Le lent départ,

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En 1575, il est fait appel aux religieux pour s’occuper de la Frarie. En 1577, ceux-ci déménagent pour une demeure plus vaste, sur le site de l’ancienne chapelle.

En 1622, un édit de Louis XIV demande la création, dans chaque cité importante du royaume de France, d’un hôtel-Dieu et d’un hospice pour y recevoir et y enfermer les pauvres, les vieillards, les vagabonds et les orphelins.

Les religieuses seront là jusque dans les années 1970 !!!! et ne feront jamais 35 heures et jamais syndiquées .

Il m’en a fallu du temps pour sortir de cette fange, depuis que ma mémoire imprime mes souvenirs jusqu’à mes dix neufs ans révolu de trois mois .Que de chemins parcouru les plus divers, des jardins encore des jardins, des usines encore des usines, des travaux sans qualification de manœuvres en travaux de manœuvres ; rien ne change, si ce n’est la volonté inextinguible d’avancer, d’avancer encore, avancer toujours , vers je ne sais quel mieux être probable, possible, souhaité !!! Je ne cherchais rien d’autres que de fuir cette existence médiocre banale et sans intérêt . Ah ! peut-être sûrement l’envie de comprendre, qu’est-ce que nous faisons ici bas ….. bien vaste sujet, pour un garçon promis à bien peu de choses. Je ne pouvais puiser dans la bibliothèque qui n’existait pas, même la mémoire des vivants était incertaine, injuste, fausse. Comme vous le savez, ce qui est juste s’énonce clairement, les bredouillements laissent planer tant de doutes.

Je ne savais pas lire  :  j’avais bien appris quelques  récitations : La fontaine :Le corbeau et le renard, Alfred De Vigny :La mort du loup « Les nuages couraient sur la lune enflammée       Leur forme était semblable et semblable la danse       Et n’a pas desserré ses mâchoires de fer, malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles   »,. Emile Verhaeren :A la gloire du vent, Pierre Corneille :Le Cid « « Je suis jeune, il est vrai ; mais aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. » » Cela me convient, sauf que je n’étais pas une âme bien née !!!! A cette époque, les enfants n’étaient pas Roi comme aujourd’hui , ils n’avaient dans le monde ou je vivais jamais le droit de s’exprimer, jamais .Voilà qui est clair .A l’école nous devions selon le choix du maître venir sur l’estrade devant ces petits camarades, plus généralement les mains dans le dos réciter cette récitation comme son nom l’indique, sans fautes avec l’intonation autant que faire se peut ; drôle d’exercice pour des enfants qui n’avaient pas le droit de s’exprimer par ailleurs .Foin de psychanalyse Sigmund Freud et Lacan n’étaient pas sorti du cercle très fermé Parisien, et aujourd’hui si décrié par Michel Onfray  philosophe et fils d’ouvrier agricole

Alors vous l’avez compris, j’ai donc travaillé, travaillé encore et toujours dur, très dur. Cela avait un énorme avantage, je m’endormais d’un seul coup, sitôt déshabillé, sitôt alité ,je ronflais, me disais mon frère, nous dormions dans la même chambre 7 m2 deux lits de 90cm et une petite fenêtre pour mon seul bonheur sans volets !!!

Levé à 4h15 ,retour à 8 h pm à la maison ;13 heures de travail journalier plus le samedi 6h à 2h pm non stop le dimanche était consacré au jardin bêchage, sarclage, repiquage, arrosage ,traçage des allées au cordeau piochage des mauvaises herbes etc…..Michel mon frère cadet de deux ans, lui ne faisait rien !!! car il était l’unique garçon de ce couple qui l’adorait, il était très bavard, volubile, volontiers menteur, ce qui faisait dire au père : « Lui, il réussira sa vie, il ne se laisse pas faire  » J’étais au fond de moi secrètement très septique, l’on ne donne pas des leçons de morale à 12 ou 13 ans pensais-je    Le soir aucun repas ne m’attendait, ma mère travaillait et quand je rentrais, tout ce petit monde avait mangé sans laisser de restes. Alors invariablement je me faisais cuire trois œufs frais heureusement, ou je mangeais une boite de sardines ,ce qui faisait dire à ma mère que j’aimais les œufs et les sardines !!!! Nous avions des œufs car ma mère avait une centaine de poules !!! et les sardines , les maquereaux, et les boites de pâté de porc industriel ovale facile à tartiner étaient pas cher, et cela se conservait bien car nous n’avions alors pas de réfrigérateur !!! ces denrées étaient souvent emmené au casse-croute de 8h à l’usine. Tout mon argent gagné était englouti dans le porte feuille de ma mère qui me disait invariablement : marque bien ce que je te prends !!! sous entendu je te rembourserai !!!! à 92 ans aujourd’hui je ne lui réclamerai jamais rien.

Par contre , j’étais autorisé à aller jouer à la belotte le samedi soir chez nos voisins Dudoit, avec Ernest Platre et Félix Longin nos autres voisins  qui me marquaient tous de l’affection .Dès 10 ou 11 heures pm tout ce petit monde allait dormir ,eux fatigué par le gros rouge et moi exténué par le travail .Ma mère qui devait avoir peur qu’il m’arrive malheur, me dit un jour tu devrais sortir un peu, dimanche il y a un car qui emmène les gens du village voir passer le tour de France à Aix Les Bains, tu devrais y aller .C’est ainsi que j’ai découvert ce magnifique lac du Bourget et le passage du tour de France et sa caravane.

J’ai 17 ans ce 21 décembre 1962 à 12h 40’,je me fais arracher un bras dans mon métier à tisser, un an d’hôpital, de centre de réeducation, de consultations des plus grands professeurs :Le professeur Stagnara premier chirurgien à opérer la colonne vertébrale, le professeur Wertheimer entré dans un âge honorable spécialiste des greffes des nerfs, « je compte sur votre jeunesse, jeune homme » me dira-t-il entouré d’un aréopage de jeunes médecins . « Merci Monsieur le professeur » .

Je ne voulais plus me faire opérer encore avec des greffes des nerfs incertaines à cette époque .

Toutes ces nuits blanches passées assis sur mon lit d’hôpital, car je ne pouvais dormir à cause de la douleur et plâtré du cou jusqu’à la taille !!!

Alors je pouvais réfléchir calmement , si je puis dire, car l’hôpital René  Leriche de Roanne avait une seule salle en chirurgie grande pièce ou était logée plus de cent lits, je dis bien cent lits, jusqu’à cent vingt  je crois. J’en ai vu mourir des gens ,même mon plus proche voisin attaché des quatre membres, décédé en pleine crise de délirium trémens .

Du sang partout, tout le temps, les chirurgiens que faisaient les visites des Mandarins, comme l’a si bien écrit le professeur Alexandre Minkovski « le Mandarin aux pieds nus » pédiatre, dont ces deux parents psychiatres reconnus.

De cela, je me souviendrais aussi, mais surtout cela me permis de réfléchir à ma vie futur , que faire , quoi construire, pourquoi faire ???  autant de questions bien flous encore . Ce que j’étais sûr , il fallait que j’apprenne à lire le maximum et le plus possible,au plus tôt!!!

L’histoire retiendra que chez le libraire du village il n’y avait que des livres de poche !!! sans aucun conseil de personne, me voici encore embarqué dans des histoires horribles avec Emile Zola ,les Rougeon Macquard, La faute de l’abbé Mouret ,La bête humaine, Nana.

Décidément il est bien difficile de sortir de ce marigot humain  .

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Auteur : alarpad 2

N'ayez jamais peur de la vie, n'ayez jamais peur de l'aventure, faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée. Partez, allez conquérir d'autres espaces, d'autres espérances. Le reste vous sera donné de surcroît. Les secrets de la mer Rouge (1931) Henry de Monfreid

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