L’accoutumance,

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Zhao Wuchao  Artiste-peintre chinois né en 1944 .

 

En cette année 1952, nous voici arrivés  dans notre nouvelle maison. Immédiatement je sais que c’est la maison familiale celle de mon grand-père maternel : « Pierre Marie Auguste Joannès  Christophe »  pour avoir un si beau prénom, j’imagine qu’il faut au minimum être connu voir reconnu .

C’est une immense bâtisse sur deux niveaux en pierres de taille rose de granit de la carrière de la famille Lauriac à quelques pas d’ici quartier de l’isle dans ce village .Tous les encadrements des ouvertures sont en briques rouge et les linteaux cintrés lui donnent le plus bel effet .Elle est orientée est/ouest la meilleure orientation ,la partie jour au soleil de l’après midi .Le pignon nord est attenant un bâtiment qui était l’atelier et la forge de mon grand-père encore existante .Cette maison est couverte en tuiles de terre cuite dites mécaniques, qui remplaçaient les tuiles romaine creuses. L’ensemble de cette maison à été construite par mon grand- père avec l’aide de son père, mon arrière grand-père Christophe , les murs , la charpente, les menuiseries, les sols en parquets de chêne, les meubles !!! La cour est enserrée de murs en pierres sur un mètre de hauteur environ, quelques marches en pierres descendent au jardin potager .Dans la cour mon grand-père planta un tilleul qui à défaut de fournir ces fleurs pour faire d’excellentes tisanes ,est un arbre d’ornement majestueux offrant son ombre les jours chaud de l’été .

Cette grande maison comporte trois appartements , l’un pour le grand-père et deux appartements pour ces deux enfants  Charles et Marthe ; aujourd’hui mon oncle habite l’appartement de ces parents décédés, au sud celui de sa sœur ma mère ,et à l’arrière de la maison celui de la sœur de mon grand- père qui vit avec son mari Eugène Favre .

Je dois vous dire que ma mère sitôt obtenue sa majorité à 21 ans d’alors , s’empressa de vendre sa part de cette maison à son unique frère Charles de deux ans son ainé .

Très aimablement celui-ci accepta gracieusement de loger sa sœur et sa famille dans l’attente des jours meilleurs !!!

Nous voici donc entassés cinq enfants plus les parents dans trois pièces, une grande cuisine au rez de chaussée, et deux pièces à l’étage .La pièce que j’occupe à l’étage avec mon frère et une chambre sans fenêtre de quelques mètres carrés seulement.

Le père a pris un travail de veilleur de nuit, son employeur s’appelle Monsieur Vergiat , je crois qu’il a seulement trois ouvriers veilleurs de nuit .Son rôle consiste principalement à visiter les usines la nuit pour voir s’il n’y a pas de départ d’incendie ou d’autres anomalies.Dans ces usines de textiles les départ d’incendies sont très nombreux avec l’échauffement du coton synthétique confectionné avec l’effilochage des vieux vêtements appelée ici : « la bourre » .Voyez l’écologie ne date pas d’hier, sauf à qu’à cette époque c’est la nécessité d’après guerre qui s’imposait  !!!!et ainsi l’on réutilisait les vieux textiles .

Les incendies sont terribles et ravagent en quelques heures des hectares de bâtiments industriels, et mettant sans travail des centaines d’ouvriers  sans salaires , le chômage n’existe pas encore .J’ai vu de me yeux d’enfants des usines brûler sur plusieurs centaines de mètres carrés en quelques heures .Je me souviens le lendemain en allant à l’école toute cette famille de petits industriels ,la famille Berger au grand complet parents , grands-parents, enfants, pleurer devant les ruines des murs qui calcinaient encore ;ce qui faisait la veille encore la fierté familiale « les Etablissements Berger frères »malgré les pompes à eau manuelles des pompiers qui ne pouvait rien faire en face de ces catastrophes.

Dans ma tête d’enfant pendant longtemps j’ai cherché à comprendre ce que voulait bien dire « Etablissement » nom commun donné aux sociétés de l’époque , le Larousse nous apprendra que cela signifie l’action d’installer, de faire tenir dans un lieu de manière stable !!! avant tout incendie !!!!

 

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Auteur : alarpad 2

N'ayez jamais peur de la vie, n'ayez jamais peur de l'aventure, faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée. Partez, allez conquérir d'autres espaces, d'autres espérances. Le reste vous sera donné de surcroît. Les secrets de la mer Rouge (1931) Henry de Monfreid

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