Lac de Montriond Morzine Haute Savoie : 3eme lac de Haute Savoie 19’ traversée du lac aller retour splendide dans une eau très agréable beaucoup trop de touristes, déjeuner, casse croûte sur l’herbe sous les charmilles ……………super pour la récupération des jambes ………jamais aussi léger et bien dans l’eau fraiche de ces lacs …………

Covid-19 en Europe, cacophonie sans frontières le 14 Juillet 2020

Par Jean Quatremer, correspondant à Bruxelles

14 juillet 2020 à 19:36 Le 15 mai, à l’aéroport de Barcelone, un passager en provenance de Londres. Photo Emilio Morenatti. AP

L’Union a précisé en juin sa politique de réouverture des frontières, limitée à quinze pays tiers et garantissant la libre circulation sur tout le territoire. Mais les Etats ont décidé dans le désordre le plus complet de n’en faire qu’à leur tête. L’été promet d’être ubuesque.

  • Covid-19 : en Europe, cacophonie sans frontières

La crainte d’une reprise de l’épidémie de coronavirus et la méfiance persistante à l’égard des étrangers suspectés, à tort ou à raison, d’être porteurs du virus ont conduit à un chaos inédit aux frontières des Vingt-Sept. Alors que les frontières intérieures de l’Union sont officiellement ouvertes depuis le 15 juin et que les frontières extérieures avec quinze pays tiers sont censées avoir suivi le même chemin le 1er juillet, il n’en est rien. Chaque Etat membre de l’Union poursuit son propre agenda sans guère d’égards pour les décisions prises en commun à Bruxelles, ce qui rend tous les voyages, surtout aériens, aléatoires.

Ainsi, une frontière peut se fermer du jour au lendemain pour les voyageurs provenant de tel ou tel pays ou des tests et des quatorzaines peuvent être imposés selon la nationalité ou le pays de résidence, sans compter les formulaires de «traçabilité» exigés dans certains pays. La Grèce impose par exemple à tous les voyageurs de remplir avant leur départ sur un site web dédié un «passenger locator form» (PLF) disponible uniquement en anglais et en allemand. Sont exigés les coordonnées personnelles, le lieu de résidence habituel, les pays visités au cours des derniers mois, etc. Ensuite, chacun reçoit un code QR qui sera scanné à l’arrivée : il indique aux services grecs si le passager peut passer librement ou s’il doit subir un désagréable test de dépistage. Mais le touriste le découvrira seulement à l’arrivée puisqu’il ne connaîtra pas la signification du code reçu…about:blank

Il pourra ensuite se rendre dans son lieu de résidence final et devra volontairement s’isoler vingt-quatre heures, le temps que le résultat du test soit connu. S’il est positif, le voyageur et ses proches ne seront pas renvoyés dans leur pays, mais assignés à résidence dans une chambre d’hôtel prévue à cet effet durant quatorze jours et ce, aux frais de l’Etat grec. Mais il ne faut pas rêver : chaque malade sera enfermé dans sa chambre et les repas seront livrés devant la porte !

La procédure est pour le moins étrange puisque, en attendant le résultat du test, le touriste est autorisé à gagner sa destination finale, ce qui lui laisse le temps de contaminer beaucoup de monde s’il est porteur du virus… Et rien ne dit comment il sera rapatrié de son lieu de séjour, qui peut être une île lointaine, pour être mis à l’isolement.

La longue liste des exceptions

Ce genre de surprise attend les touristes à leur arrivée dans beaucoup de pays. Par exemple, en Hongrie, les Britanniques, les Bulgares, les Portugais, les Suédois et les Roumains ont droit au même sort, cette liste variant au jour le jour. En Slovénie, ce sont les Bulgares, les Roumains, les Portugais, les Luxembourgeois et les Suédois qui sont ciblés. Au Portugal, il est quasiment impossible d’entrer par la route, l’Espagne frontalière devant faire face à une résurgence de l’épidémie. En Espagne, justement, il faut obligatoirement remplir un formulaire de traçage, mais aux dernières nouvelles, pas de test pour les ressortissants de l’Union. Au Danemark, les Portugais sont interdits de séjour et seuls les Suédois de deux régions peuvent entrer dans le pays. En Pologne, les Suédois, les Portugais, les Britanniques (assujettis aux règles européennes pendant la période de transition jusqu’à la fin de l’année) et les Irlandais ne peuvent franchir les frontières. La liste des exceptions se poursuit, longue comme un jour sans pain.

A l’égard des pays tiers, la situation est encore plus confuse. Certes, les Vingt-Sept se sont entendus, fin juin, pour rouvrir les frontières avec quinze pays : Australie, Canada, Japon, Algérie, Géorgie, Nouvelle-Zélande, Maroc, Monténégro, Rwanda, Serbie, Corée du Sud, Thaïlande, Tunisie, Uruguay et Chine (mais sous condition de réciprocité). Une liste qui est révisée tous les quinze jours : mardi, les ambassadeurs des Etats membres se sont réunis pour refermer les frontières avec le Monténégro et la Serbie, au vu de la résurgence de foyers épidémiques.

Mais, comme chaque pays est souverain pour ouvrir ou non ses frontières extérieures, le chaos est encore plus grand, si c’est possible, qu’aux frontières intérieures. Ainsi, au 1er juillet, seuls sept pays ont à nouveau accepté les vols provenant de quatorze pays (les quinze autorisés sauf la Chine) : Italie, Pays-Bas, Suède, Luxembourg et les trois pays Baltes. La France, elle, a déjà refermé ses frontières avec l’Algérie, la Grèce avec la Serbie, la Hongrie avec tout le monde extérieur à l’Union sauf la Chine et le Japon sous réserve de «quatorzaine» en cas de tests positifs. L’Allemagne ne les a ouvertes qu’à dix pays tiers, l’Algérie, le Maroc, le Rwanda et la Serbie étant exclus. Quelques pays demeurent totalement fermés aux pays tiers : Roumanie, Irlande, Autriche, Belgique. Mais comme les contrôles aux frontières intérieures ne sont pas généralisés, un Rwandais entré aux Pays-Bas pourra se rendre en Belgique. La situation est tellement complexe qu’un site dédié a été créé par la Commission européenne afin d’aider les voyageurs à s’y retrouver (Reopen.europa.eu).

Ouvertures aléatoires et à-valoir

Un diplomate français reconnaît que tout cela n’est pas très cartésien : mais, maigre consolation, «on est passé d’une situation où les frontières intérieures étaient fermées à double tour à une réouverture partielle. Et vis-à-vis de l’extérieur, tous les Etats-membres ont respecté la liste négative, c’est-à-dire que personne n’a ouvert ses frontières à des pays qui n’étaient pas sur la liste, ce qui nous aurait contraints à refermer nos frontières intérieures». Ce qui n’est pas tout à fait exact : la Croatie accepte depuis le 10 juillet les vols provenant des Etats-Unis…

A ces ouvertures aléatoires s’ajoute la politique de remboursement des séjours annulés, qui varie d’un pays à l’autre : dix pays (France, République tchèque, Chypre, Grèce, Italie, Croatie, Lituanie, Pologne, Portugal et Slovaquie) n’ont ainsi pas hésité à violer la directive européenne prévoyant un remboursement en espèces pour imposer de simples «à-valoir»… La Commission a dû sévir et a décidé, début juillet, de les poursuivre devant la Cour de justice pour violation du droit européen.

Bref, face à un tel chaos, les touristes ont compris qu’il valait mieux rester chez soi, comme en témoignent la fréquentation minimale des aéroports européens (on ne compte plus les vols annulés à la dernière minute faute de passagers) et le désert qui règne dans les centres touristiques comme Paris, Rome, Lisbonne ou Athènes. «Ces approches nationales divergentes nuisent à notre marché unique et vont ralentir la reprise tant attendue de l’aviation et du tourisme», a protesté, le 9 juillet, Thomas Reynaert, directeur général de Airlines for Europe (qui regroupe seize compagnies aériennes, dont Air France). «Les pays de l’UE ne respectent pas l’accord auquel ils ont abouti ensemble. Cela ne favorise pas la confiance des consommateurs et sape clairement les efforts» de redressement de ces secteurs, a surenchéri Olivier Jankovec de l’ACI Europe, qui représente 500 aéroports dans 45 pays européens.

Mais, comme il est douteux que les Etats changent de politique d’ici à la fin de l’été, la tendance étant clairement de fermer à nouveau les frontières, la saison touristique est définitivement condamnée. Ce qui va encore accroître la récession historique causée par le confinement, surtout dans les pays les plus dépendants du tourisme.

Jean Quatremer correspondant à Bruxelles

John Davison Rockefeller né le 08/07/1839

John D. Rockefeller 1885.jpg
John D. Rockefeller en 1885.
 
Naissance
Décès
(à 97 ans)
Ormond Beach, Floride
Drapeau des États-Unis États-Unis
Sépulture
Cimetière de Lake View (en)
Nom de naissance
John Davison Rockefeller
Nationalité
Domicile
Formation
Chancellor University (en)
Activités
Famille
Nelson Rockefeller (petit-fils)
Père
William Avery Rockefeller (en)
Mère
Eliza Davison (d)
Fratrie
Frank Rockefeller (en)
William Rockefeller
Conjoint
Enfants
John Davison Rockefeller Junior
Alta Rockefeller Prentice (en)
Elizabeth Rockefeller Strong (en)
Edith Rockefeller McCormick (en)
Autres informations
Religion
Parti politique
Distinction
Dr. Nathan Davis Award for United States Senators (d) ()
Œuvres principales

John Davison Rockefeller, né le à Richford (État de New York) et mort le à Ormond Beach (Floride), à l’âge de 97 ans, est un industriel américain, fondateur de la famille Rockefeller. Premier milliardaire de l’époque contemporaine, il fait partie du mythe américain des self-made men. Sa famille a été à la tête d’un empire financier durant près de deux siècles en créant la Standard Oil qui devient notamment Esso, puis ExxonMobil. Il est le frère du financier William Rockefeller, lui aussi engagé dans l’exploitation du pétrole

Début

Son père d’origine anglaise et allemande, William Avery Rockefeller (en), est un marchand itinérant, officier de santé vendant des « médicaments-miracles » (qui étaient en fait des flacons d’huile mélangée à du laxatif qu’il vendait sans scrupule sous ce titre, certains comme remèdes contre le cancer dont il se prétendait spécialiste). C’est un père souvent absent, coureur de jupons et bigame. Sa mère Eliza Davison () issue d’une famille de Scots d’Ulster inculque à ses six enfants les valeurs religieuses du culte presbytérien. Dès son enfance, John D. Rockefeller se donne pour but de devenir un grand homme d’affaires. Il commence alors à gagner de l’argent dans de petites affaires (élevage de dindons, prêt avec intérêt de quelques dollars à des camarades) et se montre plus attiré par les usines, les chemins de fer et l’organisation des banques que par l’art, la littérature ou la politique.

Sorti de l’école de commerce Folson’s Commercial College de Cleveland avec un diplôme de comptable en poche, il devient en septembre 1855 assistant comptable dans une petite entreprise de transport et de courtage Hewitt & Tuttle. Au bout de trois ans, il démissionne et s’associe avec Maurice B. Clark, mettant ses 2 000 dollars d’économies dans le capital d’une entreprise de transport et de courtage concurrente (en grains, viandes et autres produits alimentaires). En 1862, il investit les 4 000 dollars qu’il avait détournés sur les docks de Cleveland dans des puits à Titusville mais trouve cette aventure de l’extraction du pétrole trop hasardeuse et préfère s’associer à deux partenaires qui créent une compagnie de raffinerie du pétrole. En 1867, il fonde la firme Rockefeller, Andrews & Flagler (en) avec un associé, Henry Flagler. La compagnie qui produit du naphte et du kérosène réinvestit ses bénéfices dans deux raffineries et devient la plus grande entreprise pétrolière au monde.

Protestantisme et capitalisme

Rockefeller, âgé de 18 ans

Rockefeller, membre à vie du Parti républicain, est un fervent partisan d’Abraham Lincoln et du mouvement abolitionniste. Fidèle de la congrégation baptiste d’Erie Street (Erie Street Baptist Church Mission), il y assure l’école du dimanche, tout en exerçant les charges de fiduciaire, greffier et occasionnellement de concierge. La piété est une ligne directrice tout au long de sa vie, et Rockefeller voit volontiers dans son succès un signe d’élection : « L’argent me vient de Dieu ». Il se sent justifié par la maxime de John Wesley, « faites de votre mieux, épargnez ce que vous pouvez épargner, donnez tout ce que vous pouvez donner ».

La création de la Standard Oil

Action de la Standard Oil Company en date du 1er mai 1878
.

À la fin de la guerre de Sécession, Cleveland est l’un des cinq principaux centres de raffinage des États-Unis (avec Pittsburgh, Philadelphie, New York et la région du nord-ouest de la Pennsylvanie d’où provient la plupart du pétrole). Le pétrole n’est encore utilisé que comme imperméabilisant (goudron) ou comme lubrifiant, mais le développement de la lampe à huile crée un nouveau débouché comme combustible d’éclairage (« pétrole lampant »).

En 1863, Rockefeller entend parler du « colonel » Drake (en réalité un ancien employé de chemins de fer, embauché par une poignée de businessmen pour trouver du pétrole en Pennsylvanie) et des champs pétrolifères. L’idée lui plaît immédiatement et il se rend sur place examiner les puits de plus près. Persuadé des possibilités offertes, il décide d’investir dans ce nouveau domaine et propose à son associé Flagler de le suivre. Celui-ci restant hésitant, John D. Rockefeller lui rachète ses parts de la société de courtage pour 72 500 $ et prend un nouvel associé, le chimiste Samuel Andrews. Il monte ainsi sa première raffinerie à Cleveland pour produire naphte et kérosène. Réinvestissant constamment les profits et gardant les coûts et les salaires le plus bas possible, John D. Rockefeller étend son affaire rapidement.

En janvier 1870, Rockefeller crée la société Standard Oil of Ohio, qui devient rapidement la raffinerie la plus rentable de l’Ohio. Le but de Rockefeller est alors de pouvoir contrôler toutes les raffineries de pétrole des États-Unis.

John D. Rockefeller vers 1875

En 1871, certains raffineurs se concertent dans le but de constituer une alliance assez grande pour qu’ils puissent convaincre les chemins de fer de leur accorder des rabais spéciaux sur leurs convois, et des suppléments sur ceux de leurs concurrents. Ils cherchent une société déjà existante et tombent sur la South Improvement Company. Les gens impliqués dans cette société ne représentent pas 10 % du raffinage américain, mais ils se présentent comme majoritaires devant les chemins de fer. La Standard est le plus gros actionnaire, et mène la danse qui aboutit à un accord secret très avantageux pour Rockefeller. En effet, les chemins de fer sont obligés de céder car les moyens de transport entre les gisements et les raffineries sont multiples (plusieurs lignes de trains et un canal) et un gros client comme la Standard peut dicter ses conditions, menaçant d’aller à la concurrence en cas de non coopération. Cet accord entraîne une forte augmentation des frais de transport pour les autres compagnies, ce qui déclenche les protestations de concurrents tels que le principal raffineur de New York, Charles Pratt.

Quand il constate qu’au moins une partie de l’avantage tarifaire de la Standard Oil provient des rabais secrets obtenus par la South Improvement Company, Rockefeller doit y renoncer.

Dans l’intervalle, toutefois, la Standard Oil a assez grossi pour devenir l’un des plus grands transporteurs de pétrole et de kérosène du pays.

Monopole

Pas découragé pour autant, Rockefeller décide de procéder par intégration horizontale en faisant pression sur les raffineries concurrentes pour les racheter. En 1872 a lieu ce qu’on appellera ensuite « la conquête de Cleveland », la Standard Oil absorbe 22 de ses 26 concurrents à Cleveland en moins de deux mois. Il va ensuite à Pittsburgh, Philadelphie, New York, possédant bientôt toutes les principales raffineries.

Fin 1872, 80 % des raffineurs américains s’unissent sous la présidence de Rockefeller dans la National Refiners Association. Dès qu’ils sont au courant, les producteurs, inquiets de voir se former un oligopsone pour leur produit, s’unissent dans la Petroleum Producer’s Agency et fixent un prix minimum du baril à 5 $. Rockefeller commence par accepter ces conditions tant que les producteurs limitent leur production afin de maintenir des prix stables. Mais moins d’un an plus tard, Rockefeller rompt le contrat sous prétexte que les producteurs ne limitent pas suffisamment leur production. De nombreux producteurs se sont lourdement endettés et doivent absolument vendre pour éviter la faillite. Un gel durable de la production est donc impossible, et la Standard Oil dicte ses conditions. Même ses anciens concurrents, Pratt & Rogers, réalisent la futilité de continuer à rivaliser avec la Standard Oil. En 1874, ils passent un accord secret avec leur ancien concurrent : ils acceptent d’être rachetés et deviennent partenaires de Rockefeller.

Son influence est telle qu’il est en mesure d’imposer toutes ses conditions aux compagnies de chemin de fer, les enjoignant notamment à refuser de transporter les produits de ses concurrents. En 1875, ses agents interviennent auprès des propriétaires des 27 raffineries que comptait la ville de Titusville pour leur signaler que la Standard Oil entend les racheter à un prix dérisoire. Devant leur évident refus, la Standard fait cesser tous les transports entre Titusville et le monde extérieur. En 1879, 25 des 27 compagnies avaient accepté de vendre. La même tactique est employée à Pittsburgh en 18796.

Rockefeller ne s’arrête pas à une concentration horizontale presque parfaite du raffinage. Se rendant compte qu’en s’assurant le contrôle du processus de raffinage, il devient maître de toute l’industrie pétrolière, il travaille ensuite à la concentration verticale de l’industrie, englobant toutes les phases de la production, de l’extraction au commerce de détail en passant par le transport, la fabrication de barils, les pipelines (en 1879, Rockefeller contrôle la quasi-totalité des sociétés d’oil-gathering pipelines regroupées sous le nom de United Pipe Lines) puis la recherche scientifique et le marketing.

Mais un obstacle se met en travers de la route de Rockefeller : la législation des États-Unis interdit aux hommes d’affaires d’exercer leur activité en dehors de l’État où se trouve leur domicile. Rockefeller met donc l’affaire dans les mains de juges qui résolvent le problème avec les trusts. Son nouvel associé, Rogers devient l’un des hommes clés de la formation de la « Standard Oil Trust ».

Action de la Standard Oil Trust en date du 18 janvier 1883

En 1882, les 37 actionnaires des différentes sociétés contrôlées par la Standard Oil confient leurs titres à neuf Trustees (hommes de confiance) : John et William Rockefeller, Oliver H. Payne, Charles Pratt, Henry Flagler, John D. Archbold, William G. Warden, Jabez Bostwick, et Benjamin Brewster. Le siège de la Standard Oil Trust est installé au 26 Broadway à New York. La Standard Oil Trust commence par fermer 31 des 53 raffineries de la Standard Oil et concentre la production dans trois raffineries géantes. Une cour de l’Ohio dissout le trust, mais il est reformé au New Jersey, État qui autorise les trusts.

En 1900, la Standard Oil contrôle plus de 90 % du volume de pétrole raffiné aux États-Unis. Sa situation de monopole lui permet d’imposer des prix particulièrement élevés : à New York, les acheteurs doivent payer 40 cents un bidon de pétrole qui en vaut moins de 10 à la livraison chez le grossiste.

John D. Rockefeller en 1911

En 1911, à la suite de la mise en application du Sherman Antitrust Act, la société est fragmentée en une trentaine de firmes pour cause de monopole. Naissent ainsi les sociétés Exxon, Mobil, Chevron, American, Esso (soit SO pour Standard Oil).

Ce jugement est un tournant dans l’histoire économique des États-Unis, et fonde une nouvelle doctrine dans la politique antitrust américaine appelée la règle de la raison (suite aux fameuses unreasonable restraints to trade mentionnée dans le Sherman Antitrust Act). Les besoins de bases juridiques plus solides conduisent au passage du Clayton Antitrust Act en 1914, qui condamne explicitement des pratiques commerciales telles que la discrimination des prix, les relations commerciales exclusives, les acquisitions de concurrents ou encore les conseils d’administration incestueux, qui furent celles de capitaines d’industrie parfois appelés « robber barons » (littéralement : « barons voleurs »).

Cependant Rockefeller reste actif dans plusieurs des rejetons survivants, ce qui lui permet d’être sans doute l’acteur le plus puissant de son époque dans la géopolitique du pétrole.

Diversifications

Après le pétrole il se lance dans l’automobile, puis l’aviation. La fortune de Rockefeller ne cesse de croître ; et ce n’est certainement pas grâce aux fameuses actions de « classe A » de la Réserve fédérale qu’il n’a jamais contrôlées. Il prend sa retraite en 1896 en étant l’homme le plus riche des États-Unis et l’un des plus puissants au monde. Son fils reprend l’entreprise. Il est considéré comme l’homme le plus riche de tous les temps avec une fortune estimée en 1902 à 200 millions de dollars, en 1914 à 900 millions de dollars (soit un pour cent de la richesse américaine de l’époque), cela représentant selon le Guiness Book de 2001 200 milliards de dollars.

À la fin des années 1920, John Davison Rockefeller décide de construire un complexe de bâtiments à New York dans Midtown, son quartier. À cette époque, il réside en effet sur la 54e rue et souhaite dynamiser le quartier en développant de nouvelles activités économiques. Rockefeller décide d’investir une partie de sa fortune dans des projets immobiliers, comme il l’avait déjà fait en finançant la construction de la Riverside Church à Morningside Heights. D’autre part, ses intérêts rencontrent ceux de la Metropolitan Opera Company qui cherche alors à quitter le Garment District depuis le début des années 1920 : il est décidé que le Rockefeller Center comprendrait un opéra et ses annexes. John Davison Rockefeller ne verra pas l’achèvement des travaux qui se prolongeront après sa mort en 1937. C’est en conséquence son fils et successeur, John Davison Rockefeller Junior (18741960) qui développe le projet entre 1929 et 1940.

Donations

Attribuant à l’altruisme de sa mère son attirance vers la philanthropie, Rockefeller donne près de 600 millions de dollars. Cet argent sert entre autres à fonder l’université de Chicago13, l’Institut Rockefeller pour les recherches médicales et la Fondation Rockefeller (1913), destinée à promouvoir le progrès scientifique dans tous les pays du monde. En 1914 la fondation crée le China Medical Board qui vise à développer la médecine occidentale en Chine. L’apport du China Médical Board se concrétise par la formation de missionnaires américaine en Chine puis la création d’une faculté de médecine (Peking Union Medical College inauguré en 1921). La création de cette fondation a pu être vue comme une façon pour John D. Rockefeller de redorer son image alors que sa compagnie la Standard Oil est accusée de faire des profits illicites en s’appropriant des terres, en les polluant. Par ailleurs, sa société de raffinage et de distribution de pétrole ayant acquis une position de monopole est alors poursuivie en vertu du Sherman Antitrust Act, loi qui peut menacer Rockefeller de démanteler son entreprise14. Toutefois, la philanthropie de Rockefeller s’inscrit surtout dans l’ère progressiste que connaissent les États-Unis au début du siècle et la foi dans le progrès qui caractérise les élites américaines15. Cet homme qui a façonné le rêve américain a en effet fourni la matière des grandes dénonciations des muckrakers. Comme beaucoup de « barons voleurs », sa conduite des affaires a été associée à « l’emploi de moyens plus douteux afin d’étouffer ses concurrents : augmentation des prix du transport grâce à des accords avec les compagnies de chemin de fer, sabotages, livraisons égarées, attaques de chantiers ».

La fondation Rockefeller participe activement au secours aux populations victime de la Première Guerre mondiale et notamment en Belgique. Quand les États-Unis entrent en guerre, l’action philanthropique de Rockefeller passe par le canal officiel de la Croix Rouge. Sa fondation se consacre ensuite à la reconstruction en Europe. (campagnes de prévention de la tuberculose en France par exemple).

La fondation Rockefeller contribue à partir des années 1920 à favoriser les échanges scientifiques entre les États-Unis et l’Europe par des bourses (le programme des fellowships bourses d’étude pour poursuivre des études à l’étranger, qui a existé jusque dans les années 1970), le financement de laboratoires et centres de recherche en Europe et notamment en France17. La fondation tisse alors un vaste réseau qui lie les grandes universités américaines (Harvard, Chicago, Johns Hopkins, Columbia University, Yale) et européennes (en France, Paris, Lyon, Strasbourg, Marseille, Toulouse, Nancy). Elle participe ainsi au soft power des États-Unis.

Sur le plan diplomatique, la fondation entretient à ce moment des relations étroites avec la Société des Nations (SDN). Dans un retour à l‘isolationnisme, le Sénat américain refuse de ratifier le Traité de Versailles et l’adhésion des États-Unis à la SDN. La fondation permet finalement au gouvernement américain de s’appuyer sur ces acteurs privés pour participer de façon informelle aux grandes négociations de l’entre-deux-guerres.

La fondation Rockefeller permet le développement des écoles noires dans le sud des États-Unis. La division « Humanités » fondée en 1928 encourage la préservation des archives. Du vivant de Rockefeller, la Fondation, vivement anticommuniste, soutient officiellement les Républicains.

Famille

Il épouse Laura Celestia « Cettie » Spelman (18391915) et a cinq enfants :

 

L’INCROYABLE HISTOIRE DE NADIA COMĂNECI

Des débuts en Roumanie

Nadia est née dans une ville capétienne nommée Onesti, en Roumanie. Lorsqu’elle était enfant, elle disait qu’elle était toujours hyperactive et pleine d’énergie, donc sa mère décida de l’inscrire à des classes de gymnastique. Elle pensait que ça n’en rendra la petite Nadia que plus fatiguée, mais ça fait en fait l’effet opposé. était si fascinée par ce sport qu’elle s’entraînait, sautait, courait et bougeait partout chaque fois qu’elle en avait l’opportunité. Sa mère n’arrivait pas à la fatiguer – mais elle l’a fait tomber amoureuse du sport.

Des débuts en Roumanie

Primpant doucement

Dès qu’elle a commencé sa première leçon, Nadia savait qu’elle avait trouvé sa vocation. Les salto-arrière, un mouvement très difficile, et les sessions d’entraînement épuisantes étaient des choses que Nadia adorait depuis qu’elle était à la maternelle. Ce qui était au début une passade d’enfance s’est avéré être un rêve devenu réalité, et Nadia savait même à un jeune âge, qu’elle serait gymnaste à vie.

C’est rare de trouver sa vocation si précocement, donc ceux pour qui cela arrive sont très chanceux de l’avance qu’ils reçoivent.

Grimpant doucement

Rencontre avec Bela Károlyi

Lorsque Nadia était petite, elle faisait des galipettes et toutes sortes de numéros avec ses amis. Un étrange changement de destin a fait que l’entraîneur de gymnastique renommé, Bela Károlyi, passait dans le coin. Sa femme et lui étaient toujours à la recherche de promouvoir le sport et les jeunes talents prometteurs. La jeune Nadia, dont l’aptitude naturelle et les capacités physiques brillaient même à travers ses jeux restreints avec ses amis, collait parfaitement. Károlyi remarqua immédiatement et le chemin vers l’histoire du sport était établi.

Rencontre avec Bela Károlyi

Ne pas abandonner

Bela et Nadia s’entraînait 3 heures par jour, chaque jour. Heureusement pour elle, l’école de Bela était juste à côté de la maison de Nadia, donc elle n’avait pas vraiment à se déplacer. Il l’encourageait toujours, même lorsque les choses n’allaient pas si bien. Nadia n’a pas été aussi bonne lors de ses premières compétitions amatrices, puisqu’elle est beaucoup tombée – mais Bela avait confiance en elle, et alors qu’elle continuait à s’entraîner, sa forme s’est drastiquement améliorée, et elle commença à atterrir avec grâce et aisance.

Ne pas abandonner

Première compétition

La première compétition de Nadia fut lors des Championnats nationaux roumains de 1969. Croyez-le ou pas, elle n’avait que sept ans lorsqu’elle participa. Cependant, elle n’est arrivée que 13ème. Malgré son bas classement, l’échec ne semblait que la motiver davantage. Nadia est retournée à l’entrainement avec encore plus d’ardeur, et l’année suivante, lorsqu’elle n’avait que 8 ans, elle reçut la première place, explosant la compétition et remportant la première place de la façon la plus spectaculaire.

Première compétition

Eligibilité Senior

En 1975, Nadia eut 14 ans et fut enfin capable d’aller à des compétitions senior. Dès qu’elle fut lâchée dans le monde de la compétition senior, elle remporta cinq médailles lors de championnats européens tout comme la coupe tandem américaine, mais ce n’était qu’un apéritif. Nadia avait ses yeux sur un prix plus gros: elle visait les Jeux Olympiques de Montréal de 1976.

Avec un talent explosif comme le sein, le monde entier retenait son souffle pour voir ce qu’elle avait dans le vente dans la plus grande arène de la compétition du monde.

Eligibilité Senior

Le baiser avec Bart

En mars 1976, Comăneci participa à l’édition inauguratrice de la Coupe Américaine à Madison Square Garden dans Manhattan. Alors que la Nadia de 4 ans allait sur podium pour collecter son trophée, un photographe poussa le garçon blond américain à ses côté à se pencher pour un baiser. Bart Conner, le gymnaste américain de 18 ans, bien volontiers. Et alors que cela aurait pu se terminer différemment, les deux athlètes sentirent une connexion immédiate, qui n’en deviendra que plus forte à partir de ce moment-là.

Le baiser avec Bart

La route vers Montréal

Dès juillet 1976, Nadia était prête à dominer son premier jeu Olympique. A cette époque, la communauté de gymnastiques internationale commençait à la remarquer, mais malgré sa nouvelle reconnaissance, personne ne pouvait prédire ce qu’elle allait alors accomplir. Même Nadia ne pouvait pas prédire comment la compétition se terminerait, et malgré sa confiance en elle-même, elle était tout de même assez anxieuse et inquiète de l’évènement à venir. Mais lorsque l’évènement eut enfin commencé, c’était clair que quelque chose d’exceptionnel avait lieu.

Lors des Jeux Olympiques d’Hiver de Montréal de 1976, Nadia Comăneci marqua l’histoire.

La route vers Montréal

L’ Elusive 10

Alors qu’ils font leur numéro, les gymnastes sont notés de 1 à 10 – mais aucun gymnaste n’a jamais reçu dix parfait aux Jeux Olympiques. Aucun gymnaste, au moins, jusqu’à ce que Nadia arrive. Alors Nadia exécutait son premier numéro de gymnastique, les gens étaient abasourdis. Les juges étaient bouche-bée et le public était devenu fou. L’exécution de Nadia était simplement impeccable, et les juges n’avaient pas d’autres choix que de lui accorder un historique dix parfait. Mais cela n’était pas assez pour Nadia –lors de cette compétition, elle allait continuer à récolter six autre 10 parfaits.

L’ Elusive 10

Trouver une chanson thématique

Après sa performance incroyable aux Jeux Olympiques, la popularité internationale de Nadia monta en flèche.

Lorsque le reporter de sports Robert Riger présenta une séries de montages de Nadia au ralenti sur le programme de télévision ABC’s Wide World Of Sports, il les montra avec la chanson « Cotton’s Dream du film Bless the Beasts and the Children. Le segment fut diffusé encore et encore, et le morceau en vint à être connu comme « Nadia’s Theme. » La chanson atteint le top-10 des singles en automne 1976, et fut officiellement renommé « Nadia’s Theme » par ses compositeurs.

Trouver une chanson thématique

Une Explosion de Popularité

Nadia déchaîna le monde de la gymnastique. Elle fut nommée par la BBC « Overseas Sports Personality and the Female Athlete of the Year » en 1976 et sa photo fut même à la couverture du magazine « Time » – un très grand honneur.

De retour à la maison, Nadia fut faite héroïne nationale, et le gouvernement roumain la couvrit de cadeaux et d’honneurs.

Il semblait que le monde était à elle, mais toute bonne chose a une fin. Bientôt, les choses allaient commencer à se détériorer.

Une Explosion de Popularité

Les choses commençaient à aller mal

Depuis la perspective du public, Nadia vivait une vie parfaite. En coulisses, cependant, tout commença à s’écrouler. Ses parents se disputaient beaucoup et en voie d’obtenir un divorce, et l’attention du public attention lui montait à la tête. Aucun enfant ne désire que leurs parents se sépare, surtout lorsque le monde entier est là à regarder. En plus de cela, elle a dû arrêter de s’entraîner avec son entraîneur tant aimé Bela, et elle a dû se précipiter à trouver un nouveau coach. C’était difficile.

Les choses commençaient à aller mal

Tentative de Suicide

A 15 ans, Nadia se sentait enfermé et contrôlée. La pression de l’entraînement, l’attention internationale des médias, et l’implication du gouvernement sur sa vie lui montaient à la tête – et cela, en plus d’être adolescente, faisaient qu’elle sentait qu’elle n’en pouvait plus. En tant qu’acte de désespoir, elle tentait de mettre fin à sa vie – mais heureusement, la tentative fut futile. Suite à l’événement traumatisant, les autorités roumains lui accordèrent une fois encore Bela pour l’entraînement, et un once de normalité fut restaurée.

Tentative de Suicide

La puberté frappe

Alors que la puberté frappa, le gouvernement roumain força Nadia de faire une pause sur le sport, puisque les gymnastes sont généralement meilleurs lorsqu’ils sont petits. Elle arrêta l’entraînement et décida de manger tout ce qu’il y a en vue. En un laps de temps, elle grandit que quelques centimètre et fut plus lourde – mais plus tard cette année-là, peu un porte sa taille, elle revint à la compétition – et revint à gagner des médailles pour son pays. Nadia était imbattable, puberté ou pas.

La puberté frappe

Une liaison assumée

La presse est toujours enchantée par les athlètes et leur succès, dans et à cause de cela – elle aime raconter des histoires. L’une d’entre elles fut comme quoi Nadia avait une liaison avec Nicu Ceaușescu, le fils du dictateur roumain, Nicolae Ceaușescu. Son image était lentement en train de se détériore à causes des rumeurs, qui faisait qu’il semblait qu’elle utilisait sa réussite professionnelles pour s’approcher du pouvoir.

Bien sûr, ces rumeurs étaient complètement fausses. Nadia n’avait pas d’aventure amoureuse.

Une liaison assumée

De nouveau en pente descendante

Avec tout le remue-ménage et le drame qui se passaient, il n’est pas étonnant que les Jeux Olympiques de Moscou de 1980 ne se soient pas passés comme prévu. Bien sûr, elle a gagné quatre médailles – deux d’or et deux d’argent –mais il y avait des problèmes sérieux avec la notation. Bela Károlyi, le coach de Nadia, était furieux contre les juges, sentant qu’ils ne l’avaient pas évalué de façon juste – et sa dispute avec eux fut capturée à la télé. Les autorités roumaines sentaient que cela n’avait pas un bon impact sur eux, et sa vie, lorsqu’elle revint en Roumanie, allait devenir très difficile.

De nouveau en pente descendante

Chahuteurs

Nadia était un phénomène internationale, et elle était la personne à battre aux Jeux Olympiques. Les russes voulaient tellement que leurs gymnastes qu’ils ont amenés des soldats à la barre spécifiquement pour perturber et distraire les concurrents des autres pays, et lorsque ce fut le tour de Nadia, ils criaient constamment « Tombe, Nadia, tombe! »

Mais le professionnalisme et le sang froid de Nadia persévéra, et non seulement elle n’est pas tombée – elle en est arrivé à gagner deux médailles lors de la compétition malgré ces chances irraisonnables- et pas sport.

Chahuteurs

Scores fixés

Le combat de Bela contre les scores de la compétition fut que tout le monde croyait que les Jeux Olympiques étaient en train de devenir un événement politiques, en opposition directe avec ce que cela devrait être. La neutralité des Jeux Olympiques sont vraiment le noyaux des valeurs et de la mission de l’événement international, et le sabotage politique fut une accusation très grave.

Le coach dit qu’il avait vu à de nombreuses reprises les juges russes fixant les scores et résultats pour leurs gymnastes – et ce genre d’accusations n’était pas pris à la légère par les russes… ou par le régime communiste roumain.

Scores fixés

Demander de l’argent à Nadia

En 1981, le gouvernement communiste en peine de Roumanie réalisa que Nadia pourrait leur faire gagner beaucoup d’argent. A cause de cela, ils organisèrent la tournée Nadia, « Nadia ’81 », où elle fit une tournée aux Etats-Unis comme une rock star. Nadia fut célèbre dans le monde et les gens faisaient la queue pour voir la super gymnaste. La tournée fut un succès et le gouvernement en gagna $250,000, mais Nadia elle-même ne reçut que $1,000 pour ses efforts. Tandis que $1,000 n’était pas une faible somme selon les normes roumaines à l’époque, cela sembla tout de même de l’exploitation.

Demander de l’argent à Nadia

La désertion de Bela Karolyi

Parce qu’il avait fait des vagues lors des Jeux Olympiques de Moscou de 1980, la vie de Bela était en danger. Le gouvernement roumain commença à envoyer des gens pour le suivre partout et contrôler tout ses mouvements. A cause de cela, lui ainsi que deux autres membres de la tournée « Nadia ’81 » décidèrent de déserter aux Etats-Unis plutôt que de retourner chez eux lorsque la tournée fut terminée.

Bela essaya de demander à Nadia si elle désirerait déserter avec eux aussi, mais Nadia n’était pas intéressée: elle voulait toujours rentrer à la maison en Roumanie.

La désertion de Bela Karolyi

Coincée

Tandis que Nadia décida de ne pas déserter, même lorsqu’elle en eut la chance, suite à la désertion de Bela, le gouvernement roumain arrêta de lui faire confiance. Il essayait d’empêcher que cela arrive aussi à Nadia, et donc, décida de la bannir de visiter des pays occidentaux. Il mit son téléphone sur écoute, lut son courrier, et chargea des agents gouvernementaux de la suivre partout. La pauvre fille était coincée dans son pays natal, et sa vie déjà difficile fut rendue encore plus dure avec l’implication croissante du gouvernement.

Coincée

Un plan de fuite

Alors que la vie de Nadia devint plus difficile, elle réalisa que, alors qu’elle ne voulait pas quitter la Roumanie à l’origine, c’était devenu dangereux pour elle de rester. Elle se mit en contact avec un homme nommé Constantin Panait – un roumain qui avait réussi à s’échapper de Roumanie, nageant dans le Danube et finit, d’une certaine façon, en Floride. Panait promit de faire passer Nadia hors de son pays et de l’amener en Amérique en toute sécurité. Nadia mit de l’ordre dans ses priorités et choisit de tenter sa chance avec Constantin.

Un plan de fuite

Ne rien dire à la famille

Nadia savait qu’elle ne pouvait rien dire à ses parents, puisqu’ils seraient contre sa désertion. Les seules personnes informées furent son frère cadet et sa femme. Ils l’encouragèrent à trouver une meilleure vie et à se battre pour elle-même, et Nadia se résolut à poursuivre le plan.

Elle prit contacte avec Constantin et les deux furent occuper à planifier et orchestrer sa fuite.

Tandis que Nadia avait des doutes avec Constantin, son frère fit des recherches et lui dit qu’il était sérieux.

Ne rien dire à la famille

Succès

Nadia atteint les frontières hongroises au beau milieu de l’hiver glacial européen. La police des frontières hongroises reconnut tout de suite la célèbre gymnaste, mais au lieu de l’arrêter, ils lui amenèrent une couverture et arrangèrent sa transportation jusqu’à l’ambassade autrichienne. A partir de là, il s’écoula peu de temps avant qu’elle ne se retrouve à Vienne. Là-bas, elle fut capable de retrouver Panait, et on leur donna une paire de billets d’avion pour New York City.

Succès

Controverse

Lorsqu’elle atterrit en Amérique, tout le monde n’était pas fou de joie de son arrivée. . Les jours où elle était la star gymnaste mignonne de 15 ans étaient bien loin. Maintenant, elle était une adulte à talon haut, avec des rumeurs et controverses derrière elle. Les gens supposaient qu’elle avait une relation amoureuse avec Constantin, qui était un homme marié, et la réponse de Nadia à cette question, à cause d’un manque de connaissance en anglais, fut un froid « et alors. »

Elle n’a pas reçu un accueil chaleureux – mais au moins elle n’était pas rejetée.

Controverse

Trahison

Nadia était reconnaissante de Constantin Panait et de son aide, mais elle n’avait aucune idée qu’il était en train de l’isoler des gens essayant de lui tendre la main. Beaucoup de ses amis roumains aux Etats-Unis étaient en train d’essayer de la contacter, dont Bela Karolyi, son ex-coach bien aimé, tout comme Bart Conner – le jeune gymnaste américain qu’elle avait rencontré il y a tant d’années.

Ils avaient entendu parler de son arrivé par la presse, mais lorsqu’ils ont essayé de contacter Panait pour essayer d’être en contact avec elle, il ne transmettait simplement pas leurs messages.

Trahison

Essayer d’entrer en Contact

Bart Connor fit quelques recherches et réalisa que Nadia n’était pas rentrée en contact avec quiconque aux Etats-Unis depuis son arrivée. Il trouva cela étrange, et lorsqu’il eut vent d’une interview qu’elle était censée donner à l’émission Pat Sajak show, il prit contact avec le producteur et s’envola à Los Angeles au dernier moment, prenant un hélicoptère directement studio, pour la rencontrer à l’antenne en tant qu’invité surprise, ayant peur de ne pas avoir l’occasion de lui parler en personne.

Essayer d’entrer en Contact

 

Pas celui qu’il semblait être

Panait était en fait en train de maintenir Nadia captive et de contrôler sa vie. Ils restaient dans des motels et des hôtels, avec Nadia réticente à commenter sur sa relation avec l’homme marié. Au début, il semblait se comporter comme un ami, mais il était en fait en train d’être une sangsue et de ruiner sa vie.

Nadia, de son côté, pensait que laisser Panait être « son manager, » comme il le disait, fut de bon prix pour compenser de son aide à lui faire quitter la Roumanie.

Pas celui qu’il semblait être

Liberté

Alexandru Stefu, un coach de gymnastique qui était un bon ami de Nadia décida de l’aider. Il attira Constantin et Nadia à un rendez-vous, et après suffisamment d’incitation et d’aide, Nadia finit par accuser Constantin de maltraitance. Panait réalisa rapidement qu’il était dans de beaux draps et donc vola sa voiture et son argent et s’échappa du pays. Elle était enfin libre.

Des années plus tard, Nadia dit qu’elle n’avait pas garder de mauvais sentiments envers l’homme, et qu’il l’avait aidé à s’échapper de Roumanie et à aller en Amérique, ce qui était vraiment très important.

Liberté

Paul Ziert la prend

Puisqu’elle n’avait plus d’argent, elle avait besoin d’un endroit pour dormir. Après la disparition d’Alexandru Steffi suite à un accident de plongée, elle devait trouver un moyen de gagner sa croûte. Heureusement, Paul Zierdt, le coach de gymnastiques de Bart Conner, offrit de l’accueillir. Elle devait résider à Norman, dans l’Oklahoma.

Nadia déménagea avec Zierdt et sa famille, et finit par l’engager en tant que manager personnel. C’est à ce moment-là que Bart et Nadia ont vraiment commencé à se rapprocher.

Paul Ziert la prend

Se reconnecter

Ziert donna le numéro de téléphone de Bart Conner à Nadia Bart, et les deux ont lentement commencé à parler de plus en plus au téléphone l’année suivante. En tant que culmination de leur amitié, il offrit Nadia de venir l’aider à ouvrir et à mener une école de gymnastiques. Nadia fut honorée par l’offre de son ami et accepta. La relation entre eux fleurit et grandit, et c’était comme si Nadia avait enfin trouvé sa place.

Se reconnecter

Un amour de nouveau ravivé

Bart et Nadia ont partagé un bisou sur la joue il y a de nombreuses années. Ils semblaient inséparables à chaque fois qu’ils se retrouvaient et après tout ce temps, ils ont commencé à sortir ensemble de façon sérieuse. Cela s’est culminé rn 1994, à Amsterdam, où Bart a enfin réussi à rassembler son courage de demander sa main à l’amour de sa vie.

Nadia, bien sûr, dit « oui. » Bart et elle se marièrent, et, après la chute de la dictature roumaine, ils décidèrent de le faire dans sa ville natale de Bucarest.

Un amour de nouveau ravivé

Tout était comme il faut

Puisque la Roumanie n’était plus communiste, les gens voulaient que Nadia revienne. Le nouveau gouvernement était libéral et il la voyait comme héro national. Il l’a même laissé utiliser la Maison du Parlement pour son mariage avec Bart. Les gens de tout le pays sont arrivés pour honorer la plus grande athlète roumaine, et 10,000 personnes ont participé au mariage – qui fut télévisé. Les gens ont pris congé de leur travail pour participer, et Nadia sentit que la Roumanie fut, de nouveau, vraiment son pays.

Tout était comme il faut

Se sentant désolée

Nadia se sentait mal de quitter la Roumanie. Lors de la diffusion télévisée en direct de son mariage, elle dit qu’elle avait toujours aimé le peuple roumain et que ses problèmes furent avec le gouvernement, pas eux. L’amour était mutuel, puisqu’ils n’ont jamais oublié ses exploits et patriotisme, et Nadia est toujours considérée, à ce jour, comme l’une des personnalités les plus aimées, honorées et respectées. Bien que la Roumanie n’ait pas de royauté, Nadia est aussi proche de la royauté roumaine que possible.

Se sentant désolée

L’académie

Aujourd’hui, Nadia et Bart ont fondé le Bart Conner Gymnastics Academy. Bien qu’il soit à Norman, en Oklahoma, des milliers de milliers d’élèves potentiels rejoignent chaque année, pour avoir une chance d’être entraîné par ces athlètes de classes mondiales. Lorsqu’ils ne mènent pas l’académie, Bart et Nadia font le tour du monde, donnant des discours, des conférences et des séminaires d’entraînement, et sont lourdement sponsorisés. Tout le monde dans le monde de la gymnastiques les veut pour soutenir leurs produits et pour les représenter commercialement.

L’académie

Meilleure amie pour la vie avec Katie Holmes

En 2015, Katie Holmes et Nadia ont été vues ensemble, en train de rire et de papoter comme si elles étaient amies de longue date. Elles ont développé un lien avec lorsque Katie décida de réaliser un court métrage sur le succès de Nadia lors des Jeux Olympiques de 1976. Cela semble peut-être étrange, mais les deux semblent être un couple parfait.

Katie Holmes est une grande admiratrice de Nadia, et a décidé de raconter l’histoire unique de sa vie de façon à ce que tout le monde puisse s’identifier et comprendre. Nadia ne fut que ravie d’aider.

Meilleure amie pour la vie avec Katie Holmes

Princesse éternelle

« Eternal Princess » – ce fut le titre du premier film de Katie Holmes. Cela n’a peut être pas été un énorme succès, mais ça a vraiment permis à Katie de mieux connaître la gymnaste. Nadia utilisa son expérience et sa persévérance à travers des expériences difficiles pour raconter au monde l’histoire de ne jamais lâcher. Beaucoup de gens pourraient utiliser cette histoire comme motivation, et la façon de raconter de Holmes est très motivante et inspirante. En plus de la relation professionnelle qu’elles ont toutes deux formée, elles sont devenues des amies très proches.

Princesse éternelle

Violence?

L’entraînement athlétique professionnel peut être très dur, surtout lorsqu’il commence à un âge précoce. Néanmoins, il y a une différence entre régime d’entraînement strict et abus.

En 1995, le monde fut secoué en plein cœur lorsqu’il reçut la nouvelle qu’une gymnaste roumaine de 11 ans fut battue à mort par son coach. Lorsque le coach fut suspicieusement arrêté après des mois, il dit que Nadia fut aussi battu par son coach, Bela. Bela comme Nadia nient ces mensonges.

Violence?

Pas de photos

Les journalistes occidentaux découvrirent que l’affaire entière était inquiétante, et ils décidèrent donc d’approfondir et découvrirent ce qui était vraiment arrivé. Il n’y avait pas de photos de la jeune fille, puisque le gouvernement les avait toutes confisquées. Une théorie propose que le gouvernement roumain voulait réclamer leur statu perdu dans le sport et pour amener une nouvelle Nadia Comaneci au monde pour conquérir le monde, et encouragea donc le coach à utiliser de la violence comme moyen de parvenir à la perfection.

Pas de photos

Point de vue de Bela sur les choses

Le coach légendaire di que des choses comme ça arrive tout le temps en Roumanie. Bien que le pays ne soit plus sous dictature, la police secrète est très puissance et peut vous faire disparaitre. Cela, en plus de la volonté immense à réussir dans les sports es la recette du désastre. Les enfants finissent par souffrir, et la Roumanie, en tant que pays, perd.

Ce ne sont que quelques-unes des raisons pour lesquelles Nadia et Bela ont choisi de déserter il y a tant d’années, et bien que la Roumanie ait changé depuis, c’est toujours difficile de revenir.

Point de vue de Bela sur les choses

Dylan

En 2006 Nadia et Bart ont souhaité la bienvenue au monde de Dylan. Nadia le considère comme le centre de sa vie. Le petit homme passe toujours du temps avec sa maman et son papa. Ils aiment tous montrer des photos de lui à tout le monde. Et bien que Dylan soit toujours jeune – tout le monde veut savoir s’il va, lui aussi, finir par avoir une carrière en tant qu’athlète.

Mais même s’il choisit un chemin de vie très différent de ses parents, il va toujours recevoir tout l’amour et le soutien qu’ils puissent lui offrir.

Dylan

Affaires

Aujourd’hui, Nadia et Bart ont étendu leurs plans d’affaire. En plus de leur école de gymnastique, ils vendent de la marchandise et du matériel de gymnastique. Leur compagnie fabrique et vent toutes les pièces de gymnastique possibles, de tapis et bande antidérapantes aux barres. Les produits ne sont pas peu chers, puisqu’ils sont considéré être de qualité premium dans le monde de la gymnastiques et sont très demandé par les professionnels.

Nadia et Bart ne sont apparemment pas seulement des athlètes incroyables, mais des hommes et femmes d’affaire incroyables également!

Affaires

Arnold est un grand fan

Katie Holmes n’est pas la seule amie hollywoodienne de Nadia.

En ce moment, Nadia et Bart résident à Los Angeles. Un jour, de nulle part, elle vit Arnold Schwarzenegger en train de s’entraîner dans son gymnase. Mais alors qu’elle savait, apparemment, quel acteur et ex-gouverneur d’état il était, c’est en fait Arnie qui l’a d’abord abordé et qui a dit qu’il était un grand fan. He lui a même demandé d’être son entraîneur personnel pendant une journée, et elle il partagé ses éloges sur les réseaux sociaux avec joie.

Arnold est un grand fan

Sa compagnie de production

Nadia décida qu’elle voulait aider les jeunes gymnastes à être vus autour du monde. Ainsi, elle démarra la compagnie Perfect 10 Productions. Avec elle, elle est en charge d’amener tous les évènements cruciaux de gymnastiques auprès du public. Elle travaille souvent avec ESPN, Fox et bien d’autres grands diffuseurs, pour s’assurer que les évènements de gymnastiques soient diffusés de façon professionnels, et que les gymnastes reçoivent leur temps sous les projecteurs pour briller et être vus, tout comme elle l’a été, il y a temps d’années.

Sa compagnie de production

10 millions sympathiques

Aujourd’hui, Nadia vaut environ $10 million dollars.

Non, elle n’a pas réussi à obtenir tout cet argent dans la nuit. Elle a travaillé durement avec Bart, son mari, à développer leur propre académie, matériel à vendre et compagnie de production. Le résultat de tout ce travail acharné, Nadia est capable de s’asseoir sur son succès et de vivre le reste de sa vie dans la paix et la prospérité. Après tout, considérant tout ce qu’elle a traversé, on pense définitivement qu’elle le mérite.

 $10 millions sympathiques

La mentalité

Lorsque les gens citent les exploits de Nadia, ils pensent tous que le talent en est la principale raison. A chaque fois, Nadia nie cette notion. Elle dit que c’est sa mentalité qui lui a permis d’atteindre le royaume de la célébrité dans la gymnastique. Elle détestait tant perdre to qu’elle décida que cela n’arrive jamais.

Et tandis qu’on peux comprendre et respecter le fait qu’elle n’aime pas perdre – malgré ce qu’elle dit, on pense que cela demande bien d’avoir au moins un peu de talent pour gagner une série de parfait 10 aux Jeux Olympiques!

La mentalité

Personne ne va jamais la battre

Bien qu’elle ait fait sensation avec son premier dix parfait, les gens s’attendent encore à ce que quelqu’un la batte. Cependant, à cause de certains changement de règle dans la notation des numéros des athlètes, cela semble impossible pour quiconque de recevoir un pure 10 aux Jeux olympiques aujourd’hui.

Donc est-ce que le score parfait historique de Nadia restera à jamais contesté? Possiblement!

Mas si l’histoire de Nadia prouve quelque chose, les records sont faits pour être brisés, et on ne peut qu’espérer que la personne qui battra son record sera de son école et de celle de Bart!

Personne ne va jamais la battre

De nouveaux éléments

Un élément est le nom d’un mouvement en gymnastiques. Nadia est réputée pour créer tant de nouveaux éléments dans le sport, tellement que les experts étudient encore des vidéos de ses numéros afin que certains jeunes participants capture un peu de sa gloire. Elle est simplement unique en son genre.

Sports s’est forgé avec le temps par ses participants, et les athlètes sont constamment en train d’essayer de pousser la barre et de briser des records précédents – mais l’influence de Nadia sur le domaine est vraiment unique en son genre.

De nouveaux éléments

C’est une façon de vivre

Beaucoup de personnes pensent que les athlètes ont hâte de laisser tomber leur carrière. Mais dans le cas de Nadia, ce n’est simplement pas vrai. Nadia ne participait pas dans le style de vie du sport afin qu’elle puisse s’en débarrasser – pour elle, ça a toujours été sa façon de vouloir vivre. De nos jours, elle n’a jamais mangé de nourriture industrielle et surveille son apport calorique religieusement. Sa santé est extrêmement importante pour elle. Lors d’une interview, elle a dit qu’elle n’avait pas mangé de frites pendant 25 ans!

C’est une façon de vivre

Toujours en forme

Même aujourd’hui, Nadia fait de l’exercice au moins une fois par jour. Elle dit que ça garde son esprit frais et que ça lui permet de se concentrer son les tâches à faire. Contrairement à avant, lorsqu’elle s’entraînait jusqu’à 8 heures par jour, elle préfère maintenant les exercices d’haute intensité qui durent 30 minutes. A l’âge de 56 ans, c’est plus impressionnant, et elle est encore en meilleure forme que beaucoup de personnes deux fois moins âgées qu’elle!

Peut-être que cette approche intense à l’entraînement est ce qui lui a permis de réussir dans le monde des affaires également.

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alata de Vinete

Doc que fait un professionnel du sport et de la santé qui se préoccupe vraiment de son corps et que mange-t-elle à la maison?

Le plat préféré de Nadia, appelé Salata de Vinete, est super sain et est originaire de son pays natal de Roumanie. C’est essentiellement une mixture d’aubergines et d’ornions rôtis et mis en purée accompagnés de différentes épices. Un plat classique balkanique, c’est bon pour la santé et ça offre un goût de la maison, et Nadia le prépare pour elle, son mari et son enfant de temps en temps.

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Utiliser sa voix pour la bonne cause

Lorsque les championnats du monde de gymnastique furent menés à Montréal en 2017, l’organisation demanda à Nadia d’être porte-parole de l’évènement. Le geste symbolique n’est rien d’étonnant, puisque la légendaire Nadia décrocha le seul 10 parfait en 1976 à Montréal. Nadia, bien sûr, accepta l’offre et fut ravie de revenir là où tout avait commencé. Qui aurait pensé que tant ce décennies plus tard, cette jeune gymnaste serait capable de revenir?

Utiliser sa voix pour la bonne cause

 

 

 

« Savoie eau libre » Alain Simac-Lejeune

 

Loisirs « Savoie eau libre » séduit déjà de nombreux adeptes Chambéry/Aix les Bains/Le Bourget du Lac

À peine créé, le club de natation en eau libre a déjà attiré une cinquantaine d’adhérents.
Par David MAGNAT
 
Alain Simac-Lejeune, directeur de l’école Ipac, est à l’origine de Savoie Eau Libre avec Vincent Leblond. Photo Le DL/D.M.

 

C’est la réponse à une demande. Savoie eau libre, qui veut promouvoir la nage en eau libre été comme hiver, a été créé en mai. En deux semaines, ce club a séduit une cinquantaine de membres, qui se sont vus proposer plusieurs sorties dans les lacs savoyards. Une aube prometteuse pour le Cogneraud Alain Simac-Lejeune et l’Aitonin Vincent Leblond.

Les deux sportifs et nageurs accomplis (sur longue distance et en eau froide) sont à l’origine de l’association, qui sera affiliée à la Fédération française de natation. « On a eu l’idée de faire la même chose dans notre département qu’ Annecy Eau Libre , qui marche bien. Le but est de ne pas nager tout seul mais de partager le plaisir de la nage en eau libre, sans forcément l’aspect compétition », précise Alain Simac-Lejeune.

« La pratique explose »

La natation en eau libre, discipline olympique depuis les Jeux de Pékin en 2008, se tient en milieu naturel. Elle a le vent en poupe, d’autant plus dans ‘’l’ère post-Covid’’. « Les compétitions se multiplient et la pratique explose. Les contraintes pour les accès aux piscines et le besoin du retour à la nature font envisager la natation différemment. L’eau libre permet de nager en mode randonnée, au milieu des montagnes et de découvrir le milieu naturel », souligne Alain Simac-Lejeune. Savoie eau libre propose des sorties sur le bassin Chambéry – Aix-les-Bains (lacs du Bourget, d’Aiguebelette…) sous la houlette de ce dernier, Vincent Leblond se chargeant du secteur Maurienne (plan d’eau de Villargondran). « On va caler des créneaux pour nos sorties, qui sont pour l’instant en petits groupes de 5-6 personnes, de tous les niveaux, entre 45 minutes et une heure. On est tous équipés de bouées, car on n’a pas toujours de bateau accompagnateur, on peut venir en maillot de bain ou en combinaison et on s’attend. On va proposer d’autres formats, en diurne ou en nocturne, des sorties de 10 km, découvrir des plans d’eau, et on espère convertir des adeptes pour l’eau froide. »

Une discipline qui, elle aussi, séduit de plus en plus.