Les 12 travaux d’Alexandre Bompard nouveau PDG de Carrefour .

Agé de 44 ans, Alexandre Bompard prendra officiellement ses fonctions à la tête de Carrefour le 18 juillet 2017. Il remplacera Georges Plassat, PDG depuis 2012, qui part en retraite. Dans son communiqué, le conseil d’administration de Carrefour annonce «avoir choisi à l’unanimité» cet énarque passé par l’Inspection des Finances.

 

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Les énormes chantiers d’Alexandre Bompard, le nouveau président de Carrefour

Philippe Bertrand Le 08/06/2017

De nombreux chantiers sont à mener chez Carrefour. – Thomas Samson/AFP

Le nouvel arrivant devra achever l’action de son prédécesseur. Mais aussi faire des choix lourds sur les plans symbolique et financier.

Le mandat de Georges Plassat court jusqu’à la mi-2018. Mais le PDG de Carrefour a laissé entendre qu’il quitterait son poste peu de temps après la nomination de son successeur. Il serait resté si une solution interne avait été choisie par les actionnaires. Ce qui ne sera pas le cas avec le choix d’Alexandre Bompard. L’ex-PDG de Fnac Darty ne devrait donc pas attendre longtemps avant de prendre la barre du paquebot Carrefour et de répondre aux nombreux défis posés à la distribution alimentaire : concurrence de l’e-commerce et d’Amazon, évolution des tendances de consommation en faveur de produits plus sains, moins industriels, plus locaux, développement du commerce de proximité au détriment des grands hypers, etc.

Autant de chantiers, dont beaucoup ont été engagés par Georges Plassat, qu’il faudra mener à bien tout en tenant les ventes au quotidien. Avant d’apporter sa touche stratégique personnelle. Quant à l’idée d’un rapprochement entre FNAC Darty et Carrefour, soulevé par une analyste d’Oddo, selon nos informations, elle n’est pas au programme.

1 – Terminer les travaux d’Hercule-Plassat

Georges Plassat a sauvé Carrefour du naufrage entrevu après la gestion de l’industriel Lars Olofsson. Il a commencé par désendetter le groupe et lui redonner une marge de manoeuvre financière en cédant plusieurs filiales étrangères. Il a ensuite rétabli l’image-prix de l’enseigne, qui était en France bousculée sur ce thème par Leclerc. Puis il a entamé l’indispensable rénovation du parc et racheté les galeries marchandes détenues par Klépierre. De nombreux autres dossiers restent à boucler, dont plusieurs de façon imminente.

Finaliser l’introduction en Bourse de Carrefour Brésil

Le document légal a été déposé devant les autorités boursières brésiliennes. Mais, pour lancer la cotation, il faut que les conditions de marché soient bonnes, ce qui n’est pas encore le cas dans un pays en crise morale, économique et politique. Le projet vise à offrir au public de 10 % à 15 % du capital pour une valorisation estimée entre 950 millions et 1,45 milliard d’euros. De quoi investir dans l’accélération du développement des « cash and carry » Atacadao, des magasins de proximité et la rénovation des hypermarchés locaux. De quoi aussi valoriser la participation d’Abilio Diniz, actionnaire à hauteur de 12 % de Carrefour Brésil et deuxième actionnaire du groupe lui-même.

Réaliser l’augmentation de capital de Carmila

Créée après le rachat des galeries marchandes à Klépierre, Carmila regroupe plus de 190 centres commerciaux attenants aux hypers Carrefour. L’augmentation de capital permettra aux institutionnels présents au tour de table (Colony Capital, AXA, Amundi ou Pimco, etc.) de valoriser leur participation. Et à Carmila de poursuivre son plan de rachat et de rénovation d’actifs.

Parachever la transformation du réseau de distribution Dia

Le rachat des ex-Ed à l’espagnol Dia, il y a trois ans, avait pour objectif « de faire gagner dix ans de développement à notre branche proximité », selon l’expression du directeur financier et directeur général délégué, Pierre-Jean Sivignon. Le problème est que la transformation des 600 points de vente en Carrefour City ou Market a obéré le résultat de Carrefour France. Le réseau devrait arrêter de perdre de l’argent au quatrième trimestre 2017.

Terminer la restructuration de la logistique et l’unification des informatiques

Comme tous les distributeurs français, Carrefour modernise son réseau d’entrepôts pour les robotiser et les adapter au multiformat et au multicanal. C’est le projet Caravelle prévu pour s’achever en 2018. Un chantier stratégique qui doit permettre de gagner des centaines de millions d’euros, prêts à être réinvestis dans les prix. La fusion des systèmes informatiques hérités de Carrefour et de Promodès, dix-huit ans après le rapprochement des deux groupes, serait sur le point d’aboutir. Indispensable pour développer l’e-commerce et gérer des données clients.

2 – Les dossiers à arbitrer et ceux à ouvrir

Le nouveau président de Carrefour doit incarner l’avenir du groupe que Georges Plassat a commencé à préparer. Il devra suivre, voire devancer la révolution du commerce en cours sous l’effet de la numérisation.

Répondre à la question chinoise

Plassat a tenu bon. Malgré plusieurs trimestres (d’années même) d’affilée de baisse des ventes à périmètre comparable, il n’a pas voulu fermer la filiale chinoise ou la vendre à un acteur local, comme l’anglais Tesco. Il a redessiné la stratégie, dotant les magasins d’une logistique propre afin de court-circuiter les grossistes. Mais les Chinois, dans les zones rurales, passent directement du commerce traditionnel au m-commerce. Internet prend de fortes parts de marché dans le secteur des produits de grande consommation. Faut-il alors rester en vain ou réduire un foyer de pertes qui mobilise toute l’énergie du talentueux Thierry Garnier. Les analystes penchent plutôt pour une sortie.

Régler le problème des hypermarchés

C’est le dossier le plus symbolique de Carrefour, inventeur des hypermarchés en France. Les grands formats perdent du chiffre d’affaires. Beaucoup sont déficitaires. Mais les hypers assurent encore de gros volumes de vente, et donc d’achat. Faut-il réduire leur taille et redonner des mètres carrés aux galeries attenantes, comme le fait Casino ? Ou les transformer en centres de vie et de loisirs ? Un choix délicat en termes d’image mais aussi financier.

Faire de Carrefour un vrai commerçant numérique

Multilocal et multicanal. Tel était le credo de Georges Plassat. Mais Carrefour ne réalise encore que 1 milliard d’euros de ventes sur le Web (sur 40 milliards de chiffre d’affaires total en France), malgré le rachat de Rue du Commerce et de… Croquetteland. Alexandre Bompard a fait de Fnac.com le troisième site marchand français, pas si loin derrière Amazon et Cdiscount. Il a été choisi pour sa maîtrise de la révolution numérique. A lui donc de passer la surmultipliée et de combiner commandes Internet, livraisons aux drives, à pied, à vélo, à domicile ou en Points Relais. Ou dans des casiers réfrigérés. Tout en donnant un vrai contenu à l’exploitation des millions de données clients. C’est « le » vrai chantier du nouveau président de Carrefour.

@Bertra1Philippe

 

Alexandre Bompard, né le 4 octobre 1972 à Saint-Étienne, est un haut-fonctionnaire et chef d’entreprise français. Il était président de la Fnac depuis 2011. Il devient PDG de Carrefour le 18 juin 2017.

Biographie

Alexandre Joubert-Bompard est né le 4 octobre 1972 à Saint-Étienne, mais grandit à Megève. Sa mère est commerçante et son père Alain Bompard, chef de l’antenne RPR de Haute-Savoie et maire adjoint de Megève en 1983, puis chef d’entreprise et président du club de football de Saint-Étienne de 1997 à 2003.

Il envisage son entrée à l’IEP durant sa scolarité au lycée d’Annecy.

Carrière

Fonction publique

Alexandre Bompard est ancien élève de l’ENA (promotion Cyrano-de-Bergerac, 1999). Son classement au 4e rang lui permet de choisir l’Inspection des Finances.

De 2001 à 2002, après avoir participé à l’écriture du rapport L’Entreprise et l’hexagone (Édition de Bercy-2001), il devient inspecteur des finances.

En 2003, après un an comme chargé de mission auprès du chef du service de l’Inspection générale des finances, il occupe le poste de conseiller technique auprès de François Fillon, alors ministre des Affaires sociales et du Travail.

Dirigeant d’entreprise

Canal+

Il entre en 2004 chez Canal+ comme directeur de cabinet du président Bertrand Meheut, et en devient directeur des sports en juin 2005 en remplacement de Michel Denisot

Il redresse la chaîne cryptée en arrêtant l’hémorragie des abonnés, obtenant les droits de la Ligue 1 de football, et négociant le rachat de TPS.

Europe 1

Il prend la tête d’Europe 1 en qualité de président-directeur général de la radio, et de sa filiale « sport », en remplacement de Jean-Pierre Elkabbach en juin 2008. Il remanie rapidement en profondeur la grille des programmes pour la rentrée 2008, avec le recrutement de plusieurs personnalités de la télévision (Michel Drucker, Marc-Olivier Fogiel, Marie Drucker, Alexandre Ruiz), mais aussi en évinçant d’autres présentateurs (Michel Cymes, Karen Cheryl…).

De nombreux changements sont également effectués au sein de la rédaction afin de privilégier l’émergence de nouveaux formats. Consécutivement à ces choix, l’audience de la station cesse de baisser pour revenir au-dessus de 9 % et dépasse les 10 % de janvier à mars 2010 .

Pour sa seconde saison à la tête d’Europe 1, il travaille à la réorientation du format « news and talk » vers une programmation généraliste, à travers l’arrivée de Nagui et le retour du Top 50, tout en réaffirmant sa stratégie à long-terme de diversifier les revenus de l’entreprise à travers le partage d’intérêts économiques avec l’industrie culturelle (coédition et coproduction, notamment).

Sous sa présidence, la station connait des recettes publicitaires croissantes, une position de leadership sur les podcasts, un club des auditeurs dynamique et un site internet à la fréquentation forte, et décroche deux records d’audience en 2010.

Au printemps 2010, son nom est régulièrement cité dans les médias comme possible successeur de Patrick de Carolis à la tête de France Télévisions. La présidence de l’audiovisuel public, dont le mode de désignation est alors largement débattu à la suite de la réforme initiée par Nicolas Sarkozy, revient finalement à Rémy Pflimlin, ancien directeur de France 3.

Fnac

Le 23 novembre 2010 est annoncé son départ de la présidence d’Europe 1 pour la présidence de la Fnac, filiale du groupe PPR (rebaptisé depuis Kering) spécialisée dans la distribution de biens culturels et technologiques. Il succède ainsi à Christophe Cuvillier au début de l’année 2011 et est remplacé par Denis Olivennes à la tête d’Europe 1.

Face à la concurrence du e-commerce et l’érosion du marché de la musique et de la vidéo, il présente en juillet 2011 un plan stratégique de transformation de l’enseigne baptisé « Fnac 2015 » et reposant sur quatre piliers : l’élargissement de l’offre, le renforcement de la relation client, le développement du parc de magasins dans les villes moyennes et la mise en place d’une intégration multicanale entre les enseignes physiques et le site fnac.com.

Pour renforcer la stratégie numérique de l’enseigne et contrer le Kindle d’Amazon, il annonce en octobre 2011 le lancement d’une liseuse en partenariat avec le constructeur canadien Kobo. Commercialisée pendant les fêtes de fin d’année, la liseuse atteint ses objectifs de vente en deux semaines, avec 30 000 exemplaires vendus. Depuis son lancement, le Kobo s’est vendu à plus de 180 000 exemplaires.

En juin 2013, il pilote l’introduction en bourse de la Fnac, dans un contexte difficile pour le secteur marqué notamment par la liquidation de l’enseigne Virgin Mégastore et la numérisation de l’économie. Le cours de référence, fixé à 22 euros par action, dévisse rapidement à la suite du désengagement attendu des actionnaires de la maison-mère Kering. L’action rebondit ensuite grâce à l’arrivée de nouveaux fonds d’investissement français et étrangers, intéressés notamment par la diversification du modèle économique de la Fnac  et le développement de nouvelles activités davantage rentables comme la distribution de produits d’électroménager haut de gamme .

Alexandre Bompard est responsable du développement de nombreuses innovations au sein de la FNAC : « location d’appareils high-tech, streaming avec Fnac Jukebox, développement d’un rayon papeterie et de partenariats dans la billetterie ».

Le 15 juillet 2015 le Canard enchaîné révèle qu’Alexandre Bompard toucherait en 2015 un complément de salaire de 11,6 millions d’euros, soit un quart du bénéfice net du groupe pour l’année 2014, en sus de sa rémunération annuelle (qui s’élève en 2014 à 1,8 millions d’euros). Cette rémunération est liée à un plan de performance voté 2 ans plus tôt par le conseil d’administration, qui faisait varier son montant en fonction de la cotation du groupe en bourse, qui a triplé depuis lors. Cette révélation provoque une polémique alors que des suppressions de postes sont prévues dans l’entreprise. En réponse aux critiques que la révélation de son bonus déclenche, Alexandre Bompard annonce vouloir réinvestir ce montant dans le groupe pour une durée de deux ans.

Rachat de Darty

Le 6 novembre 2015, après 4 mois de négociations, Alexandre Bompard annonce le mariage entre la Fnac et Darty, qui pèse alors 3 milliards de chiffres d’affaires de plus que la Fnac.

Ce rachat, déroulé dans la nuit du 25 avril (Capital, 12/2016), a nécessité de convaincre Vincent Bolloré à investir 159 millions d’euros, et des banques 950 millions d’euros. Le PDG de la FNAC et son équipe ont contacté individuellement les quarante plus gros actionnaires de Darty pour les convaincre avant le petit matin.

L’opération lui vaut les félicitations de plusieurs autres grands patrons français. Pour Antoine Gosset-Grainville, associé fondateur du cabinet BDGS, Alexandre Bompard prouve grâce à ce mariage qu’il est « potentiellement un des dix grands patrons français de demain ».

Rien n’est cependant encore acquis et pour verrouiller cette « promesse irrévocable » des fonds Knight Vinke et DNCA, Alexandre Bompard doit encore réussir à prendre le contrôle de plus de 50 % du capital de Darty dans le cadre d’une offre publique d’achat (OPA) en concurrence avec Conforama, intéressée par un mariage avec Darty depuis début 2016.

En avril 2016, Alexandre Bompard atteint la barre des 50 % d’actions en acquérant d’abord 18 % environ, puis les actions restantes les jours suivants.

En juillet 2016, l’Autorité de la concurrence française donne son accord pour ce rapprochement, moyennant la cession de six magasins. Au 28 juillet 2016, la Fnac est déjà assurée de détenir environ 92 % du groupe au minimum. Le nouveau PDG sera Alexandre Bompard, qui siège également au conseil d’administration du nouvel ensemble, dont le nom sera « Fnac Darty ». Le Groupe Fnac détient finalement au 1er août 2016 un total de 98,5 % du capital de Darty.

Autres activités

Il est Young Leader (2009) de la French-American Foundation. Il est membre permanent du jury du Prix des prix littéraires depuis 2011.

 

 

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Auteur : alarpad 2

N'ayez jamais peur de la vie, n'ayez jamais peur de l'aventure, faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée. Partez, allez conquérir d'autres espaces, d'autres espérances. Le reste vous sera donné de surcroît. Les secrets de la mer Rouge (1931) Henry de Monfreid

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