Mère,

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Arletty ( Léonie Bathiat ) actrice Française  1898 / 1992

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Norma Ruth née en 1922 actrice Américaine .

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Mère ,

 Oh ! l’amour d’une mère ! amour que nul n’oublie !
Pain merveilleux qu’un dieu partage et multiplie !
Table toujours servie au paternel foyer !
Chacun en a sa part et tous l’ont tout entier !

 Victor Hugo Juin 1830  .

 

 Bon anniversaire en ce 29 juillet 2015 pour tes 91 ans .

Marthe de Béthanie est une sainte et sœur de marie et de Lazare célébrée le 29 juillet par l’église catholique romaine

C’est un très beau prénom .

 

Bien sûr ,je regrette que tu n’aie pas étudiée Victor Hugo , c’est bien dommage de passer à coté d’un tel génie .

 

 Petite éphéméride de cette vie  que tu nous imposa .

 

 1948  :  J’ai trois ans ,nous habitons dans une grande maison en pierres  avec une grande cour ou l’on accède par une rampe en terre , de chaque coté un sapin montre sa robe verte foncé .Nous avons une seule voisine Madame Fons veuve retraitée ,très gentille qui habite un appartement ou l’on accède par un perron et quelques marches en pierres , elle est très gentille avec moi et parfois elle m’offre un bonbon ,je fais très attention à ne pas salir son linoléum comme l’on dit alors ;revêtement  plastic aujourd’hui .Nous élevons un porc appelé Sébastien ,il est rose avec une tache noire sur la tête …..

 1949 : J’ai 4 ans Nous avons déménagé et habitons dans une ferme appartenant à un riche industriel fabriquant de couvertures à Cours et en Algérie ,des centaines d’ouvriers dirigés par la Famille Poizat frères . Le père  est fermier il s’occupe de cette petite propriété agricole , 5 ou 6 vaches ,quelques porcs ,quelques hectares de terre cultivée ,la ferme est attenante  la maison bourgeoise ou habite une aïeule des propriétaires madame veuve Poizat ; elle prend des bains froid et demande au père Dulac de venir voir si dans les 30 minutes elle n’est pas ressortie de son bain .Il y a un tennis désaffecté et sans entretien ,nous n’avons pas le droit de jouer à l’intérieur ,nous ramassons parfois les balles usagées et égarées … Il y a un jardin ; et je mange des fraises bien que cela nous soit interdit ,j’adore les fraises .Je vais à l’écurie voir les vaches qui sont belles étrillée et bien soignées .Un jour le père Dulac tue un porc avec l’aide d’un boucher ,et la truie se détache en couinant je suis juché sur des meules de foin , j’ai eu bien peur . J’ai le souvenir que le vétérinaire avec sa blouse blanche comme sa voiture,vient souvent à la maison ,il est roux avec les cheveux frisés ,et tu as beaucoup d’attention pour lui …. Jean Lagoutte vient aussi très souvent à la maison , il a une moto rouge et noire marque  » Terrot  » de fabrication Lyonnaise  et il t’emmène parfois faire un tour de son bolide . ( sorte d’Harley Davidson d’aujourd’hui ) .

Tu m’as inscrit à l’école catholique du village , les sœurs sont charmantes avec moi , et j’en garderai un très bon souvenir longtemps . Puis je vais à l’école communale , car c’est gratuit ,Monsieur Monthellier instituteur fils d’un cabaretier du village , je ne l’aime pas il enferme les enfants dans le placard à balai quand ils l’ennuient !!!!  il vient chaque soir acheter son lait à la ferme de mes parents !!! et dit que je rêve !!! Albert n’est jamais là ;dit-il à ma mère !!!!     Un jour que je suivais le père Dulac dans les champs ,une guêpe est entrée dans mon oreille !!! j’ai hurlé un bruit assourdissant dans le pavillon de l’oreille ,Il fallut appeler le médecin pour noyer la guêpe et l’extraire , ouf je fut soulagé …..Un autre jour mon corps fut couvert d’immenses plaque rouge !!! le médecin de famille le Docteur Courbe ou Allemand  ,diagnostiqua un urticaire géant ….. ma mère interrogée constata que j’avais mangé trop de fraises et je fut appréhendé violemment car les fraises étaient la cause de cet urticaire géant avait dit le médecin ; bien plus tard j’appris que l’urticaire géant était la cause première de mon terrain allergique qui me fit tant souffrir plus tard .Les fraises n’y étaient pour rien !!! et le bon docteur  c’était bien trompé !!!! J’ai pu assister aux moissons dans cette ferme ; quelle organisation, les hommes s’affairent autour de la batteuse à vapeur avec des grande courroies qui entrainent les tamis qui vont faire jaillir le grain des épis qui seront soigneusement stockées dans les greniers en attendant d’aller au moulin pour faire la farine . !!!!

J’ai déjà une sœur Josette ,un frère Michel ,puis Suzanne ,et tu es enceinte d’Annick , il fait très chaud. En ce mois de d’aout  1951 , et nous voilà à nouveau sur les routes ; tu as décidée de changer encore !!

 1951 : J’ai 6 ans ,nous habitons au lieu dit :  » le Godinet « dans la maison du grand-père : Pierre Marie Auguste Joannes  Christophe qui est décédé en 1939 et dont tu as héritée pour moitié avec ton frère Charles ,et tu t’es empressée de revendre ta part à ton frère .Charles est jeune marié et son épouse s’appelle Roberte ils habitent la maison de famille ,il accepte de te loger le temps que tu voudras .dans cette partie de la maison ,il y a une grande cour fermée , un grand jardin ,des arbres fruitiers, des groseilliers , des noisetiers ,il est interdit aux enfants de cueillir les fruits , mais j’enfreins les règles car j’adore les fruits .L’école est à 3km soit 12km à pied par jour .Le père Dulac est veilleur de nuit de 10 heures PM à 6heures AM, il va en vélo pointer dans les usines pour voir si le feu ne se déclare pas inopinément car le coton est très inflammable et il n’y a pas d’autres moyens de contrôle que l’œil de l’homme .La journée il dort et aide à l’entretien d’une ferme travaillant dans les champs pour canaliser l’eau de ruissellement jusqu’aux mares qui servent de réservoir et permet  ainsi aux  animaux de boire. Ce domaine appartient à Monsieur Buffard boucher reconnu au village, en échange il reçoit des énormes morceaux de bœufs que tu cuisines en pot au feu ; je me régale c’est extrêmement rare la viande alors .

Tu es coléreuse un soir au coucher , tu a pris ta veste et tu as quittée le foyer ;en laissant tous ces enfants seuls avec le père  !!!! j’observe tout de la lucarne de ce qui nous sert de chambre à Michel et moi . !!!Tu va revenir , mais le temps me parut bien long à moi aussi !!!!       Tu m’as interdit de parler à Monsieur et madame Favre qui habite dans une aile de cette grande bâtisse  construite par mon grand-père ; madame Favre est une fille Christophe, la sœur de mon grand père , c’est aussi ta tante , elle a été opérée du pylore . Le chirurgien lui a mis un pylore en Or comme cela se pratiquait alors (canal du pylore  permet le passage de nourriture de l’estomac au duodénum.) .

C’est ici qu’un jour Suzanne pris des convulsions son visage déformée par la souffrance , sur le sol de la cuisine .Grand-mère Livet celle qui t’éleva ; viens souvent nous voir ,elle a élevée  dix enfants plus toi gratuitement ,tu ne l’aimes pas beaucoup non plus .Un jour, je me lève elle est là, après lui avoir dit bonjour, je quémande : Mémée tu as pris ma place au bout du banc lui dis-je ?  Ta place n’est pas ici me dit elle :Elle est comme pour tout le monde au cimetière sous une pierre tombale. Ma Tante Roberte a achetée du « corbeau rêve »  ces graines endorment les corbeaux et l’on peux les ramasser sous les noyers ; malheureusement c’est immangeable , trop dur , les corbeaux vivent jusqu’à 80 ans !!!! elle m’envoie aussi acheter des cigarettes ces fameuses gauloises car elle fumes beaucoup … Je vous vois vous disputer la nuit avec Charles ,assis chacun sur un coin de table sous le tilleul dans la cour parfois même les casseroles restent accrochées dans les branches de ce bel arbre d’ornement ; je suis à genou ou bord de cette fenêtre située sur le palier de l’escalier car nous dormons dans un local sans ouvertures et moi je veille  car j’étouffe !!!!  c’est la MGM ,Hollywood grandeur nature !!!! La grand-mère Livet est décédée ,nous n’avons pas de vêtement pour aller à l’enterrement mais je verrai passer sur le chemin le corbillard avec les chevaux , même leurs sabots sont peints en noir ,et la famille toute de  noire vêtue derrière ;tous tête baissées ;comme dans le film de Sergio Léone « Il était une fois en Amérique » il manque la musique d’Ennio Morricone !!!

 1953 : J’ai 8 ans  Tu en as « marre » de ton frère qui t’a pourtant hébergé, de ta tante Favre et son mari . Nous redéménageons .  Je m’inquiète de tous ces déménagements ………. Qui puis-je !!! je n’ai que 8 ans . Nous allons habiter à l’orée d’un bois, une ancienne ferme et nous sommes seuls dans ces grands bâtiments agricoles, il y a un grand jardin avec un cognassier, je mange des coings ,comme c’est amère mais avec du sucre en poudre c’est mangeable. Il y a une grande cuisine 30 m2 ,le sol est en ciment lisse , deux chambres au rez de chaussée , et une chambre à l’étage au niveau des greniers pour les garçons  , derrière la cuisine une pièce avec un évier qui sert de fourretout  ,il y fait très froid l’hiver !!!! Un jour d’été en lavant à grande eau le ciment de cette cuisine ,tu as découvert un serpent caché au fond du placard . nous allons ramasser des coquilles de pins dans les bois pour allumer le feu , ainsi que des champignons des girolles , il nous faut ramasser aussi des salades pour nourrir les lapins que nous avons . Les poules mangent du grain ,et les renards viennent les tuer pour les manger . Le père se lève à 6 heures pour aller tuer les taupes qui envahissent le jardin , ces rats vivent dans l’obscurité sous terre et creusent des galeries et de temps à autres, elle poussent la terre en petit monticule ça qui abime les plantations et les semis !!! aussi dès l’aube le père veille et dès qu’il voit la terre bouger donne un coup de pioche , dès que la taupe est à la lumière elle est aveuglée et il l’a tue promptement .sans état d’âmes . Moi je veille sur le rebord de ma fenêtre , je regarde , je ne dors pas, j’apprends ….Les soirées sont invariable , soupe de choux avec des pommes de terre  , pain de ménage trempé noirci ,et parfois un morceau de lard 10 à 12cm , et 4à 5 cm d’épaisseur pour 2 adultes et 5 enfants !!!! à manger avec de la moutarde seul entorse à nos estomacs d’enfants !!!! Notre maison appartient à Monsieur et Madame Bosland , qui habitent une petite ferme toute proche parfois je les aident à rentrer les vaches leur maigre troupeau ,un jour pour me remercier Madame Bosland, m’offrit une omelette brouillée , un délice ,des œufs frais avec des tomates , excellent , je m’en souviens encore .Je samedi je vais dans les bois avec le père amasser du bois mort pour l’hiver , je l’aide au jardin comme je peux avec mes petits bras bien frêles . Il m’a donné un carré de jardin 2mx2m , il y pousse une plante merveilleuse, personne ne connait cette plante , je demande à mon maître : C’est une camomille Romaine me dit-il .  ·  traditionnellement utilisé dans le traitement symptomatique de troubles digestifs (ballonnements) en tisane .L’hiver 1956 est très froid moins 40° celcius , et 40 cm de neige , les écoles sont fermées ,nous n’avons plus de bois, le père Dulac entre un pommier tout vert et recouvert de neige dans la cuisine et le coupe avec une scie manuelle , la sciure sent bon dans la pièce , et cela va nous réchauffer un peu , il n’y a qu’un seul poêle dans la cuisine les chambres ne sont pas chauffées , et l’hiver de formidables fougères de givre se forment sur les vitres , bigre qu’il fait froid ….

Souvent les samedi soirs , je le redoutent ,vous partez avec ma tante Roberte en vélo vous allez au bal des villages voisins, bal des pompiers , des chasseurs, du comité des fêtes  etc …. Vous avez bien garni le poêle avant de partir parfois le cornet est rouge ,tous les enfants dorment, moi je veille à la fenêtre , je ne dors pas , j’ai peur , si la maison prend feu , comment sortir avant d’être brûlé dans les flammes etc ….. je n’ai jamais été au cinéma , mais je m’inquiète très sérieusement …………Il me faudra attendre 2 ou 3 heures du matin toujours à ma fenêtre pour voir arriver nos joyeux lurons à pied souvent à coté  du vélo dans les collines ; là je peux me coucher et me reposer enfin ; je dors avec mon frère qui lui dors toujours d’un sommeil d’enfants profond   !!!!!! Le jeudi, je les passe chez mon grand-oncle Camille  Champalle ; c’est un enchantement, il est ouvert généreux, intelligent, et formidablement juste avec les autres .Cela débarrasse le « plancher » dit la mère. Un jour le tonnerre tombe sur une vache attelée, une seule morte sur les deux bêtes qui tiraient la charrette ; le tonnerre impressionne toujours . Vous tuez le « cochon » expression populaire avec l’aide d’un boucher monsieur Chassignol dit : zozo un bien drôle surnom, son fils sera militaire et pilote d’avion , vous faites des pâtés , des saucissons, des jambons, du boudin que vous faites cuire dans une chaudière dans la cour de cette maison .L’école est loin de la maison près de 4km x4km = 16 km à pied par jour d’école ., nous passons devant l’usine ou travaille le père Dulac Usine Millet and co .comme tisseur , et nous pouvons l’apercevoir par la fenêtre dont les vitres ne sont pas toutes opaques !!!!

 

1958 :  Seulement 5 années de repos dans la même demeure .Tu as décidée d’acheter une vieille maison appartenant à des cousines Christophe ,dont les hommes décédés étaient drapiers , c’est-à-dire qu’il parcourait les campagnes pour vendre des draps , de véritables commerçants respectés et aisés . Pour convaincre le père Dulac de ton projet , tu dis « Mimi » va travailler et il nous aidera à payer la maison.  J’ai  treize ans et je sais ce qu’il m’attend déjà ; car j’écoute  toutes les conversations des adultes  Adieu mes projets de dessinateur industriel !!!! que la vie est dure parfois !!!!! Cette nouvelle maison n’a pas d’eau , je creuse des puits ,deux précisément, le premier étant sec sans source .Je bêche jusqu’à trois mille mètres carrés de jardin qu’il faut défricher pour retrouver la terre arable .Tirer des allées au cordeau , planter des salades , des radis , des carottes, des choux, des haricots, des tomates ,des raves, des pommes de terre etc ….. que de litres d’arrosoirs il faut pour arroser tout cela  si l’on veut pouvoir récolter des légumes sous réserves qu’il n’y aie pas d’orages ou de grêle ou de sécheresse durant la saison . Les soirées bal populaire continuent ,le dimanche matin ,les princes charmants de la veille viennent boire le café ; le père Dulac boit jusqu’à la lie tes frasques  inassouvies !!!! Je me tais mais ne suis dupe de rien .Le 6 Aout 1959 j’entre à l’usine Plasse And Co comme tisseur, toi tu te fais embaucher comme « canneteuse », tu fabriques du fil, canette, la trame  pour fabriquer des wassingues, serpillières sur les métiers à tisser . Nous allons travailler ensemble avec nos vieux vélos ,neuf heures par jour .Tu ne parles que rarement, parfois tu restes plusieurs jours sans parler au père !!!! Je décide de changer d’usine, je travaille en équipe , puis chez un autre employeur des journées de treize heures durant, puis chez un autre employeur le samedi Fougerat And Co, je fais des balles de coton pour l’industrie textile. Puis le 21 décembre 1962, j’ai 17 ans l’accident, je me souviens que tu  viens à l’hôpital Louis Leriche à Roanne me faire signer une procuration pour percevoir à ma place mon salaire versé par la sécurité sociale soit 95 % de mon salaire travaillé !!!!!  car la majorité alors est de 21 ans !!!! et tu as besoin de mon salaire pour payer la maison que tu as achetée !!!

 J’ai encore tant de souvenirs que je pourrais évoquer ici ou là !!!! l’essentiel n’est-il pas dans le cœur .Je me souviens encore que tu disais : je ne pourrais avoir mon certificat d’études et je sortis premier d’une petite ville de 5500 habitants dans le Rhône ,

 Pour le reste; je n’étais plus sous ton toit .

La suite fut sans importance pour toi ;

Pour moi c’est ma vie qui s’engagea .

 Je t’embrasse

 Ton fils         le 29 juillet 2015

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Patchwork de la famille: ma grand-mère Champalle, au centre sur son vélo dans les années 1900,ma mère à l’entour et qui fait aussi le grand écart, mon grand-père Christophe,mon grand-oncle Camille Champalle, photo du bas mon oncle Charles,et sa femme Roberte, la famille Breton et son épouse Suzanne fille unique de Camille, Gaston Breton et son épouse Yvonne, mon parrain Albert Livet,ma soeur Josette et moi en communiant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Auteur : alarpad 2

N'ayez jamais peur de la vie, n'ayez jamais peur de l'aventure, faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée. Partez, allez conquérir d'autres espaces, d'autres espérances. Le reste vous sera donné de surcroît. Les secrets de la mer Rouge (1931) Henry de Monfreid

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